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Chronique : Taipan – P.A.N

Chronique de «P.A.N »

Taipan est un rappeur que j’ai découvert lors de la troisième édition des Rap Contenders en 2011. On avait pu déjà observer la finesse et la force des textes de Taipan lors du RC qui l’opposait à Deen Burgbigo, un duel qui restera dans les mémoires tant il était difficile de les départager. Après cela, j’ai continué à suivre Taipan, avec le projet « Court-circuit » en 2012, que j’avais trouvé excellent, notamment sur le titre phare « Cramme un gramme ». Jusqu’aujourd’hui Taipan était un artiste de la signature Bomayé, on le retrouve d’ailleurs plusieurs fois en collaboration avec Youssoupha. Mais après 2 ans d’absence, Taipan quitte le label pour voler de ses propres ailes. Aujourd’hui il revient avec un EP 6 titres, un retour timide, mais néanmoins mystérieux qui s’accompagne d’un code barre et d’un oeil scrutateur sur la cover. À vos oreilles les franc-maçons!

 

1. P.A.N : On commence le projet avec un titre musicalement assez original, des notes de guitare électrique, un piano, un rythme lent, une ambiance froide. Et là, on retrouve la marque déposée de Taipan, l’amusement autour des mots et références en tout genre. Quelques phases pour le plus grand plaisir de votre lecture : « J’suis pour l’égalité des richesses, j’ai une âme de Coco, J’suis pour l’égalité des sexes, j’veux la même que Rocco » ; « La putain d’sa mère, j’me sens bien comme un putain de parkinsonien dans un tremblement de terre ». Je suis pas particulièrement fan musicalement mais j’apprécie le texte.

 

2. PPR : C’est une nouvelle ambiance que nous offre Taipan, beaucoup plus actuelle, le débarquement des américains est à retrouver tout de suite dans la musique de Taipan. J’apprécie beaucoup, beaucoup et beaucoup. Les différences de rythmes du flow s’enclenchent dans la prod. Dans ce titre Taipan nous expose sa détermination, le bonhomme veut grailler le monde, en contradiction avec l’expression « PPR ». C’est sympathique!

 

3. Attiré par le vide (ft. Deborah Lehnnen) : Ce titre me fait inlassablement penser au titre « Bonne année » sur « Court-circuits » où il met en scène son suicide, ici Taipan est attiré par le vide, encore une fois… Cependant ce son ne traite pas du tout de la même thématique. Taipan parle des filles, il est attiré par les filles « vides ». Ici il se réfère à la complaisance qu’ont nos amis les mâles à enchaîner les relations sans lendemain, pas besoin de fond, la forme suffit (ou les formes pour le coup). Taipan fourni deux couplets assez légers, le reste du titre c’est une jeune femme qui habille le tout au chant. Je suis pas fan de ce morceau sincèrement.

« T’es tout ce que je veux pas devenir, mais il paraîtrait que les opposés s’attirent »

 

4. Combien de frères : Ici Taipan fourni une nouvelle ambiance, plus sérieuse, le thème de l’amitié s’installe au centre du titre. Taipan s’attaque à une thématique qui, encore une fois, touche un grand nombre de personnes. Les potes partis, changés, oubliés, perdus et j’en passe. La question de l’amitié sincère et durable reste en suspend. Musicalement on retrouve aussi sur ce titre des touches de guitares, je ne suis décidément pas fan de cette ambiance. J’dois être une meuf trop funky. Cependant j’apprécie encore une fois la force/finesse des textes de Taipan.

 

5. Survole : Musicalement j’suis décidément pas convaincu. Sur ce titre Taipan traite de l’actualité politique du moment, au programme : élections, Daesh et burkini. Taipan met en avant le fait que la frénésie médiatique ne lui pollue pas l’espace vital, il s’en bat « clairement les couilles ». C’est à mon sens et à notre époque, une force de ne plus céder à l’hystérie ambiante et la proportion de toute forme d’actualité. D’où le titre « Survole ». C’est vraiment dommage que la prod ne me plaise pas.

 

6. Chaise longue : Ah tiens, l’instrumental me plait! C’est doux et lent, comme à mon habitude, j’y accorde de l’importance. Pour terminer ce projet Taipan aborde le thème de la fin du monde, adepte de la philosophie Taipan introduit dans la musique sa vision de la vie et son questionnement, je vous assure que ce n’est pas la première ni la dernière fois que Taipan s’y exerce. C’est cette vision « galactique » des textes que j’apprécie chez lui.

« Le jour de la fin du monde, je serai dans ma chaise longue; je prendrai mes dernières secondes pour admirer le spectacle »

Et bien je termine sur un sentiment mitigé. Définitivement pas convaincu par la musicalité de ce projet, je reste sur ma faim avec des titres qui ne durent pas plus de 3 minutes et un projet très court. Cependant, Taipan n’a rien perdu de la force de ses textes et de la nonchalance légendaire qu’il communique à travers eux. Dans chaque titre on retrouve une thématique et c’est plaisant, on ne s’ennuie pas.

11/20

Loukoum@vrairapfrancais.fr

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