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INTERVIEW : MOH, L’ÉCRITURE DANS LE SANG

Rencontre avec M.O.H , Marseillais avant tout

Les Comoriens sont très présents dans le rap français. De Rohff à Soprano, en passant par Sultan ou Alonzo. Ces artistes sont très mis en avant dans ce milieu. Certains autres sont un peu moins médiatisés, mais reste bourrés de talent. Parmi eux, MOH. L’étoile marseillaise en provenance des quartiers nord, livre un album sincère et de qualité nommé L’art des mots. J’ai connu l’artiste sur la première BooskaTape ou il y figurait avec le morceau « Sous haute tension » , également présent sur la mixtape King Kong Vol.1 (si vous ne connaissez pas cet extrait, je vous conseille de l’écouter avant de lire cette interview, avec le morceau). J’apprécie l’écouter depuis pas mal de temps déjà, j’avais hâte de faire sa connaissance. Le rendez-vous se situait dans les locaux de Musicast, dans le vingtième arrondissement de Paris. C’est un MOH de bonne humeur qui m’accueille pour répondre à mes questions.

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VRF : Salut MOH ! J’espère que tout va pour le mieux, je suis très content de te rencontrer.

MOH : Tout va bien, je suis très content aussi.

Peux-tu te présenter pour nos lecteurs qui ne te connaissent pas encore ?

Moi c’est MOH, Mohamed, je viens des quartiers nord de Marseille, j’aime beaucoup ma ville. J’ai sorti un album « Mon Manuscrit », et deux mixtapes. Je sors mon nouveau projet « L’art des mots ». Il devrait vous plaire !

Si tu avais un mot pour décrire ton projet ce serait lequel ?

Qualité, sans hésiter. Je me suis tué pour faire cet album. J’ai beaucoup charbonné, mais toujours en gardant le plaisir !

Tu as pu avoir toutes les featurings que tu voulais pour ton album ?

Oui, j’ai eu cette chance ! On a enregistré d’autres collaborations qui arriveront sur le futur projet aussi. J’en ai beaucoup en stock !

Sur le tracklisting de ton projet on peut voir plusieurs featurings intéressant. Despo Rutti notamment sur le morceau « Aigles royaux ». Comment s’est fait la connexion entre vous quand on sait que Despo Rutti se fait de plus en plus rare en ce moment ?

Moi, je voulais absolument Despo sur mon album. C’est un exemple pour moi. Quand j’ai commencé à écouter du rap je te jure que j’en ai mangé du Despo *rires*. J’ai eu beaucoup de chance dans cette histoire, lorsqu’on lui a proposé de poser sur mon album, il a accepté dans la seconde. Il aimait bien ce que je faisais. Je reconnais avoir eu énormément de chance. La connexion s’est faite vraiment simplement du coup. J’en suis très heureux !

Tu as également invité Soprano sur le morceau « LOVE », c’est une solidarité comorienne ?

Je connais Sopra depuis très longtemps maintenant, il m’a toujours donné de la force dans ce que je faisais, il m’a aidé à écrire mes premiers textes quand j’ai commencé le rap, je lui doit beaucoup de choses.

Un autre featuring intéressant dans l’album, Demi Portion sur le morceau « Histoire sans fin ». Je ne sais pas si tu regardes un peu ce qu’il organise en ce moment avec son festival ?

Oui je surveille ça du coin de l’œil. C’est excellent ce qu’il organise ! J’aime beaucoup l’idée.

Tu penses pouvoir participer au festival ?

Si Demi me propose, que les dates du festival correspondent avec mon emploi du temps, j’y participerais avec grand plaisir. Demi, c’est peu être l’artiste le plus Hip-Hop que je connaisse, il est humain, gentil. Il rappe terriblement bien. Ses textes sont excellents. J’aime autant l’humain que l’artiste.

