Originaire de Paris, sean est au cœur de la nouvelle génération du rap français. Ayant débuté à l’âge de 13 ans, c’est bel et bien la passion qui lie ce dernier à son art. Après une période creuse de quelques années, il a pris le pari de se lancer pleinement dans le rap. Aujourd’hui signé chez Nice Prod et distribué par Bendo Music, il a déjà livré l’EP « Mercutio » en 2019 qui avait été très bien reçu par le public.

Aujourd’hui la première partie de sa nouvelle mixtape « À moitié loup » est disponible partout et nous nous sommes entretenus avec lui pour en savoir plus sur ce projet et l’univers global du rappeur.

Interview réalisée et rédigée par Maÿlis Yamba  
Crédit photos : Maxence & Jonas

Le projet « À moitié loup », est un projet qui semble moins mélancolique que le précédent « Mercutio ». Ça vient de ton état d’esprit qui est peut-être plus positif qu’auparavant ?

On part sur quelque chose de différent sur ce nouveau projet. On aborde des thèmes différents d’où la différence de sonorités. En tout cas actuellement je suis bien dans mes baskets.

Les prods se répondent très bien entre elles sur ce nouveau projet. Il y a une harmonie qui rend le projet agréable à écouter. Tu peux expliquer un peu le processus qui mène à ce résultat ?

Le tout c’est de ne pas se limiter au niveau des influences et des registres pour les prods. On peut être inspiré par de la salsa, comme du jazz par exemple. L’harmonie elle tient surtout à la cohérence du traitement de voix qu’on travaille avec mon ingé son.

« À moitié loup », c’est la rencontre l’homme et l’animal.

Sean est donc un artiste ambivalent, qui oscille entre différents styles d’une main de maître. Cette ambivalence on la retrouve dans les différents artistes qui l’ont accompagné dans sa jeunesse et qui l’influencent : Sexion d’assaut, Jorrdee, jusqu’à Joy Division. On retrouve de nombreux beatmakers sur « À moitié loup » ; Johnny Ola, Yann Dakta & Rednose, Ayrton, Savero, Roodie. Tous viennent sublimer ce projet très prometteur.

La deuxième partie du projet sera disponible le 24 avril. À quoi peut-on s’attendre sur cette deuxième partie ? On va t’avoir sur un registre plus différent et donc plus animal ? D’où la volonté de scinder le projet toujours dans une idée de dualité ?

La deuxième partie du projet s’intercale avec la première partie. Les sons se répondront entre eux. Il y a l’humain qui représente le bon et l’animal représente le mal, vraiment équilibré. Il faut avoir une partie des deux. Comme il ne faut pas être trop gentil mais trop méchant non plus.

Sur le projet il y a un feat. Avec Azuul Smith sur le morceau « Hiver ».  Comment s’est fait la connexion ?

On avait une personne en commun, alors la connexion s’est faite assez facilement. On est très vite allés au studio ensemble. On a enregistré plein de sons. On a d’ailleurs clipé le morceau qui est sur le projet, ça arrive vite.

Avec le titre de ta mixtape « À moitié loup », tu parles d’une rencontre entre l’homme et l’animal. Est-ce que ça résume un peu ta personnalité et ta façon d’être, assez ambivalent ?

C’est l’idée d’une dualité, oui. Il faut faire la différence entre la personne qui agit et la voix qui parle. Est-ce que tu saurais recréer la voix dans ta tête ? Est-ce que c’est la même que la tienne ? Il faut faire la différence entre la personne qui agit et la personne qui dit, qui est un autre toi.

Parle-nous un peu de la cover du projet.

La cover a été réalisé par Maxence & Jonas. Sur la cover on me voit au milieu des loups mais à l’inverse d’eux. Je suis à contre-courant. L’idée d’être à contre-courant, ça représente comment je me sens par rapport à la société, et par rapport au rap également.

Pour ce projet tu as proposé le visuel « prix à payer » et c’est toi qui es à la réal ! Est-ce que tu peux nous parler un peu tes influences qui t’ont inspiré pour cette DA ?

Le tournage a eu lieu en Tunisie. Mon équipe Rico & Jean ont eu l’idée était d’un décor post apocalyptique. Ça correspond à ce qu’on vit actuellement, et il fallait que le décor reste assez plausible. C’est un visuel fort en esthétisme et en FX (ndla : effets spéciaux). C’est Etienne Guedon qui est derrière ça et il est très bon.

Le clip de « à moitié loup » quant à lui a été réalisé par Lokmane. C’est encore un visuel très réussi. Peux-tu nous expliquer quel sens veut donner cette intrigante réalisation ?

Le clip est en trois parties : La canonisation où voit la star vénérée, la convoitise donc la jalousie. L’entourage se transforme en chymères et ça peut renvoyer à ceux qui plagient, par exemple. La troisième partie c’est la diabolisation, le personnage est diabolisé par tout le monde et finalement les gens ont peur. Chaque image du clip peut renvoyer à plein de scénarios possibles ! Ce visuel est une satire de la société qui fantasme le succès. L’idée de Lokmane était de donner un aspect moins antipathique au personnage de Sean.

La notion de meute revient souvent dans ta communication, c’est important pour toi d’être bien entouré ? C’est ce qui fait ta force ?

L’entourage, c’est très important. Ça peut tout changer dans une carrière. Personnellement je distingue l’entourage professionnel et l’entourage personnel donc mes amis et ma famille. C’est important d’avoir un avis extérieur sur ce que je fais, de la part de mon entourage personnel et sentir qu’on me soutient. Mon entourage professionel, il se forme petit à petit avec des gens qui comprennent où je veux aller.

Au-delà de ton entourage proche, tu vises les gens qui te suive en parlant de « meute ». Tu as la volonté de créer une sorte de proximité avec eux ? Aujourd’hui avec les réseaux sociaux on se sent proche des gens qu’on suit, ce n’est pas quelque chose qui t’effraye ?

C’est important d’avoir une fanbase solide. Pour ma part je dissocie ma vie privée et mon travail donc la musique. Sur mes réseaux je communique essentiellement sur ma musique du coup c’est ce qui m’intéresse de leur montrer.

Aujourd’hui le rap a pris une ampleur considérable. On est face à l’émergence constante de nouveaux artistes. Quelle est ta stratégie pour réussir à t’élever au-dessus de la mêlée ?

Je trouve que le fait qu’il y ait plein d’artistes c’est bien. Ce qui est dommage c’est le mode de consommation. La musique se consomme trop rapidement, on prend moins le temps d’apprécier les projets. Pour ma part je pense qu’il faut s’adapter mais je n’ai pas de stratégie particulière. Je prends mon temps et j’essaye d’être au fur et à mesure de moins en moins dans une niche pour toucher un plus large public.

Et on est bien convaincue que Sean parviendra à faire la différence dans le paysage du rap français. La deuxième partie de « À moitié loup » sera donc disponible le 24 avril prochain et elle viendra compléter une première partie déjà audacieuse et maîtrisée.  

Restez chez vous & streamez « À moitié loup ».