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CHRONIQUE : SNEAZZY – DIEU BENISSE SUPERSOUND, VOL. 2

Chronique du dernier EP du membre d'1995

A peine cinq moins après le premier volume, le rappeur parisien a dévoilé le vendredi 10 mars son deuxième EP de la série Dieu Bénisse Supersound. Chroniqué par VRF, l’opus qui a lancé la série était satisfaisant et offrait de belles perspectives d’avenir pour Sneazzy. Porté notamment par le morceau Skurt Cobain avec Nekfeu qui comptabilise plus de 11 millions de vues sur YouTube, le projet a remis le rappeur d’1995 sur le devant de la scène. Minimum 2 millions de vues sur chaque clip, des morceaux playlistés sur certaines radios, en première partie du Bercy de Nekfeu, tout va bien pour celui qui subissait les railleries d’un certain public rap à cause des ventes de son premier album. La recette « projet gratuit mais disponible en streaming » a permis au rappeur de se réouvrir au public tout en générant du revenu. Si sa comparaison avec celui qui est double disque de Platine avec Cyborg l’a peut-être desservi au début, il a compris qu’il fallait en jouer et en profiter, sans copier son compère. Si l’on peut comparer un Nekfeu à Messi, enchaînant les récompenses et le beau jeu, Sneazzy a peut être été mis trop tôt en avant dans une équipe au top niveau. Il a dû repartir de plus bas et travailler dur pour finalement enfiler les buts un par un, Alexsneazz Sanchez. Dévoilé par surprise comme en octobre, DBSS II est-il du même acabit que le premier ? Réponse dès maintenant.

 

1. N17 : Premier morceau du projet qui a été dévoilé, Sneazzy fait ce qu’il maîtrise totalement : de l’égotrip puissant sur une prod cadencée. En parlant de celle-ci, le producteur signé chez Seine Zoo Hugz a une nouvelle fois excellé avec une instru simple mais terriblement efficace. Pas de refrain, punchlines sur punchlines, ce premier morceau est une véritable réussite. En boucle.

 

 

2. Zannen (feat Hankock) : Premier featuring du projet et c’est réussi, le couplet d’Hankock, membre de la Piraterime sort un très très bon couplet. Sneazzy fait le job sur le refrain et sur les couplets, la prod d’Hologram Lo’ est vraiment bien foutue, vraiment un morceau propre. Mais malgré tout il me manque un petit grain de folie pour être vraiment enthousiaste à mort sur ce son.

 

3. Bluetooth (feat Laylow) : AH OUI ! Bon ok je me calme mais mon côté fanboy de Laylow ne peut que ressortir sur un tel morceau. Les deux MC avaient déjà collaboré sur le projet Mercy du toulousain (allez écouter si vous êtes passés à côté de cette douceur sonore), et la recette fonctionne à nouveau. C’est à la fois smooth et violent, un cocktail d’autotune mixé à la perfection sur une instru qui ferait exploser n’importe quelle enceinte non avertie. Vraie bombe.

 

 

4. Wooh ! : Ce morceau est un peu plus smooth mais on reste dans la même ambiance, mélange d’autotune et de phases plus cadencées. C’est vraiment bien maitrisé, il n’y a pas de refrain dans le morceau mais le côté mélodieux du flow de Sneazzy fait glisser le tout. L’alternance des tons permet de ne pas s’emmerder pendant le long couplet, c’est bien vu. Ca passe vraiment bien, avec une très bonne prod de L$30.

 

5. Evite la (feat. S.pri Noir) : Ambiance dance-hall ! Après Okk, Saturne avec Nekfeu, c’est encore un featuring réussi avec S.pri Noir. Il est seulement présent sur le refrain mais ça se combine bien. On bouge tout seul, on se laisse guider par les flows et la technique implacable de Sneazzy. Les deux bougs se sont assurés une avalanche de snaps de petites meufs écoutant le son.

 

6. Pull Up (feat. Derek Wise) : Après une dizaine d’écoutes de ce morceau je suis mitigé. L’instru de Stwo est vraiment percutante mais il manque un peu d’épices pour qu’elle soit vraiment folle. Sneazzy fait le taf comme à son habitude mais pareil, y’a pas ce grain de folie qui pourrait faire turn up un octogénaire comme sur Skurt Cobain ou N17. Puis le canadien Derek Wise, je sais pas quoi en penser, je ne le connaissais pas et j’ai pas forcément envie d’aller écouter ses autres sons. Son flow est plutôt banal, le début du refrain semble un peu calqué sur « Bad and Bougee » de Migos, sur ce son Sneazzy est clairement au dessus. Le morceau est cool mais j’suis un peu déçu.

 

 

7. Périmètre (feat. Veerus) : Meilleur morceau du projet. Déjà je voudrais savoir d’où vient ce Narcos qui a produit ce son? Il m’avait déjà baffé sur l’instru d’Indigo d’Aladin 135, Elyo et ASF, mais là c’est du très haut niveau. La prod est mixée parfaitement, les petites notes de synthé qui se baladent dans le casque c’est un délice. Puis les rappeurs font le taf, Veerus ouvre parfaitement le son avec un couplet hyper incisif. Sneazzy arrive lui hyper chaud « comme Robert Pirès avec le maillot Dreamcast ». Punchline du projet et meilleur son du projet, rien à dire.

 

8. 3fia : Pour finir le projet, ce morceau tombe à pic. A l’image d’Amaru sur le premier volume de DBSS, l’instru varie et c’est hyper bien foutu, avec une ambiance hyper sombre pour conclure ce projet. Sneazzy en profite même pour balancer des punchlines engagées contre les violences policières. L’ambiance dark produite par Hugz a réussi à faire oublier (le temps de quelques phases) l’égotrip et les meufs au rappeur parisien, fort.

 

Vous l’avez certainement remarqué, j’ai très peu parlé des lyrics lors de ce morceau. C’était un choix volontaire de ma part car je me serais répété sur quasiment chaque track. Sneazzy s’est exprimé sur deux thèmes : l’égotrip et les femmes. Bien sûr, il ne passe pas son temps à répéter les mêmes choses, tout est bien écrit avec une utilisation minutieuse du name-dropping. C’est un style de rap et d’écriture qui peut ne pas plaire, mais dans ce cas-là c’est bien fait. Sur un EP ça passe plutôt bien, on s’ambiance tout le long du projet avec des featurings de qualité. Maintenant que Sneazzy a retrouvé de la popularité, va-t’il continuer avec un troisième volume de DBSS ou va-t’il se confronter à l’épreuve des ventes avec un nouvel album? Seul lui le sait pour l’instant, mais en restant sur la même lignée et en variant quelque peu les thèmes, son album pourrait être de grande qualité. Ses couplets sur les morceaux avec 1995 montrent qu’il peut varier les thèmes, à voir s’il en a l’envie. Ses voyages aux Etats-Unis l’ont clairement inspiré, pays où certains rappeurs peuvent sortir des albums seulement avec de l’égotrip, à voir si cela peut fonctionner avec le public français. En attendant, la saison deux de DBSS est réussie, cela manque peut être de punch et de folie sur certains morceaux mais pour un projet qui reste gratuit, on est au delà du convenable.

 

Note : 14/20

hugo@vrairapfrancais.fr

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