Sur les autres featurings, on peut y voir des touches un peu plus « légères ». Moi qui t’ai connu avec un morceau assez violent dans les propos, je ne te cache pas que j’ai été très surpris sur le coup !

Tu sais, si je fais un album avec que des sons de rap »violent » comme tu dis, les auditeurs n’écouteront pas mon album entièrement. Mon objectif était de pouvoir écouter le projet en un trait, sans sauter une musique. J’ai voulu m’inspirer de musicalité un peu plus portées sur le R’N’B.

En parlant d’inspirations, d’où viennent les tiennes ?

De partout, n’importe où je vais j’ai de l’inspiration. Si je n’en ai pas je suis malade. Je ne me sens pas bien. Mais j’en ai très souvent quand même que je le veuille ou non. Parfois je rentre en studio sans avoir de texte, j’improvise, je m’inspire de ce qui m’entoure, et ça marche généralement. J’écoute toutes les musiques possibles et imaginables, de la salsa au rap. J’essaye de diversifier mes écoutes pour avoir les meilleures inspirations.

Là on est dans une pièce avec des tee-shirts « Arsenik », tu peux faire un morceau sur les tee-shirts qui nous entourent ? 

Oui ! Ne t’inquiètes pas ça arrive pour bientôt ! *rires*

Maintenant je voudrais un peu parler de tes sons, à commencer par le morceau « Bouna & Zyed », peut être celui qui m’a le plus marqué.

J’ai mis beaucoup de temps à écrire ce morceau en revanche ! J’ai fait un gros travail sur moi même au niveau de l’écriture, se mettre à la place d’eux n’a pas été très facile.

Qu’est-ce qui t’as donné envie de parler de ce morceau ?

Cette affaire a marqué la France entière ! Tous les quartiers de France étaient en deuil, ce qui est arrivé à eux, aurait pû arriver à n’importe qui. Quand j’ai appris la conclusion des juges à propos de cette affaire, il fallait que j’écrive ce morceau pour dénoncer une sorte d’injustice. Il fallait que j’en parle. Absolument. J’avais beaucoup aimé l’hommage que des rappeurs avaient fait pour Zyed & Bouna, je me souviens encore de la partie de Jango Jack. Je peux te le chanter même ! « C’est pour Bouna & Zyyyyyyed » *en chantant* Ce morceau m’avait marqué. J’ai voulu rendre hommage à ces deux gamins partis trop tôt, tout en respectant les familles.

Sur le morceau « Schizophrène 2 », tu parles à toi même, d’où vient cette idée ?

Mon inspiration assez étrange encore une fois… Je m’étonne tous les jours. *rires* Non, ça à déjà été fait dans le rap français. Je ne sais pas c’est intéressant comme écriture. J’aime beaucoup le principe de confronter le bien et le mal chez une même personne. C’est un point de vue réaliste que j’ai apprécié faire.

Tu as fait un court métrage pour le clip « Ketama », tu es l’acteur principal de celui-ci. Le cinéma peut être une sortie pour toi après le rap ?

 Depuis ce court métrage, j’ai eu beaucoup de propositions pour être acteur principal dans des films. J’aime beaucoup le monde du cinéma, ça m’attire beaucoup.

Tu peux nous en dire un peu plus sur ces films ?

On m’a dit de ne pas trop en parler pour le moment, mais ça va arriver très bientôt ne vous en faites pas pour ça *rires*

Tu penses vendre combien d’albums ?

Je ne sais pas du tout, je n’ai pas de pression par rapport à ça. On verra bien, ce qui m’importe le plus c’est la qualité de mon projet.

On approche de la fin, tu as un mot à dire pour conclure cette interview ?

J’espère que les auditeurs vont bien aimer mon travail. C’est le principal, après le reste c’est accessoire. Aimez le projet autant que moi, ça me ferait énormément plaisir !

Merci à toi ! 

Merci à vous, et force à Vrairapfrançais !

CHRONIQUE : MOH – L’ART DES MOTS

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