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Sopico, l’interview découverte

Après la sortie de son projet Mojo, entretien avec le rappeur Parisien

Après avoir fait ses armes à travers plusieurs clips et collaborations, le parisien Sopico a sorti son premier projet Mojo, entièrement produit Sheldon, tous deux membres du Dojo Klan et de la 75ème session. Entretien avec le MC du 18ème arrondissement…

 

VRF : Bonjour Sopico, premièrement merci d’accepter cette interview, peux-tu te présenter en quelques mots pour nos lecteurs qui ne te connaitraient pas ?

Sopico : Je m’appelle Sopico, j’ai 23 ans. Je fais du rap et je viens de Paris. Sinon je bosse avec la 75e Session et je fais partie du Dojo Klan.

 

VRF : J’ai cherché pour ne pas te poser cette question pour rien, mais je n’ai pas trouvé la réponse, alors : pourquoi « Sopico »?

S : C’est un surnom qu’on m’a donné en fait. Mon prénom c’est Sofiane et quand j’étais petit tout le monde m’appelait « So », ils m’ont appelé Sopico parce que j’étais le plus petit, et que « pico » en italien ça veut justement dire « le plus petit ». Aujourd’hui je m’appelle comme ça et ça me rappelle qu’on est pas plus grand qu’un autre tu vois !

 

 

VRF : Tu es du 18ème arrondissement de Paris, est-ce que cela t’a influencé pour en venir au rap?

S : Bien sûr. J’habitais dans le 93 quand j’étais plus jeune, à Stains, puis j’ai déménagé à Porte de la Chapelle, tout au nord de Paris. Depuis que je suis jeune je suis entouré de l’univers dans lequel on s’imagine naître le rap. Mon quartier est ultra populaire, avec tous les aspects négatifs des quartiers similaires, mais tout ce qu’il y a de positif aussi. Dans le délire, y’a un énorme trafic de crack près de chez moi depuis 35 ans à peu près,  mais il y a aussi énormément de communautés différentes qui s’entremêlent avec leurs différents modes de vie, ça crée de la diversité. Donc ma vie dans mon quartier s’est consolidée autour des gars de mon secteur, en traînant avec les autres jeunes de mon âge et tout ce qui va avec, à travers tout ce qui définit le 18ème comme on l’imagine, avec sa diversité.

Pour en revenir aux influences rap, on se connaît tous un peu (les rappeurs du 18ème). Hugo TSR, par exemple, c’est mon voisin, et Georgio a déménagé mais il habitait à 50 mètres de chez moi. Puis y’a beaucoup de rappeurs qui viennent au quartier, il y a un gros background de rap avec notamment Doc Gynéco qui vivait dans ma rue, je croise aussi tout le temps MC Jean Gab1, tout ce délire rap est visible : t’as juste à te balader dans le quartier pour y voir des rappeurs. Aussi bien des mecs underground comme Hugo, qu’SCH ou Booba, on les a déjà croisés dans le quartier. C’est vraiment là qu’évolue le street-rap de Paris, entre la Goutte-d’Or, Stalingrad et Porte de la Chapelle. La partie Nord-Est de Paname est ultra prolifique en terme de rap, avec plusieurs influences en fonction des arrondissements, mais le nord du 17ème, 18ème, 19ème et 20ème ont de vraies empreintes tu vois? Se balader dans ces quartiers c’est voir les images qu’on retrouve dans les textes des rappeurs.

 « Hugo TSR, par exemple, c’est mon voisin, et Georgio a déménagé mais il habitait à 50 mètres de chez moi. »

 

VRF : Avant la sortie de ton projet « Mojo », tu as sorti le morceau « Heat » qui t’a en quelque sorte révélé auprès du public, t’attendais-tu à un tel engouement pour un morceau qui n’est au final pas dans le projet ?

S : A l’origine ce morceau devait faire parti de mon projet, mais c’est Loop Snatchers, un gars à moi qui fait du son et également du rap, qui a produit « Heat » et j’avais la volonté de préserver le fait de proposer un projet produit 100% par Sheldon. Mais je suis très content que le morceau ait tourné et de voir que les autres sons tournent aussi. Il a dépassé le demi-million de vues donc il a une portée que d’autres morceaux n’ont pas. En concert notamment, les deux morceaux qui sont les mieux reçus par le public sont « Heat » et « Ciel bleu », donc ça me rassure sur le fait qu’il ne soit pas sur la tape, même si de toute façon c’est comme s’il en faisait partie car c’est vraiment le morceau qui a accompagné la sortie du projet.

 

VRF : Je t’ai vu en concert à Marseille le 22 octobre avec le Dojo Klan, le show était vraiment conséquent mais ce qui m’a vraiment marqué c’est qu’on ressentait une vraie alchimie sur scène entre vous, comment arrivez-vous à travailler vu le nombre que vous êtes ?

