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CHRONIQUE : VALD – NQNT2

2ème volet du projet loufoque de Vald

Il a 23 ans, vient d’Aulnay-sous-bois dans le 93 et s’est fait remarquer grâce à ses nombreux freestyles ou collaborations diverses et variées : Vald, c’est la connerie et l’arrogance, et nous en avions eu une belle palette lors de la sortie de NQNT en 2014.  Et il y a quelques semaines, le jeune rappeur vient de nous offrir  la suite, NQNT2. Ni Queue Ni Tête,  tout est dans le titre : il ne va pas falloir chercher grand chose, et c’est assez gênant quand on se lance dans une chronique. Malgré tout, je pense sincèrement que derrière sa connerie horripilante, Sullyvan est plus intelligent qu’il n’y parait. Pour preuve, certains crient même au génie ! Vald ose, Vald assume, Vald s’en bat les c*** : en plus de sa technique, de ses textes aussi trash que véridiques, il a le don de nous surprendre, de nous prendre au dépourvu. Tâchons de chroniquer ce 2eme volet comme il se doit : une bonne bouteille, la sextape d’une peudo star de la télé-réalité si je dois prendre une pause et mon ours en peluche en guise de doudou au cas où cette écoute m’ennuie…

 

1 / Retour : « Je reviens comme Shoomy : sur les chapeaux d’roue, sur les Champs, dans les chattes soumises et les charts pourris » Tout est dit : Vald revient, plus virulent que jamais ! Une prod entraînante, un flow sur la même tendance, une réelle énergie : une vraie attitude comme sur une impro superbement bien maîtrisée. Du Houellebecq en pont, pour bien enfoncer le clou au cas où on ne savait pas encore sur qui on était tombé en achetant ce projet « J’accepte ma supériorité avec calme… » On est dedans, très bonne intro.

 

2 / Bonjour : J’ai écouté ce titre cet été, en essayant de comprendre (en vain) ce que Vald voulait dire : je n’ai toujours rien compris mais en tout cas, malgré ma politesse habituelle, mes salutations sont nettement plus insistantes dorénavant, on ne sait jamais… Une prod qui fait planer (déja utiliée par Fababy sur son titre « C’est fini« ), un texte absurde comme jamais, un clip sur la même lancée : un très bon package !

« Il a pas dit «bonjour», du coup il s’est fait niquer sa mère ! »

 

3 / Infanticide feat Suikon Blaz AD : « Meutre d’un enfant, particulièrement d’un nouveau-né » telle est la définition du mot « infanticide »… Vald et Suikon prennent un bon angle pour en parler : le meurtre de l’enfance, de l’innocence par la société en générale… Le sexe à profusion, les armes, les lois, les médias, la drogue pour fuir la réalité « Et fumer des spliffs : tu diras que tu niques l’État mais c’est lui qui te biffle, oui ! » Un texte noir, glauque mais assez véridique, le tout sur une prod au piano assez merveilleuse !

 

4 / Quidam : « Individu quelconque » le rappeur en parle avec sarcasme, comme il en a l’habitude : les gens d’en haut et les gens d’en bas, cette élite qui fait des choses assez sales quotidiennement « Gére une fillette en Thaï, même une p’tite qu’est sans faf […] Qui va crier «miskine» ? » qui se fout du reste de la population « Attention, c’est pas qu’on se fout de nos gueules : c’est juste qu’on existe pas » Blasé, grinçant : Vald dans toute sa splendeur mais je ne rentre pas plus dedans…

 

Nichon : Un morceau caché ! Avec un titre assez fabuleux ! Une prod empruntée au classique pour traiter le sujet de la prostution, cet écart est sympathique : « Nichon » est une femme avec de magnifiques atouts et elle le sait : en quête d’amour, elle ne trouve que cette manière pour attirer les hommes, qui la payent généreusement pour ça, jusqu’à la prise de conscience de sa situation… « Sache que la mère Nichon a perdu son âme »

 

5 / Cartes sous l’coude : « Tous ces pantins font de la pop à chier, même pire : ils péra comme des brosses à chiotte. Je te dis :«Ça m’dérange assez, Frère : faudrait leur chlasser l’aorte ! » Radicalement violent ! Son ton est mielleux et tellement désinvolte, son flow s’en ressent : c’est plaisant. Vald a « d’autres cartes sous l’coude » : quoi qu’il se passe, il retombera sur ses pattes « J’ai de l’imagination, les autres ont du tulle gras » Le 3eme couplet est moins fort que les deux autres, c’est dommage…

 

6 / Urbanisme : Deux couplets pour deux personnages différents : une vieille et une jeune personne. Éternel conflit intergénérationnel où les deux se rejettent la faute : l’un est nostalgique de son quartier d’avant où il faisait bon vivre « A mon époque, y’avait des blocks mais ces blocks, ils étaient propres : y’avait des fleurs, y’avait des portes », l’autre en veut à ses aînés d’avoir laissé se dégrader le quartier « Excusez-nous Mesdames, mais c’n’est sûrement pas nous ces dégâts… » Les deux couplets se finissent par « Ah si seulement j’étais riche ! » comme un point de convergence : les deux seraient mieux ailleurs.

