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Interview : TLF, un artiste « No limit »

Rencontre avec Ikbal à l'occasion de la sortie de son album "No Limit"

Vous connaissez sans aucun doute la famille Mkouboi. Peut être grâce à Rohff, mais aussi grâce à Ikbal, son frère cadet. Deux amoureux de rap français et de musique en général ont grandi ensemble à Vitry-sur-Seine dans le Val de Marne, dans l’écriture, la rue, les studios et les salles de concerts. Après les multiples projets « Talents Fâchés », où Ikbal mettait en avant des artistes en devenir, l’album « No Limit » sortira le 1er avril prochain.  Le projet s’inscrit-il dans la continuité des autres projets, ou allons nous assister à un véritable renouveau d’un artiste ? Vrairapfrançais est parti à la rencontre de l’artiste au siège de Sony Music, au coeur de Paris afin de lui poser quelques questions lors d’un entretien.

Avec TLF pour une interview. Très prochainement sur www.vrairapfrancais.fr

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Les fans de rap ont pu te connaître avec les « Talents Fâchés », on retrouve des artistes qui sont un un peu plus exposés maintenant. Aujourd’hui il y a internet, YouTube, les réseaux sociaux en général… Tu serais prêt à refaire un « Talents Fâchés » ?

Bien sur, on est en plein dedans. J’ai déjà rencontré énormément de rappeurs pour faire quelque chose de ce style. Pendant ma tournée promo je suis rentré dans les quartiers, en tout j’ai du faire 15-16 villes, dans toute la France. Je reçois des maquettes sur mes réseaux, sur mes comptes professionnels, sur ma boite mail. Il y a beaucoup d’artistes qui ne sont qu’à 10 000-20 000 vues qui mériteraient d’être plus connu que ça. On a beaucoup de connexions qui se sont faites via ma manageuse. On est actuellement en studio pour réaliser un projet qui est dans la continuité de « Talents Fachés », on est vraiment en plein dedans. Internet nous aide beaucoup, beaucoup plus qu’avant en tout cas. Avant tout se faisait du bouche à oreille, les plateformes comme Facebook, Twitter et YouTube nous aident énormément pour trouver des artistes talentueux.

Tu penses que ça fait partie de « l’ADN » du rap de devoir mettre des artistes en avant ?

Il faut mettre en avant les artistes qu’on apprécie. En tout cas c’est mon état d’esprit. Dans mon album je n’ai pas mis des grands noms, à part Soprano. Je ne suis pas allé chercher des rappeurs du moment, je n’ai pas fait l’opportuniste ou autre chose. J’ai vu des albums avec plein de featuring de fou, avec des noms du moment, et forcément ils ont pas fait Disque d’or. Comme quoi mettre des grands noms ça ne veut rien dire. Je suis quelqu’un qui croit au talent des gens, c’est la base, j’ai toujours été comme ça. Les artistes qui apparaissent sur mon album et qui ne sont pas forcément très connus feront parler d’eux plus tard grâce à leurs talents et leurs déterminations. Ce sont les deux choses basiques à respecter pour devenir un peu plus célèbre. Ce que j’ai fait ce sont des feats de coeur, pas des feats de vendus.

Il y a beaucoup d’artistes actuellement qui essayent de prendre le buzz de tout le monde…

C’est exactement ça. Je les appellent « les vampires ». Ils vont sucer le sang de tel rappeur, tel artistes… Pour moi ils font ça parce qu’ils sont en manque de confiance. Ils ne savent pas créer un vrai album, ils sont en manque d’assurance sur leurs propres projets. Aujourd’hui on est à l’ère du buzz, tout et n’importe quoi peut faire parler de toi, moi, je n’irais pas trahir ma base, il faut que je respecte mes principes.

Nous sommes un médias qui parlons exclusivement de rap français, et on s’interrogeait un peu sur ta personnalité. Tu es le genre de rappeur qui tourne plus sur NRJ que sur Skyrock. Est-ce que tu penses que ta « Street crédibilité » est touchée ? 

