Le festival Hip Opsession, à Nantes, a connu une véritable révolution pour sa 15ème édition. Depuis plusieurs années, les concerts du festival s’échelonnaient sur plusieurs semaines. Désormais, le festival tient en deux soirées seulement. Cette année, il se nommait Hip Opsession Reboot.

Pour ce nouveau format, l’édition 2019 avait vu grand, en invitant plusieurs artistes. Le hip-hop international était à la fête. Et forcément, de nombreux rappeurs français avaient pris rendez-vous avec le public nantais.

Dans les environs de 8 000 personnes se sont déplacées à Transfert, un lieu emblématique de la culture underground nantaise. Au milieu de géants conteneurs et de mobiliers des années 80, trois chapiteaux de différentes tailles se sont érigés. Le tout camouflé de rose, la couleur du festival.

 

 

Vendredi, 17h, il est temps que la fête commence. Pour VRF, la programmation du week-end sera exclusivement dédiée au rap FR, logique. Alors on commence avec l’ovni de Saint-Etienne : Zed Yun Pavarotti. Le jeune rappeur, “droit comme i” et peu mobile sur scène, fait face à un public de novices. Rares sont ceux à connaître ses chansons, ici à Nantes. Et pourtant, la vibe semble conquérir tout le monde.

S’en suit un show avec Lefa. Ce dernier enflamme le deuxième plus grand chapiteau, avec ces tubes Paradise et Bitch. Séance émotion et bons souvenirs, quand le lyriciste se lance dans un cosplay des meilleurs tubes de la Sexion d’Assaut, son ancien groupe. Plus tard dans la soirée, on le recroisera au milieu de la foule. L’occasion de discuter avec lui sur sa participation dans le Stade de France de Gims. « C’était ouf de faire ça avec mes frères. »

Pour VRF, la suite se passe au petit chapiteau, où se succèdent des jeunes rookies du game. Lala &ce puis Moka Boka font leur boulot devant un public qui les découvrent. Les deux shows nous emmènent sur la fin de soirée. On passe vite fait par la scène Mouv’, où la radio retransmet en direct le live du festival. Puis il est venu le temps des quatres compères de Sevran : 13Block.

Véritable tête d’affiche du festival, le groupe a enflammé le grand chapiteau. Turn up assuré, le public est conquis. La fin se passe de commentaire, l’ambiance est démoniaque quand les sirènes du 17 se font entendre. On vous laisse imaginer la suite du bazarre. Un titre qui marque la fin de la première journée. On est remontés à bloc, mais il est temps d’aller au lit.

 

 

Samedi, même heure : démarrage à 17h. La journée débute avec le duo Skow & Také. Très peu connu, les deux rappeurs dévoilent une discographie de qualité. On valide. Le Belge Isha est ensuite au programme. Le Bruxellois envoie une véritable claque. Avec une grosse prestance sur scène, Isha affirme sa montée en puissance. On retrouve ensuite 404Billy, accompagné de son ami Blaz Pit. Les deux hommes chantent leur feat 404 Freestyle, un succès moindre face à RVRE, le fameux feat avec Damso.

La soirée avance. Il est temps de se diriger vers la grande scène pour le concert de Demi Portion. Le sudiste amasse une marée humaine sous le grand chapiteau. Un show XXL pour un artiste qui déborde d’amour pour le hip-hop. Une heure et demie de bonheur. Le rappeur balance ses classiques et rappe sur les prods qui ont marqué l’histoire du rap. Sur la fin, Demi P tease son futur projet, prévu pour le 17 janvier, en nous jouant un très beau morceau, produit par le pianiste Sofiane Pamart.

 

 

Place au parisien Davodka pour la suite de la soirée. Toujours aussi rapide et percutant. Enfin, un choix cornélien s’impose pour le dernier créneau du week-end : Georgio ou Makala. Ce sera le premier pour nous. Un show de qualité, mais le public semble fatigué comme le signale l’artiste. 

Et pour cause, la journée du samedi aura été un véritable marathon. Les concerts se sont très vite enchaînés. Il est temps de quitter un festival qualitatif pour sa première édition. On a déjà envie d’y retourner pour la prochaine édition, en espérant voir un peu plus de buvettes. On vous a épargné les queues interminables dans ce reportage…