 

7 / Selfie : Mon coup de coeur de l’album, peut-être même mon coup de coeur de Vald : j’ai écouté ce titre en boucle, et c’est même « Selfie » qui m’a fait précommander le projet ! Un vrai piège, ce son : déjà, la mélodie est douce et jolie, elle rentre en tête. Tout comme le refrain « Mais on fait des selfiiiies, en bisou sur la joooue : elle me surnomme «Chériiii» et parfois «Mon Amoooour» ! » Et ce texte, tout en délicatesse et en trash « Elle aimerait bien s’faire violer mais pas complètement violer » Les ambiances sont dingues, son rôle de femme aussi, les 3 clips surtout le #3 sont complètement oufs, le « thug » en début de morceau est assez parfait : il fallait oser et ça fonctionne, un hymne à l’amour version 2.0

« Mais on fait des selfies en bisou sur la joue ! »

 

8 / Barême : Un son tout en technique, en allitérations et assonances « Un album, j’mets la gomme, j’ai la botte et la bonne : j’élabore des raps hors normes ! » Des rimes improbables « Pour mes cas d’école, j’accours : j’ai d’l’amour en carrousel » Sur le couplet 3, on va de Mimi Mathy à Laure Manaudou en passant par BHL : un gros bordel sur lequel on bouge la tête mais quand on tend l’oreille, ça ne veut rien dire, un « barême insensé » tenu par les reptiliens.

 

9 / Taga : Le meilleur son du projet pour ma part : une prod d’une lourdeur, du flow, de la technique, une attitude, un Vald toujours aussi perché mais avec une réelle présence « J’pige que t’as la haine, la ramène pas des masses ou ta pétasse va ramer sous l’bide de V.A.L – D comme Défoncé : j’dégomme l’énoncé » J’aime vraiment ce Vald sous taga, jusqu’à la fin même, alors que ses propos commencent à être incompréhensibles.

 

Poisson : Je me doutais bien que les substances prises par Vald étaient de qualité exceptionnelle mais là, j’en suis convaincue : son taga doit être extraordinaire ! Que dire de ce titre ?! Que dire de ce titre, ahahah…

 

10 / Promesse : « Non Maman, j’me drogue pas, non Maman, j’me drogue pas… » Florilège de mots et de pensées, en pleine redescente : ça se tient. Un flow assez lent, ça part dans tous les sens « C’est vrai qu’éméché, j’ai pêché mais j’ai jamais prêché sur les quais du TGV : c’est ça d’moins sur mon CV » Toujours une aussi bonne technique, je bouge la tête sur cette prod aérienne mais j’ai clairement du mal à suivre le message…

 

11 / Joffrey : Vald énervé sur une prod en totale adéquation ! Pour les sériphiles, ce titre est en référence à Joffrey Baratheon (Lannister), personnage cruel de Game of Thrones. Le texte est fou « J’aime leur piétiner l’crâne, j’aimerais – j’aimerais l’filmer mais c’est illégal… » La statégie du Mac Do est pas mal non plus, hihihi ! « Mort à tous nos ennemis, que le monde soit joli, que l’on soit tous des frères : tant qu’c’est moi qui domine ! » Merveilleux !

 

12 / Orgre : On se pose pour cette fin de projet : le ton est sérieux et sombre… La prod est mélancolique et triste. À la base, ce titre est un freestyle que le rappeur avait posté une veille de nouvel an d’où les répétitions de « ce soir » à chaque début de phrase. Un texte amer pour une soirée de fête, j’aime Vald pour ça : il est en perpétuel décalage « Ce soir est comme les autres soirs : noires sont nos lueurs d’espoir de voir un jour la joie dans le regard de l’autre en face »

Il faut être dans un certain état d’esprit pour apprécier le travail de Vald, surtout pour écouter un projet du début à la fin : c’est comme un électron libre, il n’a pas de limite, ça part dans tous les sens, il n’a pas de filtres. Et c’est en ça que j’aime son travail et son personnage : il dérange et ne laisse personne indifférent. Vald est singulier : ses idées sont hallucinantes de connerie mais sont bien maîtrisées. Le projet est bon pour cela, je trouve que le rappeur a su jouer entre ses différentes facettes : sérieux et complet dans la forme et totalement décompléxé dans le fond. Bon projet que je vais réécouter avec plaisir.

 

NOTE : 15 / 20

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