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LIVE-REPORT : Marsatac 2016

Pour la 18ème édition du festival Marsatac, le rap français était bien représenté à Marseille.

Pour la dix-huitième édition du Festival Marsatac de Marseille, la première soirée était marquée par un fort accent Hip-Hop. D’abord créé avec une forte identité de ce domaine, le festival Marseillais s’est ensuite développé avec une forte identité électro. Pas de Psy4 de la Rime ni de Fonky Family comme lors de la première édition, mais un plateau rap de qualité était présent ce vendredi 23 septembre.

A mon arrivée sur les lieux, je n’ai pas été déçu, la Friche Belle-de-Mai correspond parfaitement à l’esprit du festival. Ancienne manufacture de tabac transformé en gigantesque espace culturel qui en fait l’un des espaces privilégiés de la jeunesse marseillaise. 3 salles de concert, une place pour un DJ, de quoi s’abreuver et se nourrir convenablement, tout a été mis en place pour passer une bonne soirée.

Odezenne ouvre le bal pour la scène rap français dans la Cartonnerie, plus grande salle du lieu. La musique du groupe bordelais est puissante, je découvre une vraie atmosphère au cours de leur concert alors que je n’étais pas forcément très réceptif à leur album. Après m’être un peu ambiancé sur du PNL et Booba qu’un DJ avait balancé dans un espace dédié, je me dirige vers le Club, plus petite salle de l’espace pour écouter le groupe parisien Panama Bende.

Une salle plus petite mais comble, le public est réceptif dès les premières notes du banger Avé. Les morceaux s’enchaînent, avec à la fois des morceaux de groupe mais également des solos, assurés avec plus ou moins d’aisance selon les rappeurs. Ormaz, Lesram, Asf ou Zeurti sont plein d’aisance sur leur moment de gloire. Un peu plus de difficultés pour Aladin 135 qui appose simplement sa voix sur ces morceaux entiers. Le rendu est propre mais un problème vocal se ressent lorsqu’il n’y a que de l’instru sur la bande son… Invité des sept rappeurs, le suisse Di-Meh retourne la fosse avec Rothschild, un banger que j’avais vraiment envie de voir sur scène. Après quelques dabs démoniaques du suisse, Bende Mafia et Fumée Verte reçoivent un accueil excellent de la part du public, énergique à l’image des MCs. Le concert approche de la fin et Aladin joue son prochain morceau nommé Bonnie & Clyde. Un morceau calme, ça ne peut pas finir comme ça… Avé est rejoué avec une rage inouïe. 6 minutes de pogo continu dans la fosse, un vrai délire. Jouer le même morceau en début et en fin de concert, c’est pas forcément le top, mais l’impact qu’il a eu en fin de set était impressionnant. Pourquoi pas commencer avec un autre morceau ? Leur répertoire de tracks plein de turn-up est tout de même suffisant pour éviter de jouer deux fois un morceau aussi long.

 

Etant également fan de rap US, je me devais d’aller faire un tour à la Cartonnerie voir jouer Ghostface Killah et Raekwon. L’acoustique assez mauvaise ressentie pour Odezenne est encore pire pour le set des américains, déception immense… Quasiment impossible de reconnaître les instrus si célèbres des rappeurs, presque obligé de passer mon chemin pour le bien de mes oreilles, au tour de Jazzy Bazz au Cabaret !

Première impression : l’acoustique est bien meilleure, c’est une bonne nouvelle. Accompagné de ses musiciens du collectif Grande Ville et d’Esso Luxueux, le rappeur parisien est survolté. Dans une salle comble et totalement acquise au MC de l’Entourage, l’artiste enchaîne les morceaux avec une atmosphère totalement différente à celle de l’album. Le fait d’avoir des musiciens change totalement la couleur des morceaux.

On passe d’un univers plutôt sombre dans P-Town à un concert chaleureux avec un Jazzy Bazz qui a le sourire jusqu’aux oreilles. Visions, Adrénaline, 3.14 Boogie, Les Chemins, tout est maîtrisé vocalement et les musiciens apportent un réel plus aux morceaux. Fluctuat Nec Mergitur est extrêmement émouvant sur scène, avec un message de paix qui ne passe pas du tout inaperçu. Seul petit bémol, j’aurai préféré entendre certains morceaux avec leur instru originale tellement ça colle et ça tape bien. Par exemple avec le Roseau ou le Joker, c’était très agréable mais cela aurait pu plus taper… Mais le final sur 64 mesures de Spleen en version acoustique est vraiment magique avec un public qui connaissait sur le bout des doigts les paroles du morceau « classique » de Jazzy Bazz.

 jazzy-bazz

Après un concert prenant du rappeur du 19ème arrondissement de Paris, il en était terminé du rap français pour le festival Marsatac. Un lieu vraiment sympathique pour des rappeurs français qui ont amené des performances intéressantes, cette soirée Hip-Hop est une réussite pour ma part.

hugo@vrairapfrancais.fr

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