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L’interview rétrospective : Guizmo

Guizmo nous accorde une interview

L’été dernier Guizmo sortait son 4ème projet solo #GPG, une canette d’Heineken, un joint et un gun dans le jogging sur la pochette. Nous avons donc rencontré ce boulimique de travail, avec qui nous avons fait le bilan. Après un retour sur ses 3 précédents projets, et sur sa vision du rap, nous en découvrons un peu plus sur ses projets futurs. C’est partie pour une interview rétrospective du rappeur le plus « Normal » de sa génération.

 

 

VRF : Tu freestyles souvent sur des FACE-B, c’est un peu ta cours de récréation ?

Guizmo : Bah j’ai commencé comme ça avec le freestyle et tout et puis comme j’ai commencé avec les moyens du bord. On n’avait pas de Beatmaker, pas d’instru, de trucs donc voilà… On prenait les instrus d’internet.

 

VRF : Du coup si tu devais choisir une grosse prod’, tu prendrais laquelle ?

Guizmo : Je sais pas… peut-être une prod de Mob Deep ou Lunatic, comme « Hommes de l’ombre » tu vois.

 

 

VRF : Qu’est-ce que tu écoutes à part le RAP ?

G : J’écoute du RAI, j’écoute beaucoup de Reggae, Bob Marley surtout, du Rock j’aime bien aussi. Du rock pop aussi hein. J’aime bien les morceaux à la Californication et tout ce qui reste soft un peu. La variété aussi j’aime bien. « Est-ce que tu viens pour les vacances ? » haha ce genre de trucs à l’ancienne. « La corrida » de Francis Cabrel j’aime bien aussi. « Je marche seul » de Jean-Jacques Goldman. En fait, j’écoute tout. J’aime la musique.

 

VRF : Quels sont les morceaux de tes albums que tu as préféré ?

G : Dans « Normal », mon morceau préféré c’est … Je crois que c’est « Normal » en fait. Le morceau éponyme de l’album. Mais j’aime bien aussi «  J’ai du mal » et « Alcool et bédo ». Les trois je les mets sur un podium. Sur « La Banquise » c’est « Ma haine viscérale », ou « Le Café ». Pour « Dans ma ruche », je dirais encore une fois « Dans ma ruche ». Dans « Jamais 203 » je dirai « Le rendement ». Enfin dans « GPG », c’est « Hoosman »

 

« On veut le rendement et ce que tu entends, ma tête de bébé dit que j’en ai 21, mon foi dit lui que j’ai 30 ans ».

 

 

VRF : Ah, je suis surprise, et « Le premier chagrin du jour » ?

G : Bah en fait… Comme je suis de l’autre côté du rideau c’est pas pareil. Quand je fais les morceaux, quand j’écris le truc, quand je reçois l’instru, ce que tu entends et moi ce que j’ai ressenti quand j’ai fait le truc ce n’était pas pareil. C’est pour ça que « Le premier chagrin du jour » tout le monde dit que c’est mon classique et je le conçois puisque je l’aime beaucoup le morceau mais il y avait un truc quand j’ai fait « Normal ».

 

VRF : Qu’as tu pensé de l’émouvant « Attendez-moi » ?

G : Je voulais même pas le mettre dans la mixtape à la base. C’est un choix de l’équipe. Quand je dis l’équipe c’est moi compris mais voilà on s’est concerté quand même avant de dire on va mettre ce morceau. Mais je voulais que Mathieu le balance à la poubelle. Il était trop personnel parce que je pleure dedans et tout. Et je suis pas un pleurnichard de base. J’ai jamais été ça. Mais bon après c’est du Guizmo.

 

 

VRF : C’est vrai que souvent, quand on me dit Guizmo, je pense à rappeur introspectif, qu’en penses tu ?

G : Ouais mais introspectif, il y a une certaine limite pour l’introspection. Là tu rentres vraiment chez moi…

 

VRF : Qu’est ce qui te pousses à être aussi introspectif dans tes textes ?

G : Je ne fais pas exprès, j’arrive pas à m’exprimer autrement que ça. C’est comme ça. Mon premier texte c’était ça.

 

VRF : « Attendez-moi » c’est pourtant un des morceau qui a le mieux marché dans GPG !

G : Les morceaux qui marchent le plus c’est pas forcément ce que je préfère. « Maman stp » ce n’est pas mon morceau préféré et j’ai tourné 3 mois sur Skyrock avec.

 

VRF : Comment tu vois ta carrière dans 10 ans ?

G : Je peux rien te dire du tout parce que il y a ça 5 ans, je n’aurai jamais imaginé que le rap soit comme il est maintenant. Mais moi, c’est simple dans 10 ans, je ne serais plus dans le rap. J’ai 25 ans. Je me vois pas groseillier derrière un mic à 35 piges et dire Mathieu « Non attends en fait, la piste d’en bas » Ouais ça y’est 30 ans. Ou je suis mort ou je suis malade ou je suis au bled et salut ciao !

 

« Mais moi, c’est simple dans 10 ans, je ne serais plus dans le rap. » 

 

VRF : As-tu déjà connu le syndrome de la « page blanche » ?

