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Écoute ça : PNL – Tchiki Tchiki

Retour sur un morceau marquant de PNL

5 janvier 2018, pour notre plus grand plaisir, le morceau Tchiki Tchiki du célèbre duo PNL est de retour sur les plateformes de streaming alors qu’il avait été supprimé le 23 juin 2016 suite à des soucis par rapport aux droits d’auteurs sur le sample tiré de la B.O du film dramatique anglo-japonais Furyo. Seulement trois jours après, le titre aux fortes sonorités nippones est de nouveau retiré des plateformes de streaming. Malheureusement pour les amateurs du Japon, depuis juin 2016, le clip a également été supprimé sur YouTube. Entre les sanctuaires d’Heian-jingu et de Fushimi Inari-taisha à Kyoto ou les rues illuminés de Shibuya à Tokyo, personnellement j’avais des étoiles pleins les yeux. Tchiki Tchiki c’est clairement l’un des sons que j’aurais dans les oreilles quand je me baladerai en plein Akihabara, cosplay de l’Akatsuki sur les épaules.

 

 

 

Toujours aussi abondant de fatalité, N.O.S entame le premier couplet : « J’sens l’odeur de mon âme qui brûle, y’a rien à faire c’est comme ça » ; allusion à l’enfer et ses péchés tout en comparant son âme qui se consume et la drogue qu’il consomme. « Ouais j’suis dans la vallée d’Hyrule » : référence au royaume du légendaire The Legend Of Zelda dans lequel le héros Link doit secourir la princesse Zelda, mais c’est en faite les plaines d’Hyrule dont parle N.O.S puisque l’unique vallée du jeu est celle de Gérudo. Il rappelle que c’est avec des « pierres sales » désignant l’argent illicite de la bicrave qu’il « construis la casa » pour sa famille. Personnifiant ensuite la vie, il s’excuse : « Pardon la vie » étant donné que « j’serai jamais qui j’voulais être […] tant qu’j’recompte les billets en mètre » ; il semble réaliser que maintenant qu’il n’est plus forcé de dealer, il est l’unique et seul responsable de ses pulsions qui le pousse aux péchés. « Coeur de billets, j’attends qu’on me greffe » : rappel de la cover de leur premier album QLF, N.O.S n’a d’affect qu’exclusivement pour l’argent et la mif. D’après lui « y’a assez de couilles pour leur faire la guerre » mais « pas assez de cœurs pour sauver la Terre », c’est-à-dire que la réalité de la vie ne se préoccupe pas d’aider l’humanité, elle les oblige à avoir une vision très viril du monde pour mieux s’en sortir, puis aucun de nous avons assez d’énergie vital donc de « coeurs » comme dans les jeux vidéos pour aider les autres à l’échelle planétaire. Nous pouvons nous en douter, lui et son frère peuvent maintenant vivre adéquatement grâce à leur musique : « Wesh mes cliquos je vends plus » et au plus grand regret d’autres dealers qui ont encore besoin de visser : « Le rain-té jalouse ma plume ». N.O.S boucle son complet avec un chiasme : « On s’est oubliés en bas, en haut j’me rappelle de toi » ; clin d’œil à ceux qu’ils l’ont supportés avant ses premiers succès quand il galérait et qu’il n’oublie pas malgré cette nouvelle vie.

 

Refrain simple et efficace : « Tchiki Tchiki » ; c’est une gimmick comme très souvent chez PNL. Pour certains elle traduit le bruit du katana qui découpe la concurrence du rap game, tandis que pour d’autres c’est le bruit d’une lame qui rentre dans un fourreau comme l’illustre les gestes d’Ademo dans le clip. On peut également entendre les termes « QLF nda » et « le benda » dans le refrain. Le premier bien connu de tous, Que La Famille et in da hood (ou harcore) qui signifie ici que l’entourage du groupe se trouve dans leur quartier, le deuxième fait simplement écho au bendo.

 

 

 

Deuxième couplet, Ademo et le célèbre « eh j’parle pas tching tchong tchang tching tchang ». On retrouve deux thèmes très récurrents avec PNL, le taga et le biff : « Bah ouais j’fume ma drogue, j’calcule pas mon phone, faut qu’j’recompte ma somme » ; petit jeux de mots entre « calcul » et « somme » qui montre qu’il ne fait plus attention à son téléphone alors que c’était ultra important quand il était dealer, maintenant il ne s’occupe que de compter son salaire. S’en suit deux références qui caractérise la vigilance et la vivacité d’Ademo : « Troisième œil comme Tenshinhan » personnage de Dragon Ball et « joue, j’suis vif comme Nakata » qui était un footballer japonais figurant sur la liste des 125 meilleurs joueurs de tout les temps. « À fond dans Paname, j’fonce j’ai la banane » : Il semble être content, un sentiment très rare dans ses lyrics habituellement. Nouvelle référence à Dragon Ball, au nom du monde de ce manga ainsi qu’à la mythique phrase de Tony Montana dans Scarface « Je veux le monde chico, et tout ce qu’il y a dedans, the world is yours : « J’sais que The World m’appartient hein » enfin « tant qu’on les sert bien hein » autrement dit il continuera à correctement servir ses clients donc à produire de la musique de qualité. « L’monde, moi ça m’convient » : semblable au refrain de Le Monde ou Rien, on voit clairement ici qu’Ademo ne se laisse plus le choix, il n’y a plus de « ou », pour bien finir son complet, c’est le Monde et rien d’autre.

Chahinaz@vrairapfrancais.fr

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