S : (Rires) D’abord le Dojo Klan c’est un groupe qui a été formé autour du Dojo, c’est notre studio, celui de la 75e Session, qui est à Saint Denis. Mais c’est avant tout un groupe qui réunit 13 rappeurs qui viennent d’endroits et d’univers différents, on a été regroupés autour de ce studio et amenés à beaucoup se fréquenter, du coup on a développé une vraie énergie, une vraie émulation entre nous, que ce soit dans des groupes de 3 ou 4 mais aussi sur le groupe de 13. Donc on a décidé de se lancer dans l’aventure de manière sérieuse cette année avec le Dojo Klan. Maintenant c’est compliqué de faire une scène à 13, mais l’expérience nous a donné raison et nous donnera encore plus de raisons de le faire. Ca fait plaisir que le public ait accroché parce qu’un long concert c’est pas forcément facile à assumer pour les gens, on a d’ailleurs du réduire notre set qu’on avait fait à Nantes car il durait 3 heures, on avait 80 morceaux qui se suivaient. On a gardé ce que les rappeurs veulent le plus représenter, en groupe devant le public. C’est pas facile niveau organisation mais une fois le jour J, sur scène, on se donne à fond et on fait ce qu’on sait faire de mieux. A Marseille on était à fond, et je garde un très bon souvenir de ce concert.

 

VRF : Dans « Forteresse » le sample utilisé sur l’instru est d’Ennio Moriccione, un sample qui a déjà été repris dans le rap français, est-ce que c’était une volonté de ta part de poser sur ce sample ou c’est Sheldon qui te l’a proposé ?

S : Quand on a commencé à bosser sur le projet, j’étais quasiment systématiquement avec Sheldon, à la place du passager, avec lui aux commandes. C’est souvent lui qui me propose des choses car il a une manière très propre à lui de créer sa musique, en composant par étapes. Et je respecte ça de ouf parce que c’est ce qui fait qu’il est original dans l’environnement des beatmakers. C’est lui qui m’a proposé le sample de « Forteresse », et on a vraiment taffé les morceaux sur la durée, avec plusieurs versions des prods et des sons. Comme le projet a été fait sur une longue période j’ai eu la liberté de pouvoir être un peu plus souple sur mon travail, même si la plupart des pistes datent d’un an et demi, voir deux ans. Entre l’enregistrement et la sortie, en incluant tout le travail visuel, il s’est passé du temps pendant lequel je cherchais à me développer et à m’asseoir sur les modes de fonctionnement de la musique. On co-produit avec la 75e session, on s’investit de chaque côté à part égale et ça me parle de ouf car c’est des gens avec qui j’ai toujours souhaité travailler. Aujourd’hui on a fait Mojo ensemble et je suis très content du résultat.

 

VRF : Avec quels artistes comptes-tu collaborer prochainement ?

S : Y’a beaucoup d’artistes avec lesquels j’espère prochainement travailler, en dehors des connexions déjà faites et qui seront refaites avec mes gars du Dojo Klan. Par exemple j’ai récemment travaillé avec l’Ordre du Périph’ (ODP), on va envoyer quelque chose aux gens dans peu de temps. J’ai des sons à faire avec certains de mes gars de LTF, avec certains de mes gars du Panama Bende aussi. J’ai aussi envie de bosser avec Haristone, parce qu’humainement on s’entend super bien et en plus on a une vraie affinité musicale. En gros y’a pas mal de connexions qui vont se faire d’ici la fin de l’année, et encore plus à partir de l’année prochaine. J’suis pas du tout fermé au fait de faire des featurings, même à en faire pas mal tant qu’on fait des sons qui nous parlent vraiment et qu’on pousse le truc au bout. Par contre faire des featurings pour faire des featurings ça ne m’intéresse pas, j’aime vraiment quand on pousse les choses à fond en bossant sur des putains de clips et des grosses prods. Ah, et je fais de la prod aussi, j’suis ultra intéressé par ça, et dans un futur proche je compte vraiment me mettre au milieu de ça.

 

VRF : Après « Mojo » qui avait le format d’un album mais qui n’en était pas vraiment un comme tu l’as expliqué, quels sont tes futurs projets ?

S : Mes prochains projets seront autant payants que gratuits, car j’ai pas envie d’abandonner le format gratuit ne serait-ce que pour respecter les gens qui me suivent et qui me donnent de la force. Pour moi le payant et le gratuit ont autant d’importance, il y a un rapport d’énergie dans le gratuit qu’il n’y a pas dans le payant, mais payer un album est une forme de soutien qui peut aussi fournir une énergie pour permettre de reproduire ensuite des projets gratuits. Ce qui est sûr c’est que je vais pas m’arrêter demain d’être productif, d’ici à la fin de l’année 2017, j’aurai 3 projets qui seront sortis.

 

« Mes prochains projets seront autant payants que gratuits, car j’ai pas envie d’abandonner le format gratuit ne serait-ce que pour respecter les gens qui me suivent et qui me donnent de la force. »

 

 

sopico-mojo

 

Mojo est disponible en téléchargement gratuit sur http://www.75esession.com/ et en écoute sur toutes les plateformes de streaming.

 

EN CONCERT : FOCUS #2 – Vendredi 9 décembre à la Flèche d’Or

Biletterie : http://bit.ly/SoireeFOCUS2

 

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