G : Jamais de période où je n’avais pas d’inspiration, mais il y a déjà eu des périodes ou je faisais pas de rap. J’avais pas la tête au rap. Maintenant si je me dis il faut que j’écrive un truc, je vais écrire un truc et un truc bien si Dieu veut. Mais oui, il y a déjà eu des périodes où, tu vois par exemple en 2014 j’ai perdu ma sœur (Paix à son âme) et je te cache pas que ça m’intéressait un peu moins.

 

VRF : As tu déjà essayé de te tourner vers autre chose que le rap musicalement ?

G : Le rap c’est un truc c’est comme ma haine : c’est viscéral. C’est-à-dire je n’ai pas beaucoup de mal à écouter d’autres musiques et collaborer avec des gens. Regarde j’ai fait un morceau avec Amadou et Myriam. J’ai pas de problème à marier les styles et tout mais me détacher du rap je n’y arrive pas.

 

VRF : Quelles sont tes plus grosses influences ?

G : Salif, Dany Dan, Lunatic…. Et en cainri : BIG L, BIGGIE, 2pac, NAS

 

VRF : Et en parlant de 2pac, dans le magazine RAP R’N’B, ils te comparent à lui, qu’en as tu pensé ?

G : Ouais ils m’avaient fait des tatouages au feutre, je n’avais pas encore de tatouages à l’époque. C’était une tatoueuse justement qui m’avait fait. C’était super joli. En gros ils ont trouvé le concept et moi j’ai acquiescé. Ils voulaient mettre en parallèle notre ressemblance physique et notre vécu.

 

VRF : Est-ce que tu écoutes du rap « nouvelle génération » ?

G : Ouais j’écoute tout le monde. Je regarde tous les jours BOOSKA-P donc forcément j’écoute tout le monde. Il y a un rappeur de la génération que j’écoute beaucoup c’est Ninho. J’ai eu ma petite période SCH aussi et j’ai mis ça de téco ça tourne en rond. Sinon je m’écoute beaucoup. Je fais la musique que j’aime écouter donc forcément… Comme je trouve que je la fait mieux que les autres c’est des musiques que j’écoute un peu plus. J’écoute tout sinon.

 

 

VRF : Nous savons que tu aimes écrire, parfois de longs morceaux à texte, dirais-tu que c’est une des caractéristiques de ta musique ?

G : Les longs morceaux ? C’est pas forcément ma caractéristique mais ce que j’ai fait ça a tellement envoyé que… que je suis devenu le rappeur. À l’époque Kery James il l’avait ça aussi tu vois, Rohff aussi. J’aime bien qu’on me voit comme ça. Ca me fait plaisir, ça fait survivre un peu le peura… Parce que la trap, la drill, même la salsa que JUL il fait. Hier j’étais avec ma nièce elle me mettait que des chansons comme ça. La petite elle a 7 ans elle a pas envie de me voir avec des pistolets entrain de dire que j’ai de nouvelles putes et que je me suis acheté un glock 22. Je suis confronté à ces musiques-là même si ce n’est pas ce que j’écoute et voilà quoi.

 

VRF : Est-ce que tes proches écoutent ta musique ? Ils en pensent quoi ?

G : Ouais ma mère. Elle a tous mes Cds. Elle dit que c’est trop vulgaire et elle dit qu’elle a échoué quelque part et ça me fait mal parce que ma mère elle est arrivé du bled elle avait que 7 ans. Elle a grandi à Bailleul donc elle est instruite, elle a fait une école. A la base elle devait travailler dans la joaillerie. Elle apprenait à dessiner des bijoux, tailler les bijoux et tout. C’est une femme instruite et elle est jeune surtout. C’est elle qui m’a fait découvrir le rap. Elle m’a eu à 19 ans et elle écoute tout et quand elle entend le mal être que je déverse sur le Cd, elle pense qu’elle a peut-être foiré quelque part et c’est pas sa faute.

 

« Ma mère c’est une femme instruite, d’ailleurs c’est elle qui m’a fait découvrir le rap. »

 

VRF : Ce qui est étonnant avec toi, c’est que c’est ta mère qui t’a transmis le rap. En général c’est un peu les grands frères, le quartier…

G : C’est ma mère qui l’a transmis à mes grands frères et à moi aussi. Parce que mon plus grand frère, je n’ai que 5 ans d’écart avec lui. Donc forcément quand il écoutait des trucs, j’écoutais aussi. Et puis mon père… Je ne suis pas fier de le dire mais mon papa c’était un voyou. Très connu dans Paris. Il était très craint et respecté donc forcément il avait un peu la main mise sur quelques secteurs dans le rap. Il contrôlait quelques terrains vagues de la chapelle. La première fois que j’ai été en prison, ce n’était pas pour moi. La première fois que j’ai été en prison, je n’ai jamais été incarcéré, mais pour le parloir à 18 mois.

 

VRF : Comment tu sens ton prochain album ? Il y aura combien de morceaux à peu près, tu sais ? Peux tu nous en dire plus ?

G : Mon prochain album ? Comme je sens bien tous mes albums. Tu vois ? C’est comme quand les gens me disent « Alors t’es prêt ? » je leur dit « Je suis prêt depuis que je suis né ». Franchement il y’en aura pas moins de 16/17.

 

VRF : Du coup, pour ton prochain album tu as une date à nous donner ?

G : Fin 2016 je pense. Si Dieu fait. C’est Dieu qui donne. Fin 2016.

 

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