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« Foot et rap ? Je ne voyais pas le rapport… »

Vraiment ? Vous ne voyez pas le rapport entre foot et rap ?

Ce titre en dit long. Tiré du premier couplet du locksé Cheef, extrait d’un Rap Contenders (Hermano Salvatore/ Cheef – RC7), cette phrase m’a intrigué. Foot et rap ? Beaucoup de liens existent. Le football et le rap sont des milieux qui attirent énormément de convoitises et d’attentions de la part de la grande majorité de ses amateurs. Par ailleurs, les médias, les réseaux sociaux ainsi que nos footeux et nos MC, nous permettent d’admirer les relations plus ou moins étroites existantes entre les rappeurs et les artistes du ballon rond qui tissent sous nos yeux ébahis. Les rappeurs jonglent avec les mots, les footeux placent quelques virgules de temps en temps. Zoom sur les rapports et les inspirations entre les stars des stades et les stars des stud’.

« Matuidi Charo ! Matuidi Charo ! »

Comme vous l’avez sans aucun doute deviné, les hommages de rappeurs envers les joueurs de foot sont de plus en plus présents. L’une des révélations de ses derniers mois a été mise en avant grâce à une gestuelle particulière fortement inspirée par l’outre Atlantique (Skippa Da Flippa entre autre). Niska avait signé un clip nommé « Freestyle PSG » en compagnie de ses acolytes, La B  ainsi que Trafiquinté. En écoutant le début de ce son pour la première fois, tout ce passe bien, on bouge la tête, le morceau donne une ambiance instantanée dans nos esprits. Le son continue, et à la fin, qu’entendons nous ? : « Matuidi Charo ! Matuidi Charo ! Matuidi Charo ! etc… » accompagné d’une danse facilement faisable. Tendez vos bras à l’horizontale vers les côtés, penchez vous en avant, et dandinez vous de n’importe quelle manière. Quoi ? Vous le savez déjà ? On préfère vous refaire un petit speech, quand on a vu les questionnements de Bixente Lizarazu, et Frédéric Calange lors de l’interview de Blaise Matuidi à la fin du match France – Pays-Bas, on avait de quoi se poser des questions. Le milieu défensif parisien a tellement apprécié cet « hommage », qu’à chaque but de sa part, une avancée en direction du poteau de corner, tout en reprenant cette danse devenue culte est devenue O-BLI-GA-TOIRE. Mais à qui a le plus profité cette anecdote ? Niska ou Matuidi ? L’essonnien, bien évidemment. Tant de questionnements le jour où notre Blaisou national a entamé ce déhanché du feu de dieu pour la première fois. Les amateurs du PSG se sont interrogés (en tout cas ceux qui ne connaissaient pas Niska), des recherches se sont suivies, des conclusions se sont délibérés… Vous connaissez la suite, l’habitant d’Evry a pu grimper en notoriété, faire des collaborations plus qu’intéressantes, et surtout se créer une « fan-base » solide qui répond présent à chaque actualité de l’artiste.

« Danse comme un Charo ! Bendo ! Matuidi Charo ! »

 

Les réseaux sociaux, acteurs majeurs de ces collaborations

Booba, Gradur, Niska et tant d’autres sont les maîtres suprêmes de leurs propres réseaux sociaux. Facebook, Twitter, Instagram, Snapchat voir Périscope, tout y passe. Quoi de mieux pour un rappeur que de s’afficher avec des footballeurs ayant une notoriété confirmée ? Plusieurs effets suivent à cela : les fans du rappeur ou du footballeur découvrent la personne qui s’affiche avec son idole. cela reste assez bénéfique pour les deux parties, si tout est géré à bon escient. Des soutiens commerciaux lors de la sortie d’un projet quelconque, ou le soutien moral avant un match à enjeux, peuvent laisser croire à un réel contact amical entre le MC et le footeux. Les richesses de communautés s’affilient et font monter la notoriété des « stars ». Prenez pour exemple la relation entre Booba et Layvin Kurzawa, défenseur latéral du Paris-Saint-Germain. Le parisien devient de plus en plus présent sur le compte Instagram de Kopp.

