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Un oeil sur : SCH

Qui se cache derrière le très prometteur SCH ?

LA MUTATION DU SERPENT

Ne pas se fier à sa dégaine d’hybride toxicomane trafiquant de poudre, SCH n’a qu’un peu plus d’une vingtaine d’années. Et inversement, ce n’est pas parce qu’il fait de plus en plus de bruit depuis peu qu’il est né de la dernière pluie. Le scélérat gratte maintenant depuis presque 10 ans mais il sort aujourd’hui progressivement sa tête de l’eau, un temps cantonné au microcosme de la scène rap aubagnaise, dont il est originaire. A cette époque l’entourage de celui qui a pris le micro à ses débuts sous le nom de Schneider se nomme La Mouche, Nazel, Nevroz, ou Bifurtif et sa portée reste minime. 

« Faut qu’on quitte la France à l’aise, ai-je raison de gérer ça ?
J’ai des vampires en bas qui boiraient le sang d’Mère Theresa
J’suis un putain d’indélébile, ici y a qu’des Velledas
Ils ont senti mon bras jusqu’à mon épaule
Pourtant j’ai glissé que le doigt »*

Aujourd’hui le casting a pris une tout autre ampleur, il rôde aux côtés de Sadek, Kaaris et surtout Lacrim qui l’a propulsé sans crier garde sur sa mixtape R.I.P.R.O vol. 1, où SCH clôture seul le projet sur le track « Millions ». Mais comme rien n’arrive jamais par hasard, SCH a du prendre un virage  artistique vertigineux pour venir apporter son rap de bestiole jusque dans tes écouteurs, du centre ville d’Aubagne aux studios de Générations. Plus que cela, il s’est même réinventé, de son timbre de voix à l’imagerie qu’il expose et en passant, bien sûr, par la coupe de cheveux. Lorsqu’il fait ses gammes durant son adolescence, feu Schneider arbore alors un dégradé que n’aurait pas renié Remy Cabella, une mèche plaquée par 60cl de gel, et surtout il revendique âprement son univers underground. Noirceur, attitude de cramé revendiquée, il déblatère dans ses morceaux des lyrics secs et bitumeux, bien appuyés par sa voix grave et marquée par un défaut de prononciation. A cette époque il écume les freestyles, les collaborations avec les rappeurs des alentours, les street-albums, et alimente son skyblog et son Myspace, ses cartes de visite d’alors. L’horizon est encore sombre, et s’il charbonne certes sans relâche rare sont ceux qui auraient prédit que sa musique dépasserait un jour les frontières du berceau de Marcel Pagnol. Pourtant, il garde la gnaque, la faim du rap, et l’envie de continuer ce chemin entamé en 2006 et des poussières. Puis radicalement, furieux changement de cap : blaze tronqué, suppression de tout ce qui a été fait avant ou presque, changement de costume. SCH devient un personnage intense, excentrique, gesticulant et repoussant comme la peste.

« Grailler l’monde comme la Corée du Nord
J’ai la tête à John Wick, le Glock à Salvatore
J’ai foutu mon plus beau manteau
Ciré mes plus beaux souliers pour crosser l’taulier »

Il rejoint Braabus Music, collectif marseillais, réalise ses clips avec Equinox Films et c’est à cet alignement d’étoiles que Lacrim s’entremêle à l’intrigue. L’auteur de Corleone valide sa reprise d’’ « On fait pas ça », se montre dans la vidéo « Que le doigt », et logiquement l’invite sur un freestyle pour Booska-P. SCH y prendra le relais de Nessbeal pour une prestation marquante et une esquisse de l’univers qui est désormais le sien, entre lignes de coke, et « puto, puto ! ». Dorénavant, SCH a la sortie de sa mixtape « A7 » en ligne de mire, et sème son venin goutte par goutte pour maintenir en haleine ses auditeurs, mystifiés par ce personnage frénétique et clownesque, tout comme ses détracteurs, sceptiques devant cet énergumène comme en retrouve peu dans le paysage rap francophone. Au diable les accusations sur son passé, son personnage , ou encore la marée d’autotune dans laquelle il baigne allègrement, SCH se concentre sur sa musique, sa musique et encore sa musique, qu’il mâche comme ses mots et recrache dans nos oreilles avec malignité. MATHAFACK

*John Lennon / Que le doigt ** Aniki, mon frère feat Hooss

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tomlansard21@hotmail.fr

<p>Tom, jeune et bien élevé. Sudiste et sans accent, le journalisme comme choix de vie le zin. On aime une mesure bien tournée comme un juron bien senti. De l’autotune sur les tartines le matin, les premières romances avec la nocturne le vendredi soir, pas peur d’aller s’enfoncer dans les abysses des suggestions Youtube. Tout a plus ou moins commencé avec Rohff, mais comme souvent les histoires d’amour finissent mal, en général.</p>

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