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INTERVIEW : GHETTO PHÉNOMÈNE, QUAND LE SUD S’ILLUMINE

Rencontre avec le groupe en vogue

A l’heure de cette fin d’été, vous n’avez pas pu passer à côté de ce groupe, que cela soit sur les ondes, en streaming ou encore à la télévision lors de ces dernières vacances estivales. Certains de vos proches ont dû vous surprendre à chanter « Oh Mariaaa Mariaaaa ». Les responsables de ce refrain ? Un quatuor formant un groupe nommé Ghetto Phénomène, composé des artistes Veazy, Houari, Friz et Bil-K. Marseille fait peau neuve, et s’identifie comme étant l’une des villes les plus prolifiques sur de nombreux points, chiffres de ventes, écoutes en streaming, vues sur YouTube… Les sudistes sont connectés au monde qui les entoure. Il y a quelques mois, le label Def Jam a proposé une signature du groupe pour s’afficher dans leurs rangs. VRF est parti à la rencontre du groupe, pour pouvoir faire connaissance avec les rappeurs de manière plus précise.

 

 

VRF : Pouvez vous, vous présenter pour nos lecteurs, avec vos noms pour commencer ?

 

Ghetto Phénomène : Veazy, Friz, Houari et Bil-K

 

De quelles générations êtes vous ?

 

Entre 88 et 91.

 

Du coup vous êtes pratiquement nés lors de la sortie du premier album d’IAM ?

 

 Ouais c’est ça.

 

À Marseille il y avait IAM, mais aussi la FF ou encore 3ème Œil ? Vous êtes plus proches de quelle mouvance ?

 

La FonkyLe Rat Luciano, on a grandit avec, c’était le second mouvement tu vois, parce que le premier on était trop jeune, quand IAM ils ont pétés on était des bébés, nous la FF on était en plein dedans

 

Et du coup, aujourd’hui est-ce qu’on peut dire que la nouvelle génération c’est la génération Jul ?

 

Alors, juste après la FF, il y a eu la génération Psy 4, on a suivi ce courant là aussi. Et après bah… évidemment la nouvelle génération c’est la génération Jul.

 

Avec une touche très particulière, on avait des sonorités un peu jazzy à l’époque avec IAM et La Fonky, aujourd’hui on est dans des sonorités on va dire un peu plus dansantes, très populaires, qu’on écoute en voiture ou autre, pour vous c’est assumé complètement ?

 

 Ah bah grave ! C’est notre marque de fabrique, et je vais même te dire un truc, c’est dans ces sonorités qu’on est les plus forts. Et franchement on a fait ça naturellement dès le départ sans même s’en rendre compte.

 

Et ce n’est pas plutôt, le fait de se dire « c’est ça qui marche en ce moment » ?

 

 Ahhh non vraiment pas, on a fait ça tout seul, depuis petit, on aime les sons qui « tapent » tu vois, qui te font danser, on fait ça depuis 10 ans, on faisait ce genre de sons, ça nous plaisait tu vois depuis le début.

 

En fait, vous avez peut être fait ça trop tôt quand vous avez commencés, et ce n’est que maintenant que cette mouvance commence à prendre ?

 

Bah grave ! À l’époque, on faisait des instrus coupés décalé ! Ouais tu te rappelles (rires). Une fois je me rappelle on faisait une instru, d’un coup, l’un de nous a commencé a appuyer sur 3 touches comme ça, je lui ai dis mais « attends attends refais ! ? », et en fait ça ressemblait grave à une sonorités un peu house / deep house, inspirés d’un son de Pharrel Williams et Tinie Tempah, et franchement on kiffait.

 

Donc vous c’est du BPM un peu plus élevés ?

 

 Ouais, après on ne s’est pas enfermé uniquement dans ça, on fait un peu de tout, mais c’est vrai que ça fait partie de notre point fort

 

Quand on parle de Ghetto Phénomène on pense souvent à Jul, mais aujourd’hui, Jul fait encore partie de l’esprit Ghetto Phénomène ou maintenant c’est deux trucs complètement différents, musicalement ?

 

Musicalement parlant, en fait ça va dans les deux sens, aujourd’hui c’est complètement différent mais en même temps quand on se retrouve c’est comme si ça ne l’était pas. C’est comme s’il faisait parti intégrante du groupe, il nous donne de la force comme quand on était chez lui dans sa chambre à l’époque, au final il y a toujours la même osmose quand on se retrouve à 5. Mais l’un n’empêche pas l’autre, ça veut dire qu’il mène sa carrière solo, il fait les choses de son côté on fait les choses du notre. Mais quand il y a la collaboration, on est ensemble.

 

Quand vous voyez le succès de Jul aujourd’hui, est-ce que vous vous attendiez à une telle ampleur à la hauteur de son travail toutes ces années ou, sans être négatifs, vous avez été quand même surpris ?

 

On l’a tous été. Au début on a été très surpris, même lui je pense qu’il ne s’y attendait pas, tu peux pas t’attendre à tout ce qui s’est passé. Il est entrain de faire un truc de fou, de marquer une génération, un truc de malade, non tu ne peux pas t’y attendre. C’est amplement mérité, parce que nous on le voyait, il se réveillait, il ne faisait que ça dans sa chambre H24, il dormait à peine. Pour te dire le premier matériel qu’il a eu, on l’a acheté dans un magasin, on l’a porté sur un scooter, on l’a monté chez lui, ça partait vraiment de rien, on était tous jeunes, on était déjà super déter.