Non, parce que les gens savent tout ce que j’ai pu apporter au rap bien avant la sortie de mon album. Après il y aura toujours des personnes qui parleront pour rien, mais eux j’ai appris à ne plus les écouter. Si on commence à écouter toutes les critiques on n’avance plus. Je fais la musique que j’aime, avec les artistes que j’aime. Je ne me vois pas rapper la rue à 45 ans. Il faut un peu étendre le style musical, et comme je l’ai dit un peu avant, faire ce que j’aime. Après je fais aussi beaucoup de rap, il ne faut pas le négliger. Dans l’album « No Limit » qui sort le 1er avril, il y a des morceaux où je balance punchline sur punchline pendant 6-7 minutes. Il ne faut pas que je mette mon côté rap, mais il ne faut pas que je fasse que ça non plus. C’est une question de choix artistiques et personnels. Quand j’ai balancé le morceau « Godzilla », et quelques temps après la tracklist, les gens se disaient « Mais Pourquoi t’as pas mis « Godzilla » ?! ». « Godzilla » est un hors série, j’ai fait ça vite fait, je ne suis pas fier de ce morceau. Dans mon album il n’y a que des morceaux dont je suis fier. Mais ne vous inquiétez pas, il y aura du rap dans mon futur projet *rires*.

On a eu la chance d’écouter ton album, et voilà, nous on l’apparente un peu à de la « World Music », t’en penses quoi ?

Tu sais pas à quel point ça me fait plaisir ! C’était ça mon objectif. Mon album peut parler à tout le monde, il peut parler à un enfant, comme il peut parler à quelqu’un qui va écouter beaucoup de rap, comme à quelqu’un qui ne vas pas du tout en écouter.

Maintenant on va un peu parler du morceau « Grand frère », le message est assez fort pour Rohff. Pourquoi avoir fait cet hommage maintenant ?

J’ai jamais vraiment eu le temps de pouvoir faire un hommage en chanson, sur une instru que j’apprécie, et de me confier à mon public. Dans ce projet qui est pour moi « mon premier album solo », j’ai choisi de me livrer. Quand t’écoutes « Le code de l’honneur » de Rohff, il s’est livré dedans aussi. Tupac, pareil avec « My Dear Mama », Eminem, pareil… Un artiste a besoin de se livrer un moment ou un autre, j’ai choisi que ce moment devait être maintenant. Cet album, je me suis dit « il faut que je parle avec mon coeur ». C’est l’album de la maturité. J’avais besoin de faire découvrir à mon public qui je suis vraiment. Qui est I.K.B.A.L, qui est TLF ? Je suis quelqu’un qui aime le partage, beaucoup de gens ne peuvent pas cracher sur moi parce qu’ils savent que j’ai été généreux musicalement. Ça fait parti de moi, j’ai besoin de m’ouvrir aux gens et de dire ce que je ressentais. Mon frère est l’un des piliers de ma vie. Sans lui je n’aurai pas commencé le rap. Je lui dois beaucoup de choses.

A travers le nom de ton album « No Limit », quel message veux-tu faire passer ?

« No Limit », c’est plus que le nom de mon album, c’est une mentalité. C’est un style de vie particulier. Quand j’étais petit, je vadrouillais partout où je le pouvais, je ne pouvais pas rester à un seul et même endroit. J’ai grandi, rien a changé. Je suis resté le même dans ma tête, j’aime voyager, j’aime rencontrer des personnes qui viennent de milieu social différent, qui ont une religion différente. J’adore faire connaissance, apprendre des choses de la vie qui nous entoure au quotidien. C’est ça être « No Limit », c’est un mélange de fougue, de curiosité et de talent. Aujourd’hui je ne suis plus limité dans ma musique, avant c’était beaucoup plus compliqué, j’appelais mes projets « Talents Fâchés » parce que j’étais vraiment fâché, on nous fermait les portes, on arrivait pas vraiment à avancer. Maintenant le plus dur est fait. Je suis « No Limit », je suis libre de faire ce que je veux.

Qu’est ce qu’il peut manquer à certains artistes pour perdurer dans le temps comme toi tu as pu le faire ?

Il faut se régénérer, pour certains artistes ce n’est pas le talent qui manque, quand certains artistes reviendront je sais déjà d’avance qu’ils feront mal aux auditeurs. Il ne faut pas se bloquer que sur un délire, et remixer ses flows, remixer les lyrics des précédents projets. Non ! Il faut être le plus créatif possible. J’essaye constamment d’apporter une petite touche qui rendrait ma musique un peu à part. J’invente des petits délires. Même dans mes clips, j’essaye d’innover. Tous mes clips sont très cinématographiques, rien n’est fait au hasard. J’essaye de surprendre les gens à chaque fois. Ça fait parti de mon métier.

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En quelques mots, comment définirais-tu ton album ?

« No Limit » *rires*. Ceux qui me connaissent me reconnaîtront, et ceux qui ne me connaissent pas arriveront à me redécouvrir.

Merci d’avoir répondu à nos questions ! 

Merci à vous !

L’album est disponible en précommande sur toutes les plateformes de téléchargement, et sortira dans les bacs le 1er avril.

Interview réalisé par WesVRF et ChavesVRF

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chaves@vrairapfrancais.fr

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