Home / RAP FR  / Chroniques  / CHRONIQUE : TAKE A MIC – BIPOLAIRE

CHRONIQUE : TAKE A MIC – BIPOLAIRE

Zoom sur "Bipolaire", le dernier EP de Take A Mic

15442383_1989056037988109_8649537230739698256_n

Habitué de la scène et du public, membre d’Eddie Hyde, accolyte de longue date de 3010 et Pesoa; Take A Mic avait éclos en 2011 avec les mixtapes : Mauvaises habitudes vol 1 & 2. En 2013, nous le retrouvons en collaboration avec Dj Battle, le dj officiel de La Fouine, sur le projet « Résolutions », la suite logique de celui-ci : « Convictions » arrivera quelques temps après. En 2015, le rappeur grandit et se confirme avec le projet « Evolution » sur lequel il invite notamment Sadek et Sneazzy. On se souvient du morceau « Garde des distances » avec Sadek. Le projet s’accompagne d’une surprise et pas des moindre, un autre mixtape significative : Mauvaises habitudes vol 3, on y retrouve une cascade de freestyle et remix, tous plus puissants les uns que les autres. Le jeune Orlysien que l’on ne présente plus dans le paysage, fait aujourd’hui un retour double face avec un projet « Bipolaire », un EP 6 titres qui était au coeur des débats lors de la dernière émission du #VRFShow, le 10 Janvier dernier où il était notre invité. Passons à l’écoute!

 

1/ Bipolaire : Comme pour son complice 3010 sur son album Nemo, on démarre l’EP avec le morceau éponyme! On amorce ce premier titre sur une prod assez progressive signée Twinsmatic, les basses font bouger la tête, l’ambiance se propage, c’est efficace. Take-A-Mic surgit sur l’instru avec un flow qui colle à la prod, assez agressif dès le départ, on connait un ralentissement de « crise » avec un refrain qui fait office de prophylactiques de phase, -c’est un des traitement de la bipolarité-. Pour le thème, le rappeur aborde la toxicité du milieu, le côté soporifique et la gangrène de l’argent autour de la musique. Il nous fait part de ses humeurs et de sa foudre quant à cela. Très bon morceau.

 

2/ El Nino Terrible : Premier extrait de cet EP qu’on connaissait déjà, l’enfant terrible s’exerce sur un ego-trip acerbe. La prod est d’une lenteur insoutenable, l’ambiance est préoccupante. Je ne peux pas dire que je suis fan de ce titre, mais je suis encore convaincue par une prod signée Twinsmatic & Shabz Beats.

 

 

3/ Hombre : Sur ce 3ème titre, moi l’hispanique de la bande, je relève encore l’utilisation de ma langue, c’est vrai que ça donne toujours un côté « crapule du peuple »-Je dois avouer- Sur ce titre, je me retrouve complètement dans l’ambiance « Eddie Hyde » que j’ai l’habitude d’apprécier, la prod est légère, le rappeur très virulent sur les couplets, qui secouent, puis plus doux sur les refrains, on se repose enfin. Je suis séduite.

J’vais baiser ta pute avec sa réput’
Demande pas si Eddie Hyde ça recrute

4/ Blessure d’amour : On passe au morceau « douceur » du projet, Take A Mic aborde le thème de l’amour et nous fait part de ses (mauvaises) expériences, et notamment du fait d’être « un p’tit batard »non je déconne, plus sérieusement- c’est qu’il n’est justement pas toujours très sérieux avec les filles. Musicalement on se retrouve sur une balade qui nous porte et s’adapte plutôt bien au thème mais finalement -je reste assez sceptique- je ne suis pas emballée. Le plus important sur ce morceau restera le thème, on peut facilement s’identifier, –bien qu’on connaisse ce schéma assez classique du gars déçu qui n’en fait qu’à sa tête-, en tout cas, c’est du vécu, c’est certain.
 
5/ Dernière minute : On a fini de flâner avec les histoires de coeur, on se réveille sur le morceau « Zumba » comme pourrait le dire gentiment notre communauté préférée. Je dois dire que les choix sont très surprenants un peu à tous les niveaux : une manière assez particulière d’exploiter le beat, une prod assez spéciale elle aussi, on est pas habitué. Je ne sais pas quoi penser. Le thème, comme l’indique si bien son titre : on parle des aiguilles qui défilent sur le cadran de nos montres. Après 3-4 écoutes, le rythme s’empare de mes synapses, c’est cool.
 
6/ 4 Vérités : C’est déjà la fermeture du rideau, Take A Mic nous réserve le meilleur pour la fin. Ce morceau s’articule autour d’une grosse prod de Mr. Punisher et un couplet clivant, le rappeur semble retenir son souffle pour nous balarguer –ce mot n’existe pas, je sais bien- un truc dans nos figures, pour être poli. La prod progressive tient des promesses à la hauteur de son producteur. Le thème ? La performance et le parcours du rappeur, la mentalité est claire, on-ne-lâche-rien, qu’importe les « on-dit ». Je suis fan de ce morceau, il est puissant.

Il m’faut de l’oseille et ta conjointe sous mes draps
Le regard de mon père m’empêche de baisser les bras
 

Je termine ce projet l’esprit chamboulé, je ne sais que penser de l’ensemble, c’était plutôt appréciable, mais en même temps je reste sur ma fin, probablement le format 6 titres qui laisse peu de marge de manoeuvre. Côté prod c’est très positif : on bouge la tête et on change d’ambiance. Coté technique il n’y a rien à dire le rappeur fait un travail de rythmes et de flows intéressants et variés. En revanche, je reste très peu touchée par le message et les thèmes évoqués tout au long de la trame. La trame ?  Parlons-en, il n’y en a pas vraiment en fait, je n’arrive pas encore à cerner ce que Take A Mic souhaite nous confier à travers sa musique. Le fruit a peut-être encore besoin de mûrir un peu ?

13/20

 

 

 

Loukoum@vrairapfrancais.fr

Review overview
NO COMMENTS

POST A COMMENT