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Interview : Mike Lucazz, le talent vitriot

Rencontre avec un énième talent vitriot

mike lucazz

Que dire de la ville de Vitry-sur-Seine ? Plaque tournante du rap français de ses débuts à nos jours. De Rohff, à Rimk’, en passant par Zesau ou encore 6CoupsMC. Le 94 est une terre de rap, c’est indéniable, Vitry pourrait être sa capitale. Mike Lucazz, rappeur issu de la nommée « nouvelle génération », commence à se faire une renommée plus conséquente à chaque jour qui passe. Les rappeurs se font de plus en plus nombreux. La quête de « l’artiste talentueux » est donc de taille. Mike Lucazz peut répondre à ces divers critères. Innovateur, créatif et très motivé, le vitriot pourrait vous intéresser sur le plan artistique et musical. A l’occasion de la sortie d’un projet intitulé « Soleil Gelé », Vrairapfrançais a voulu rencontrer l’artiste, pour faire connaissance et lui poser quelques questions afin de cerner, et faire connaissance avec le rappeur du Val-de-Marne.

 

 

VRF : Avant de faire une interview, nous partons faire des recherches sur internet, pour se renseigner à propos de l’artiste. Nous on te connaissait bien avant cette interview, mais en faisant les recherches nous n’avons pas trouvé grand chose sur toi… On ne sait pas si c’est ta réelle volonté de t’éloigner des médias, ou si, ce sont les médias qui ne viennent pas vers toi directement…

Mike Lucazz : En vérité, c’est plutôt une volonté parce que, avant je n’avais pas forcément les armes pour faire des interviews, je n’avais pas vraiment de projet concret. Je me disais que faire des interviews pour parler sans but derrière ce n’était pas forcément intéressant. Du coup, c’est le bon moment de commencer les interviews.

 

En quelle année es-tu vraiment entré dans le rap ?

Je suis rentré dans le rap avec mon premier texte, j’avais une instru, je m’enregistrais sur un logiciel ou je mixais moi même… Je crois que c’était en 2007. Je suis rentré en studio en 2009/2010. Et  c’est vraiment à partir du moment où j’ai mis mes pieds dans un studio que je me suis dit : « On va faire les choses sérieusement ». Je dois ça aux soutiens des gens de l’équipe aussi, parce que je sais que ce n’était pas vraiment super ce que je faisais *rires* mais il y avait un kiff quand même tu vois !

 

Tu viens de Vitry, est-ce que c’est normal de faire du rap lorsqu’on vient de cette ville ?

Du rap, je ne sais pas, mais si on élargit au niveau artistique, on sait qu’il y a beaucoup d’artistes qui viennent de Vitry, que ce soit dans le foot, dans la musique, dans la peinture… Vitry, je considère un peu cette ville comme étant la France d’en bas, ce sont des gens qui revendiquent ce qu’ils vivent au quotidien, par différents moyens, dont beaucoup par le rap. Ce côté là, tous les vitriots l’ont au fond d’eux, ce sont tous des artistes.

 

Et si on sortait un peu de l’environnement 94, Mafia K1 Fry, quel album de rap t’a vraiment marqué ? Sans citer un artiste de la Mafia K1 Fry. 

Un album qui m’a marqué, c’est « Détournement de son », de Fabe, c’est lui qui m’a donné l’envie de faire du rap, et de poser mes premiers textes. Il décrit ce qu’il vit, la rue, avec sa propre manière, j’ai adoré. Son écriture a fait que c’est un album qui m’a marqué.

 

Est-ce qu’un artiste qui a une écriture très revendicatrice comme Fabe, pourrait marcher dans le rap actuel ?

De mon point de vue personnel, je ne pense pas. Une écriture très politisée a pour but de dénoncer les divers problèmes qu’on peut rencontrer au quotidien. Maintenant, la majorité des auditeurs, ne cherchent pas vraiment à entrer dans les problèmes qu’ils rencontrent déjà dans leurs vies, ils veulent des sons un peu plus légers, peut être que je me trompe, mais je ressens ça vraiment de cette manière.

 

Quand la Mafia K1 Fry avait sorti le clip « Pour Ceux », dans un environnement de quartier, on peut voir, le rap était vraiment plus « ghetto » que maintenant. En sortant une musique comme « Couper Détailler », est-ce que tu veux montrer aux auditeurs qu’un rappeur issu du 94 n’est pas que bon à faire des sons avec une mentalité « ter-ter » ?

J’ai toujours gardé mon côté quartier dans mes textes, mais sans jamais en faire trop. Maintenant il faut un peu « diluer » les sons, pour essayer de s’adapter à différents publics qui peuvent être susceptibles de nous écouter. Je me diversifie, tout en gardant mon côté street, et en faisant danser les gens, c’est une recette qui fonctionne plutôt bien. Mais ce genre de virement artistique c’est dangereux pour les générations futures, si nous on commence à faire des sons sans vraiment de revendications, qu’est-ce que ce sera dans les prochaines années ?