 

Aujourd’hui en solo c’est un peu plus simple pour faire des sons, mais vous, vous êtes 4, en général on connait plus des groupes soit par deux soit par trois, c’est à dire trois 16, un 8, c’est assez simple, mais vous comment vous gérez les structures des sons ?

 

En fait en général, nous on pose tous un couplet, et on met un refrain à la fin. 

 

Il y a un qui est vraiment fait pour les refrains ? Souvent les groupes ont un leader vocal, Jok’air pour la MZ, Maitre Gims avec la Sexion par exemple, et vous ?

 

En général c’est Houari et Veazy, mais ça dépend, honnêtement on a tous un talent dans les refrains.

 

Tout à l’heure on parlait des groupes Marseillais, mais de manière générale, dans tous les groupes de rap français, on sait que tout le monde a fait  plus ou moins un projet solo, est ce que vous en parlez de manière ouverte, c’est à dire est ce que l’un de vous, ou plusieurs, vous vous dites « faut que j’fasse un truc en solo » ?

 

On en a déjà parlé oui, mais nous notre objectif premier c’est d’abord de tout péter en groupe, c’est à dire de faire les albums qu’il faut. Après si il y a des albums solos qui doivent se faire ils se feront, mais si nos albums en groupe prennent de l’ampleur, on ira jusqu’au bout ensemble, le plus possible.

 

Vous venez de Marseille, il y a beaucoup de rappeurs Marseillais sur la carte du rap français, aujourd’hui, c’est très implanté, mais est-ce que pour cartonner au niveau national, il faut d’abord être validé à Marseille ? C’est important ?

 

Ouais, pour nous c’est important. Mais à Marseille c’est un peu compliqué tu sais, parce que là-bas les gens te valident, mais à demi-mot, sans parler de jalousie ou quoi, mais c’est un peu bizarre. En fait, quand tu arrives au sommet, quand le reste de la France a validé, mais que les Marseillais ont encore le cul entre deux chaises, et bien c’est là vraiment qu’ils te valident à 100 %.

 

Il n’y a pas un petit complexe d’infériorité de Marseille par rapport à Paris en ce qui concerne le rap en tout cas ?

 

Moi dernièrement je te mens pas, j’ai eu des exemples contraires, j’ai même reçu des messages de Parisiens qui nous disent « Ouais vous nous boycottez etc ». En fait c’est entrain de changer, ça s’inverse, au moins le rap Marseillais remonte aujourd’hui, avec Jul parti de rien par exemple.

 

Il y a beaucoup de rappeurs à Marseille, mais est-ce qu’il y a des structures, des médias, etc; nous on connaît l’espace Julien ou L’affranchi à l’époque, c’est des trucs un peu emblématiques mais on ne sent pas qu’il y a vraiment des trucs ?

 

Franchement avant ça bougeait plus, avant il y avait le Planète Jeune, il y avait plusieurs rappeurs, des collectifs, de mouvements comme Puissance Nord, il y avait des concerts un peu partout, ça invitait des rappeurs, après maintenant c’est vrai qu’il manque des structures, de l’activité musique etc. Aujourd’hui chacun se démerde un peu comme il peut tu vois.

 

Aujourd’hui l’objectif c’est d’aller au delà des frontières Marseillaises ? Bien que vous ayez l’accent de Marseille, de se dire peu importe d’ou l’on vient ?

 

Ah bah bien sûr, c’est un peu international (rires). Nous peu importe ou on va on est chez nous. À Paris tu nous mènes dans n’importe quel quartier, c’est comme si on était à la maison.

 

Il y a des rappeurs un peu de la nouvelle génération ou même de l’ancienne, qui vous parlent, qui colleraient à votre délire ?  Avec qui vous verriez peut-être faire un feat. par exemple ?

 

Il y avait Salif mais bon il ne rappe plus. AP et Rim-k, ouais le 113 quoi.

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Mais AP et Rim-k je pense qu’ils auraient pu venir de Marseille en fait…

 

Ahhhh franchement ouais ! Ils sont dans le délire ! Ils ont la joie de vivre, c’est des grands frères. La mentalité un peu à l’ancienne, c’est des bonhommes.

 

Et demain, quels sont les projets qui arrivent ? Mixtape ? Album ?

 

Un album, ce sera pour la fin de l’année.

 

 Il y aura Jul dessus j’imagine ? 

 

Oui il sera la ! Sur plusieurs morceaux.

 

La « consommation », elle est très rapide en ce moment, la vous savez ce qui arrive très prochainement ?

 

Ouais on a déjà un clip de prêt, on compte en enchainer un deuxième. Et en parallèles des sons. Et si l’album marche vraiment on enchainera un deuxième album juste après.

 

Quand vous dites si l’album marche, vous avez un chiffre en tête ou… c’est plutôt l’accueil ?

 

C’est plus l’accueil, après les chiffres ça compte aussi tu vois on va pas se mentir. Mais surtout l’effet que ça va produire, l’impact. On verra.

 

On approche les 10 millions avec le clip !  Aujourd’hui vous passez en playlist sur Skyrock ? Vous arrivez à gérer ? C’est énorme !

 

On est à 12 millions, ah ouais c’est énorme, on l’a jamais fait ça avant ! Ouais, Skyrock, Générations, Mouv… ça va en vrai on arrive à gérer, on fait comme si on passait pas sur Skyrock (rires)

 

Et au niveau des meufs à Marseille ça passe mieux ou pas du coup ?

 

GP : Ahhhh c’est vrai que… on va pas se mentir, on va pas en dire plus (rires). Non mais quand tu fais un petit buzz, les gens t’apprécient c’est vrai, tu es mieux vu, tu fais danser les gens, ça fait plaisir.

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