Rendez moi mon #ouloulou bordel de merde!!! @kurzawa_20 j'vais trouver un autre truc c'est plus possible… #psg #92i

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Des inspirations géniales

« Punchlines de dingues, call me REDK de paname ! » clamait le parisien Abdallah dans son morceau « Allô la Terre ». Un parisien qui fait une dédicace à un marseillais, dans le rap c’est assez courant, mais dans le foot… un peu moins. REDK « est dans le maniement des mots négro depuis le collège ». Ses spécialités ? Les punchlines aiguisées et les jeux de mots efficaces à outrance. Prenez un thème comme « les joueurs de foot ». Essayez de sortir quelques jeux de mots qui se complètent sur le plan musical. Compliqué non ? Et pourtant le marseillais vous a présenté des dizaines de punchlines qui faisaient références à des noms de joueurs de foot. Très fin, très technique, le MC comorien se balade sur l’instru de manière aussi détendue qu’une petite virée sur le Vieux Port. De Thierry Henry, à Kaka, en passant par Gianluigi Buffon, sans oublier Djibril Cissé, les phrases s’assemblent et se complètent de manière fluide. Extrait de l’album en collaboration avec Soprano, intitulé E=2MC sorti en avril 2012 (l’année d’un Euro catastrophique pour la France, co-organisé par la Pologne et l’Ukraine), le morceau « Simple Constat 5 » ravira votre amour pour le rap et le football. Et mention spéciale à Dinos Punchlinovic, qui a aussi fait un excellent morceau dans le même genre. 

« Plutôt que traîner rêver de sale Rolex et faire du son
J’aurais préféré être entraîné par Sir Alex Ferguson.
Je vois d’ici ce qu’il faudrait faire,
Aller au charbon sans faire de blablas,
En gros retrousser ses manches et s’taire »

 

Clashs en tout genres…

L’un des clashs ayant le plus marqué le rap français, vous le connaissez déjà. BoobaRohff, deux grands noms de ce « rap game », qui nous offrent un « combat » sans repos depuis maintenant quelques années. Suite à une histoire que l’on a même pas envie de se remémorer. Les deux rappeurs se rendaient les coups sous des morceaux à but purement offensant à l’égard de « l’adversaire ». Et, même dans cette spécialité bien particulière, le monde du football était mis en avant. Lorsque le Duc de Boulogne avait sorti le son « AC Milan » en 2013 en mettant en avant une phase « Pour eux y’a plus d’espoir, rouge-noir. Kopp A.C. Milan, j’fais le bilan. Plus violent que du MMA, qu’une double frappe de Benzema« . Toute une histoire (assez ridicule) s’est suivie autours de ce club en cherchant à se montrer auprès des grands noms des Rossoneri, avec Mario Balotelli notamment. Nous avons pu assister à la naissance du célèbre hashtag « #JePeuxPasJaiPingPong » sur les réseaux sociaux, suite à une vidéo plus gênante qu’autre chose de notre ami Housni Mkouboi, avec tout le respect que j’ai pour Rohff, qui mettait en avant une rencontre entre l’enfant terrible du football italien, et le comorien. Cela reste des réactions assez étranges de la part des deux artistes. Allez voir un match de l’AC Milan ensemble et tout sera réglé.

« Bienvenue en 2013, Kopp A.C. Milan, j’fais le bilan
J’suis venu mettre les tibias sur les « i », craint comme l’Iran« 

 

« Tu fais le signe Jul ? Mércééé »

Je m’excuse d’avance de parler de choses qui fâchent nos amis marseillais en ce moment. Mais sur ce coup là, je n’ai pas vraiment le choix. L’Olympique de Marseille, a d’innombrables joueurs au potentiel plus qu’intéressant. Mais cette saison, ce n’est pas vraiment ça…Plus proches de la Ligue 2 que de la Ligue des Champions, les sudistes ne montrent pas vraiment ce qu’ils savent faire de mieux. Récemment, un très bon article de SoFoot m’a intrigué : Comment Jul a ruiné la saison de l’OM (à prendre au treizième degrés bien évidemment). Alors, lorsque l’on voit Rémy Cabella et Romain Alessandrini fêter leurs buts avec le fameux « signe Jul », c’est à ce moment là que l’on voit le réel impact qu’à le rap sur la vie sportive et extra-sportive des footballeurs, semblable au « Matuidi Charo » cité précédemment.

Les joueurs marseillais sont très actifs autour du très productif Jul. On a pu le voir récemment avec une invitation adressée à Benjamin Mendy, défenseur latéral du club à l’étoile sur l’écusson, sur le morceau « Qu’est-ce qui se passe », sorti fin 2015, d’où est né le désormais mythique « Mércé ».

