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Pourquoi Kekra peut-être la prochaine tête d’affiche du rap français

Qui se cache derrière ce masque ?

Le 92 ? Vous voyez où c’est ? Courbevoie ? Vous voyez aussi ? Parfait ! Vous suivez un peu les différents « buzz » de ces derniers mois ? Alors vous devez sûrement connaître le personnage en question. Oui oui, personnage. Kekra s’est lancé dans le vaste monde du rap français depuis peu. Un flow agréablement entêtant, finement accompagné d’une subtile insolence qui lui est chère. Certain d’entre vous ont peut-être fait connaissance avec cet artiste grâce à ses excellentes mixtapes : Freebase et Freebase 2. Il faut avouer que Kekra est un artiste difficile à cerner, que ce soit dans ses diverses stratégies de communications, ou bien dans le style de rap qu’il prône dans ses morceaux. Mais… C’est ça qui rend la chose intéressante. Les derniers qui portaient énormément d’interrogations se nommaient PNL ou encore SCH entre autre, ceux-ci partagent désormais une place très importante dans les playlists de leurs auditeurs, mais encore dans les médias « rap ». Kekra peut-il devenir une « tête d’affiche » dans ce rap français ?  Je peux vous dire que oui, avec des preuves à l’appui. Commençons.

Un visage inconnu qui intrigue les plus curieux

Alors voilà, comme Sefyu, Lefa, Fuzati ou encore Siboy, Kekra a fait le choix de ne pas montrer son visage, et de le cacher avec tout ce qu’il trouve sous la main. D’un masque d’aviation, d’une cagoule, ou à un masque chirurgical, il n’y a qu’un pas. Vous pouvez toujours chercher une interview « vidéo » de l’artiste, vous n’en trouverez pas. Une stratégie marketing ou tout simplement un choix personnel qui peut se révéler être payante, puisqu’elle peut jouer sur les pensées de l’auditeur. Désormais, un morceau ne s’écoute plus, il se regarde, cela attire naturellement des questionnements lorsque l’on observe les supports audiovisuels de ses extraits. L’imagination de l’humain se développe de manière inconsciente, et pose des conclusions par rapport aux raisons de cette face, continuellement dissimulée. Un choix qui fidélise et qui attire indirectement, de manière inconsciente la très grande majorité de ses auditeurs.

Un rappeur qui allie la polyvalence avec l’efficacité

Très complet. Ce sont les premiers mots qui me viennent quand on me demande mon avis sur Kekra. J’ai pu écouter l’ensemble des morceaux extraits de ses diverses mixtapes, et on y retrouve de tout. D’un flow plutôt lent voire chanté comme dans le morceau « C kom ca », à une trap sévère en passant par certain style qu’il est quasiment impossible à définir. Tout y passe, toujours de manière maîtrisée bien entendu. C’est surtout ça le principal, on dit généralement que la « quantité » n’est pas le synonyme de « qualité », avec Kekra, l’hésitation peut s’imposer assez facilement, pour le plus grand plaisir de notre ouïe. En passant d’un morceau comme « Raito Yagami » à « That’s not me » puis à « Fais moi voir », on comprend alors que l’univers musical est très large pour l’habitant des Hauts-de-Seine. Un univers musical large, certes, mais toujours finement maîtrisé, ce qui n’est quand même pas donné à tout le monde.

Des thèmes abordés qui attirent ses auditeurs

Depuis maintenant quelques années, des thèmes récurrents apparaissent dans les textes des raps français. Péripatéticienne, argent, drogue (plus ou moins dure) sont très souvent au centre des sujets. Kekra reprendra ses thèmes en les adaptant à sa sauce. La situation et le comportement du monde qui l’entoure est également passé au crible. Par exemple, dans « Jeunesse déglingué », l’artiste présente une nouvelle génération égoïste et très égocentrique, qui se drogue de plus en plus tôt, et qui serait de plus en plus dévergondée. Une diversification assez large des thèmes présents dans les différents égotrip de l’artiste prouvent également qu’un rien l’inspire. Nous pouvons passer d’une référence à un manga à une mise en avant flagrante d’une célèbre marque de chaussure de luxe, tout ça en l’espace d’une rime. D’un texte à thème à un texte sans thème, il n’y a qu’un pas chez Kekra, mais tout ses écrits restent bien évidemment maîtrisés, de A à Z.

Une street cred’ totalement assumée et mise en avant

« Issue des quartiers douteux ou c’est pas joli, Diego Armando ma té-ci c’est Napoli » disait-il dans le morceau « Pas Joli »Certains rappeurs prônent la rue, aiment la rue, vivent la rue, sans réellement lui rendre hommage, ou au contraire, parlent de la rue, sans vraiment la connaître. Dommage, puisque ça trahit un peu les sources de ses artistes. Kekra, lui, pue la rue. Il ne va pas hésiter à tourner ses clips au quartier, avec ses proches, au milieu des tours. Dans ses textes, sa ville, Courbevoie, revient de temps à autres. Son vécu de dealer est aussi totalement assumé, cela va jusqu’à la pochette de sa première mixtape intitulé Freebase, qui montrait une balance « gramme », un sachet d’herbe et un téléphone à clapet, bien évidement intraçable, cela va de soit. Cette certaine « street cred' » attire les auditeurs et les « charme » de manière naturelle, sans forcer.

La recette est plutôt bonne pour se lancer dans le monde du rap. Un certain charisme est constamment présent autours de Kekra. Ses fans répondent présents à chaque sortie de clip ou de projet. Son premier album nommé Vréel, sortira le 27 mai prochain, quelques mois après la sortie de deux mixtapes ayant eu un assez bon succès artistique, et avoir conquis ses auditeurs. Deux morceaux issus du projet ont déjà été dévoilés, il s’agit des extraits suivants : « Pas payé » et « Pas joli« . Le mieux reste à venir pour l’artiste, déjà « validé » par plusieurs grandes images du rap français actuel. Cela suffit-il pour devenir une tête d’affiche dans un cercle assez spécial qui accueille de plus en plus d’artistes. Sûrement. On en reparle dans quelques semaines.

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