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Écoute ça : Dinos Punchlinovic feat. Nekfeu – Bouchées triples

Retour cette semaine sur un morceau issu de son EP L'Alchismiste

A l’occasion du grand retour de Dinos plus connu sous le nom de Dinos Punchlinovic avec Flashé premier extrait d’Imany, son futur album tant attendu, nous allons nous poser sur un son que j’ai beaucoup saigné durant mon année de 5e au collège. Dans ce titre à la cover illustrée par les célèbres quatre tortues ninja se partageant une pizza, c’est aux côtés de Nekfeu que le rappeur de La Courneuve partage le mic pour mettre les Bouchées Triples dans son premier EP L’Alchismiste.

 

Comme dans beaucoup de ses textes, il rappelle ici dès la première phrase que c’est la nuit qu’il donne vie à sa plume : « J’passe mes nuits à fignoler des sons ». C’est avec un égotrip bien manié que Dinos utilise l’expression « se faire une ligne de coke » pour illustrer avec ironie la puissance de ses textes : « J’lâche des rimes cleans en freestyle, les victimes hurlent, on m’appelle « 0.9 » : j’ai des lignes qui tuent ». Il en profite même pour faire allusion à Booba : « Paraît que j’prends d’la cess’, paraît que j’suis en prison, paraît que j’suis bouddhiste » ; phrase quasiment similaire à celle de b2o dans Gun In Hand : « Paraît que j’prends d’la cess, paraît qu’j’suis en prison, paraît qu’j’suis juif ». S’ensuit un petit de jeu de mots entre les pièces du jeu d’échec et l’échec en tant que déception : « J’vis dans une tour de fous, on est condamnés à l’échec #Kasparov » ; Il fait notamment référence à Garry Kasparov, champion du monde russe des échecs pendant 15 ans. Il finit avec finesse son complet par : « Les MC comme moi, y’en a un tous les cent ans, et si tu fais la sourde oreille, on n’pourra jamais s’entendre » ; petit liaison entre « sourde oreille » et « entendre » qui laisse penser que Dinos est là pour se faire une place parmi le rap game malgré de vos avis positif ou non.

 

 

Dans son complet Nekfeu attaque d’entrée, comme il sait tant bien le faire, avec une allitération en -d : « Bouteille d‘eau de vie et j’sens ma tête dodeliner, merde, raide sur le lit, je ressasse des drôles d’idées » ; en enchaînant avec une autre allitération en -m : « Pour me vider de ces milliers de milice que j’ai vus minot, mais le mal est mêlé à mon âme, j’suis peut-être un peu schizo, man ». Mentionnant ensuite la chaîne de fast-food qui est ouverte sept jours sur sept toute la nuit : « La nuit on s’nourrit grâce à Paris Sandwich bitch » ; Il montre qu’étant issu du 15e arrondissement, Nekfeu est un adepte de Paris Sandwich comme bon nombre de parisiens. Pourtant il reste peu probable de le croiser car : « Apparitions rares comme de voir ma ville sans vils-ci » ; Il laisse sous-entendre qu’en mission les policiers se baladent en civil dans les rues de la capitale. Le rappeur aussi appelé Nek le Fennec ne manque pas de faire un clin d’œil au groupe de Dinos (composé de Luidji, Beeby, Houss Wayss, FSS & Tuerie Balboa ou de beatmeaker comme Napyd) qui l’accueillent en studio pour enregistrer ce morceau : « Freestyle mystique en direct de la Capsule-Corp » ; par ailleurs le nom éponyme de ce collectif fait lui-même référence à l’entreprise familiale de Bulma dans Dragon Ball Z. Nekfeu se permet également un jeu de mot : « Je n’vais pas jouer l’bandidos même sous Desperados » ; ainsi il dit qu’il ne se la joue bandit même après avoir bu la bière signifiant elle-même hors-la-loi. Il finit humblement son couplet en rappelant que Dinos tout comme lui travaillent pour gravir cette ascension en dépit de toutes les critiques : « Je fais qu’grimper comme Dinos, nous, on baise tes ragots ».

 

 

C’est dans un refrain fortement inspiré des célébrés Princes de la Ville de la 113, que Dinos et Nekfeu se renomment les Princes de la Rime pour montrer leur détermination de vouloir faire de leur passion leur métier : « On est jeunes et ambitieux, super vicieux, quoi qu’il arrive, on sera les Princes de la Rime vieux ». C’est en ajoutant : « Fuck les vicos, c’est le Dinos et le Nekfeu, on met l’niveau, espèce d’idiot, c’est le next level » ; qu’évidemment ils veulent faire du rap leur taff, mais en plus de ça ils viennent clairement pour bousculer et changer toutes les pseudos convenances du rap game.

 

Depuis cette collaboration, il n’y a pas à dire : leur but est atteint. Nekfeu ne cesse gravir les échelons dans le rap français avec des chiffres exorbitants de ses vente , et même récemment dans le cinéma le fennec se fait une petite place. Pour Dinos, c’est certains changements de maison de disques et son besoin de transparence le poussant vouloir produire un album qui le retranscrive réellement qui ont retardés la complète conquête de cette objectif, Imany sera peut-être enfin l’étape finale.

Chahinaz@vrairapfrancais.fr

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