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Un oeil sur : Infinit’

Jetons un oeil sur Infinit'

De longues plages de sable fin, une eau turquoise, des palmiers, un soleil qui vous caresse la peau et vous réchauffe ; on en a tous rêvé alors qu’une vague de grand froid venue de Sibérie s’abattait sur la France. Troquons le sable fin contre des galets, l’eau turquoise contre une mer azure et le tour est joué. On s’envole vers le sud-est français pour gagner quelques degrés tant espérés.

 

Longtemps, dans l’hexagone, Paris et Marseille étaient les seules étoiles d’un univers rapologique bien vide. Depuis quelques années, de nouvelles nébuleuses naissent. L’une d’entre elles se trouve sur la french riviera que Genono qualifiait comme « l’une des scènes rap les plus variées et prometteuses du pays… ».

 

Aujourd’hui jetons un œil sur l’un des plus gros rimeurs français, le zin INFINIT’ !

 

 

Sud-est et D’en bas fondation

Karim Braham aka Infinit’ est originaire d’Antibes (06) mais ses racines sont algériennes. Jeune, fan de Lunatic, Danny Dan ou de Dipset, il écrit son premier 16 à l’âge de 12 ans.

 

En 2006 il rejoint le label D’en bas fondation, un collectif qui regroupe les rappeurs les plus ambitieux du 06 et qui compte dans ses rangs Veust, Jason Voriz, Millionnaire ou encore la rappeuse Jehnia. Il sort un premier projet de manière confidentielle, HDS Vol.1, en novembre 2011.

 

Deux ans plus tard, Ma vie est un film permet à Infinit’ de faire ses armes, parfaire ses rimes et de se créer un nom dans ce rap jeu. Des artistes renommés tels qu’Alpha Wann (1995) et Aketo (SNIPER) participent à l’album, une première reconnaissance.

 

Les années charnières

En 2013 il se rapproche de l’écurie Néochrome. On le voit aux côtés de Seth Gueko qui qualifie Inf’ de « poulain ». Il est d’ailleurs présent au Planète rap du « professeur punchline » alors en pleine promotion de son album. Ce dernier le pousse à participer à l’édition 2013 du Rap Contenders espoir.

 

L’année suivante, le « jeune bœuf » est invité à droite, à gauche et multiplie les apparitions remarquées, notamment dans les projets des membres du collectif L’Entourage, alors sous le feu des projecteurs. Il feat avec deux d’entre eux : Alpha Wann (sur Parle-moi de benef’) et Deen Burbigo (sur L’oseille à la bouche).

 

C’est cette même année 2014 que beaucoup découvrent le Maralpin. En juillet il balance le premier son de l’EP Plusss en commun avec DJ Weedim. Le morceau qui s’appelle Christian E, en référence à l’ancien président de la région PACA, fait polémique ! Il parle en ces termes de « Chri Chri » :

« Rolex, quinze mille, pétasse moi c’est Christian

Costard, vingt mille, pétasse moi c’est Christian

Chauffeur, berline, pétasse moi c’est Christian

La crise ? Ahahah, pétasse moi c’est Christian »

L’actuel maire de Nice porte plainte pour « diffamation et atteinte à la dignité ». Une couverture médiatique bienvenue pour cet artiste encore trop méconnu. Comme pour enfoncer le clou, Infinit’ invite des gros noms du rap français, dont Alkpote et Nekfeu sur un remix du morceau, une petite pépite, et son plus gros succès à ce jour.

 

En 2015 Infinit’ continue à préparer la sortie de Plusss : il envoie En attendant Plusss, cinq titres prémices des évolutions artistiques du rappeur. Quand l’EP sort enfin, la polémique lui aura fait trop d’ombre et il passera un peu inaperçu.

 

École « Rimeurs à gages » : Don Dada Records

Dans la forme Inf’ est souvent qualifié de kickeur, de rimeur ou encore de lyriciste, un qualificatif un peu en opposition avec le rap actuel où gimmicks et attitudes dominent la scène. En fait Infinit’ c’est un peu « le rappeur préféré de ton rappeur préféré. » C’est alors tout naturellement, après avoir partagé plusieurs fois le micro, qu’il signe chez Don Dada Records, le label de l’un des autres gros rimeurs du rap francophone : Alpha Wann.

 

Cinéphile, ses projets sont teintés d’influences cinématographiques diverses et variées. « Arnaques, Crimes et Botanique », « Raging Bull », « Paid in full » ou encore « La Haine » s’affichent comme toile de fond d’une vie autant narrée que vécue, comme l’annonçait déjà le titre de son projet Ma vie est un film.

 

La Haine est d’ailleurs la colonne vertébrale du dernier projet d’Infinit’ : NSMLM pour Nique Sa Mère Le Maire. Vous aurez compris à qui il fait référence. Dans le fond l’univers d’Infinit’ c’est aussi le soleil, les meufs, l’alcool, la fête, l’argent. Un panorama de la vie idéale dans la capitale de la french riviera ?

 

Ces deux dernières années le niçois pose à deux reprises sur les projets de Sneazzy, Dieu benisse Supersound 1 et 3. Des morceaux où il perfectionne sa maitrise de l’autotune tout en gardant un style singulier. N’oubliez jamais que « Infinit’ et Sneazzy c’est pas le même genre de rebeu que Aziz de Loft Story 1. »

 

Il a récemment confirmé chez OKLM que son premier album était prêt, une sortie imminente est prévue.

Dans « Laisse-nous » Inf’ demandait si nous préfèrerions être les « king[s] of New York ou le [s] prince[s] de bel air. », une chose est sûre, lui peut prétendre au titre de comte de Nice.

bine.ismael@gmail.com

« C’est pas un retour à l’âge d’or, c’est maintenant que débute l’âge d’or. » En bref : De prénom Ismaël, de cœur stéphanois, de sang mi français, mi algérien, d’âge 26. J’aurais peur de ce nombre grandissant d’années si ça ne voulait pas aussi dire que j’écoute du rap depuis deux décennies entières. 20 ans de rap, parce qu’au milieu de mon enfance, entre Bob Marley, Jacques Brel, Aretha Franklin et Michael Jackson au foyer maternel, j’ai découvert NTM ; et depuis pas un jour ne passe sans qu’il ne soit « rythmé de rap music ». Eternel étudiant, historien de formation, j’ai passé deux ans à l’étranger pour mes études. Un master en poche pour assurer mes arrières, je me tourne désormais vers les écoles de journalisme, dont je prépare actuellement les concours.

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