 

Comment on te qualifie en tant que rappeur ?

On me qualifie comme un rappeur très penché sur l’écriture. Ce que retient mon public ce sont mes textes, mes punchlines.

 

Si un jour tu devais vraiment changer de bord musical, est-ce que cette image de lyriciste ne pourrait pas te freiner ? 

Ça pourrait me freiner, c’est certain, mais je resterai fidèle à ce que j’aime, et à ce que j’ai envie de faire, si un jour je fais de la musique que je n’aime pas, c’est que ce sera l’heure de s’arrêter, et je ne veux pas m’arrêter tout de suite, loin de là, enfin j’espère en tout cas. *rires*

 

 

Ce morceau date d’il y a trois ans déjà, tu as un rythme assez « à l’ancienne » pour présenter des projets, par rapports à des nouvelles têtes qui sortent 3 voir 4 projets par an. Est-ce que tu peux t’adapter à cette cadence ?

Je pense que je peux m’adapter oui, mais je ne veux pas faire primer la quantité à la qualité. Je préfère prendre mon temps pour faire quelque chose de bien, qui me plaît, et qui serait beaucoup plus susceptible d’être aimé par les auditeurs. J’ai quelques morceaux de prêts, je vais commencer à les présenter, ça va s’enchaîner de plus en plus.

 

Tu es très présent sur les réseaux sociaux, avant tu n’avais pas ça.

Non, avant on faisait la queue chez Skyrock pour donner un projet à Fred directement, mais c’était compliqué, il y a avait beaucoup de monde qui faisait la queue avec moi *rires*.

 

Est-ce que tes réseaux sociaux sont tes propres médias maintenant ?

Oui, je fais ma promo dessus, je n’ai pas forcément le buzz nécessaire pour me servir que de ça. Je m’en sers aussi pour rester en contact avec mes supporters.

 

 

Combien de projet as-tu à ton actif ?

J’ai fait deux projets gratuits, deux cartes de visites. Maintenant on va laisser place à une mixtape payante, qui s’appellera « Soleil Gelé », qui pourra laisser place à un album par la suite, le meilleur reste à venir.

 

Au sein de ton label, comment es-tu vu sur le plan artistique ?

Mon label m’a accordé beaucoup de respect en me signant, ils m’ont dit que je pouvait être assez polyvalent, que je pouvais faire plusieurs styles musicaux. Je leur dois beaucoup, ils ne m’ont pas signé sur un coup de tête. Ils n’ont pas juste signé un buzz, et ce choix me touche.

 

Est-ce que tu te vois t’orienter vers d’autres genres musicaux justement ?

En France c’est très compliqué. On est vraiment catalogué, on est mis dans des cases, du coup c’est assez compliqué de s’étendre sur le plan artistique. J’aimerais beaucoup, en tout cas, toujours faire ce que j’aime. Si un jour je veux m’étendre artistiquement, je représenterais toujours là d’où je viens. Tant que je fais ce que j’aime, et que je ne trahis pas mes principes, je pourrais m’étendre musicalement.

 

 

 

Quand on écoute tes morceaux, ce sont souvent des histoires, du rap sans thème etc… Il n’y a jamais vraiment eu de texte où tu racontes ton histoire personnelle. Tu es prêt à faire le pas ?

Non, je ne suis pas prêt encore. C’est une étape très particulière à franchir, je  ne peux que respecter ceux qui passent cette épreuve. Je le ferais surement un jour, mais pas maintenant. Je suis quelqu’un de très pudique dans mes écrits. Peut-être pour l’album, c’est important de faire cet effort. Il faut avoir les armes pour faire ça.

 

Quel a été ton coup de cœur dans le rap français ces derniers temps ?

SCH, j’aime bien son univers, il a vraiment ramené quelque chose au rap français. Il écrit vraiment très bien, il est dans son monde. J’aime bien ce qu’il fait.

 

Tu as un mot pour la fin de l’interview ?

Soyez présent pour la mixtape « Soleil Gelé ». L’album viendra par la suite. Un grand merci à mes auditeurs, à ceux qui me soutiennent depuis plus ou moins longtemps. Merci pour le soutien et la force que vous me donnez. Les clips arrivent. Merci encore !

 

Suivre Mike Lucazz sur ses réseaux :

Twitter : @mikelucazz

Facebook : Mike Lucazz

Instagram : @mikelucazz

YouTube : MikeLucazzOfficiel & MikeLucazzVevo

Le projet « Soleil Gelé » est dès à présent disponible : smarturl.it/Lucazz_SoleilG_DL

chaves@vrairapfrancais.fr

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