« Alcool et gadjis (mercé)
Location de bouteilles (dis mercé)
Consommation gratuite (dis mercé)
Benjamin Mendé (mercé) »

« Rendez nous le Parc ! »

Le rap et le foot c’est aussi un histoire de « manifestation ». Sur le dernier projet de Jazzy Bazz, P-Town, une ode au Parc avait été lancée avec un refrain prônant « Rendez nous le Parc ! ». Ex-abonné, du Parc des Princes, le rappeur parisien a résilié son abonnement suite  à l’interdiction des ultras, Boulogne, Auteuil et compagnie, d’assister aux matches de leur club favori suite à de nombreux conflits entres les différentes associations de supporters. Désormais, vous avez plus de chance de croiser ce putain de Jazz avec une casquette du Paris FC, qu’un maillot du Paris-Saint-Germain. Le morceau « Ultra Parisien », a un but précis. Celui de montrer qu’un grand club ne peut pas exister sans un grand public. Plus proche d’une ambiance de bibliothèque que du Chaudron, le PSG a vu ses magnifiques tifos ainsi que ses chants grandioses se perdre au fil du temps. Dommage, que ce club n’ai pas des spectateurs et une ambiance à la hauteur des moyens investis par les qataris.

« On a vu défiler joueurs et dirigeants, le stade on l’a toujours fait vibrer,
Et ce bien avant les Zlatan, bien avant que préside Nasser.
J’te jure qu’il y avait plus d’ambiance à l’époque de Francis, Llacer »

 

Un club à encourager !

Comme Jazzy Bazz l’a expliqué précédemment, l’âme d’un club réside dans la ferveur de ses supporters. Les deux clubs les plus appréciés en France sont naturellement l’Olympique de Marseille et le Paris-Saint-Germain. Et pour ces deux clubs, deux icônes, et fervent fans de leurs clubs ont partagé un chant en hommage à leur équipe préférée. La Psy4 de la Rime a choisi d’écrire des paroles, digne d’un véritable chant de guerre ! « En avant les marseillais » fait office d’hommage pour le club de la Canebière. Et Rohff a lancé le morceau « Paris », en hommage à la capitale parisienne et à son club. Les supporters l’avait scandé sur les Champs-Elysées lors d’une célébration de trophée. Ces artistes rassemblent les communautés ayant la même passion, et défendent leurs couleurs de manière pacifique. Quoi de mieux pour un supporter d’entendre son(ses) artiste(s) préféré(s) représenter fièrement sa passion ?

« Accueille tous mes gars au Stade car voilà l’équipe marseillaise
Psy4 pour l’OM au cas où ce soir ça se gâte
Gardien de Notre Dame de notre ville comme Barthez »

« On supportera le PSG, même relégué ! »

 

Quand les footballeurs prennent le micro

Quand les footeux passent au studio pour présenter un couplet, généralement on s’en souvient. Youri Djorkaeff avait fait un morceau nommé « Vivre dans la lumière », Basile Boli avait prêter sa voix pour introduire le morceau de Doc Gyneco, « Passement de jambes », et Karim Benzema avait participé au son « Fais moi la passe », en collaboration avec Rohff, extrait de l’album La Cuenta sorti en 2010. C’est le dernier son cité que l’on retient le plus généralement, le texte parle énormément de football, et on retiendra le « faut qu’j’perce, transperce, les filets du Barça » qui s’est avéré être vrai lors du dernier Clasico. Karim, tu as un bien meilleur niveau en football qu’en rap, mais le duo était plutôt sympathique.

« Sans cesse que j’presse, fais moi la passe là
On soulèvera la coupe, check ça
Ce soir on fête ça ! »

 

En conclusion, on peut dire que les liens entre le football et le rap sont plus que nombreux. Mais la principale optique est de rassembler des peuples, des communautés qui ont les mêmes centres d’intérêts, les mêmes passions. Ces deux « art de rue » sont facilement accessibles et divertissent les plus amateurs de ces grands mondes. Ces activités sont faites pour distraire, et non pour créer des conflits. Bon, je vous laisse, j’ai le match du dimanche soir à regarder en écoutant le dernier album d’Ol’Kainry.

chaves@vrairapfrancais.fr

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