Home / Interviews  / Interview : DJ Ken, un créateur aux doigts d’argents

Interview : DJ Ken, un créateur aux doigts d’argents

Rencontre avec Dj Ken, le beatmaker du moment

Derrière le travail acharné des interprètes plus ou moins renommés sur les morceaux que l’on peut entendre tout au long de notre quotidien, un travail monstre se cache à la réalisation des mélodies et de l’ambiance de ceux-ci. Les beatmakers jouent une place majeure dans la réalisation d’un album. DJ Ken, fier représentant des Antilles, a dernièrement présenté un album regroupant plusieurs artistes talentueux. Le projet d’intitule « Tobecomboss », qui signifie « devenir un patron ». Un patron ? Le martiniquais l’est déjà. Plusieurs dizaines de prod’ à son actif, dont certaines que vous devez écouter tous les jours. A l’occasion de la sortie de l’album, Vrairapfrançais est parti à la rencontre de ce créateur hors-pair. Le rendez-vous se situait au Café Montparnasse, dans le 6ème arrondissement de Paris. Pour faire connaissance avec cet artiste, restez avec nous.

Vrairapfrançais : DJ Ken, peux-tu te présenter pour nos lecteurs qui ne te connaîtraient pas encore ?

DJ Ken : Je suis beatmaker, producteur, et compositeur dans la musique urbaine, Hip-Hop et Dancehall. Je me suis lancé dans l’aventure de la musique il y a quelques années déjà. Je peux en faire mon métier c’est une grande chance pour moi. J’ai pu travailler avec Manu Key de la Mafia K1 Fry, je travaille avec lui même aujourd’hui.

La Mafia K1 Fry ? Un retour du groupe est évoqué non ?

Joker ! *rires* Je ne sais pas. Peut-être, on verra bien.

Qu’est-ce qui t’as donné envie de travailler dans le monde de la musique ?

C’est en voyant mon grand frère mixer, je le voyais faire, j’ai commencé à utiliser des logiciels pour développer les idées que j’avais en tête. J’ai commencé à envoyer des prod’, ça a plu à certains artistes, j’ai voulu faire de ça mon métier.

dj-ken

Pour les apprentis beatmaker qui nous regardent, quel logiciel utilises-tu en particulier ?

J’utilise Fruity Loops la plupart du temps, c’est ce que beaucoup d’artistes utilisent. Au début ça paraît compliqué, mais à force de travailler, on a le logiciel en tête. J’ai passé des nuits entières à développer mes idées et réaliser ce que je voulais faire.

En observant le tracklisting, on voit beaucoup d’artistes différents, on passe d’LECK, à Kalash en passant par Niska. C’est très complet. Pourquoi ce choix ?

J’ai voulu apporter la touche artistique de chaque artiste qui apparait sur le projet. J’ai sélectionné des artistes que j’appréciais avant tout. Par la même occasion, j’ai voulu toucher un plus grand public. Tout est bénéfique pour tout le monde au final. Je n’ai pas choisi les artistes qui buzzaient, j’ai pris des artistes par rapport à leurs talents, et aussi à ce qu’ils pouvaient apporter au projet.

Tu présentes ton projet comme un album, beaucoup de beatmaker ont sortis des compilations, quelle est la différence ?

Je présente ça comme un album car j’ai appelé des artistes à faire des morceaux exclusivement pour mon album, même si ce n’est pas forcément commun, ça apporte quelque chose de plus personnel au projet. J’ai pu apporter ma touche à chaque extrait. J’ai plus voulu faire comme DJ Khaled pour mon projet.

Tu as fait la prod’ de « Salside », le dernier morceau de Booba…

Je lui ai envoyé la prod’, il a beaucoup aimé ! Le morceau ne devait même pas sortir maintenant, mais il était inspiré. Il a d’ailleurs clippé le morceau dernièrement.

Quels ont été tes influences musicales pour tes dernières créations ?

Young Thug et Drake. Ces deux là, ils m’ont retourné le cerveau. Ce sont des génies dans ce qu’ils font, dans mon album on retrouve quelques touches qui marquent ces inspirations. Franchement leurs derniers albums sont géniaux.

Et côté français ?

L’album « Nero Nemesis » de Booba m’a beaucoup inspiré aussi, il est très sombre. Booba, j’ai toujours aimé ce qu’il a fait.

Quels sont tes artistes préférés dans le rap français ?

J’ai réellement découvert le rap français avec « Ouest Side » de Booba, je mettais pris une grosse claque en écoutant cet album. Donc Booba incontestablement, Lacrim, Alonzo… J’écoute de tout donc au final j’aime tout le monde.

Il n’y a pas de place pour les clashs chez toi ?

Non, si il n’y avait pas de clash, le rap français serait encore plus fort qu’aujourd’hui. Si on prend l’exemple de DJ Khaled, dans ses clips, il arrive à réunir tout le game. Ça ne gène personne, et dans sa diversité, le rap américain ne s’est peut-être jamais aussi porté qu’aujourd’hui. On devrait prendre exemple sur eux sur ce point là.

Si tu préparais un second projet, s’inscrirait il dans la même lignée de « Tombecomboss » par rapport aux musicalités ?

Je ne pense pas, je pense qu’il sera un peu moins caribéen. J’essayerais de me tourner plus dans un délire Hip-Hop pour le second projet. Pour le premier album j’ai mis le côté caribéen comme un hommage à mes origines, c’était pour leur dire « je ne vous oublie pas ».

Comment on fait pour avoir une prod’ de DJ Ken ? Imaginons que je suis un jeune artiste, je commence dans le rap, je veux que tu me fasses une instru. Je dois contacter qui ?

Il faut contacter le management, sur tous mes réseaux il y a ma boîte mail (Managementdjken@gmail.com), il faut envoyer une demande, j’écouterais le travail que tu fais et si ça me plais, si j’aime bien ton délire et si je pense qu’il peut y avoir un bon contact entre nous, je peux te faire une prod’. Mais si je n’aime pas ce que tu fais… C’est plus compliqué.

Quel album attends tu le plus en cette année 2016 ?

L’album de Booba. J’espère que ça va arriver très fort !

Le fait de venir des Antilles est-il un frein important pour certains artistes pour partir à la conquête de la métropole ?

Oui et non. Je pense que tout dépend du langage que l’artiste choisit d’adopter. Si il veut absolument chante en créole, la barrière est évidente, s’il fait l’effort d’adapter sa langue aux auditeurs de métropole, il aura des chances de pouvoir se faire un véritable nom. On prend l’exemple de Kalash, il a fait le choix d’être très polyvalent au niveau de son langage, son nom commence a être répandu en métropole, alors que ça fait déjà plusieurs années qu’il est connu aux Antilles. C’est un choix artistiques avant tout, tout dépend de l’artiste.

Est-ce que la réalisation d’une B.O d’un film pourrait t’intéresser ?

Oui, pourquoi pas. J’ai fait une prod’ pour le film « La Pièce », celle avec Dry et Karlito, produit par Dawala, qui devrait sortir prochainement. Mais un exercice de ce genre pourrait me convenir dans le futur, c’est certain.

Un mot pour la fin de l’interview ?

Merci aux lecteurs de Vrairapfrancais, tout ceux qui me suivent, tout ceux qui me soutiennent depuis le début ou même récemment. Big up à vous !

Suivre DJ Ken sur les réseaux sociaux :

Facebook : Deejay Ken

Twitter : @djken972

Instagram : @djken972

POST TAGS:

chaves@vrairapfrancais.fr

Review overview