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Chronique : Seth Gueko – Barlou

Zdedededex, le plus barlou des barlous revient nous envoyer sa patate de forain.

Plus d’un an après son projet « Professeur Punchline », Seth gueko revient avec son nouvel album « Barlou ».
Depuis son dernier projet, le personnage a continué son évolution visuelle, on peut ainsi assister à un Seth Gueko plus musclé, avec plus de tatouages. Un véritable style de Barlou prêt à tout casser à coup de punchlines tel le professeur. Prépare toi, les camionneurs débarquent.
On a affaire à un album 15 titres prêt à nous faire voyager direction la Thaïlande. Que tu sois un Titi parisien ou non, installe toi et préparons nous pour cette écoute.

 

1/ Lucille 2 : On débute avec une intro’ qui casse des dentiers à coup d’batte de baseball. Lucille est le nom de la batte de baseball de Negan, personnage de la série et du comics Walking Dead.
Quoi de mieux qu’une grosse claque pour commencer un projet et nous immiscer dans une ambiance digne de Seth Gueko ? Ce morceau produit par Hits Alive est un bon choix en guise d’introduction.

 

2/ Interlude Joey Starr  : Comme son nom l’indique, c’est une courte interlude de Joey Starr dans l’optique d’introduire le son qui suit.

 

3/ Barlou : Et le voici, LE son de l’album. Ce titre éponyme introduit par l’interlude de Joey Starr est l’hymne officiel de tous les loubards. Une prod de 1712 Beatz qui te donne envie de démolir des immeubles à l’aide de tes poings en marcel. Bah ouais ma couillasse, laisse moi délirer un peu. Je crois que cette phase résume assez bien le morceau :

« Je suis venu décapiter la prod, barbu comme capitaine Haddock »

4/ C’est pas pareil : On perd un peu en intensité avec ce morceau. Sur une mélodie assez envoutante, Seth Gueko revient nous rappeler le fait qu’il est différent des autres, qu’il estime être en somme assez fragiles face à un vrai gaillard. Mais le son est assez redondant tout de même.

5/ Incognito : Woooow, les premières secondes me mettent illico presto’ dans une bonne vibe, j’adhère directement. Mention spéciale à Hits alive qui ont pondu un bon cru sur cet album. L’alchimie entre l’instrumentale et l’artiste nous offre un Seth Gueko avec une très bonne prestance.

« Elle est prête à tarifer sa schnek dans des hôtels mystiques
« Seth Guex » écrit sur la glace du miroir au red lipstick »

6/ Rubrique nécro feat Lino : Ouuuuuuui, enfin ! Diantre, depuis le temps que je l’attendais ce feat. Après 7 collaborations avec d’autres artistes, c’est le premier feat avec uniquement Seth Gueko et Lino avec un clip très soigné. Deux grands punchliners, l’un te met un uppercut Thaïlandais, l’autre un tacle tout en finesse qui saura te claquer en finesse. La danse macabre du XXIème siècle. Sur ces notes de piano, les deux lyricistes viennent ici remettre les points sur les i et reprendre aux lyricistes ce qui est aux lyricistes.

« Trop de pleureuses, de faux puristes, petit c’est quoi le thème ?
Ils veulent les « J’aime » avant les « Je t’aime » »

7/ Morrey Davidson : Un son sympathique qui me fait un peu penser à l’ambiance de Son of Anarchy. Je verrais bien un clip là-dessus  en noir et blanc avec pleins de sacré loubards en harley Davidson prêts à retourner une ville et foutre un bordel.

 

8 / Vodkamagra : La vodkamagra, qu’est-ce que c’est ? Après une petite recherche, c’est un mélange entre la douce Vodka  et la Kamagra, une sorte de viagra apparemment. Ce son veut te mettre dans un délire un peu club quand t’es assez déchiré et que tu te déhanches. Assez différent des sons précédents, mais ça apporte une touche de fraîcheur assez agréable.

 

9/ Comme des sauvages feat Hamza : Ce son c’est une pépite, sur une prod de Cody Macfly. Je suis totalement captivé par ce morceau, c’est une ambiance assez nocturne et légère. Je ne m’attendais pas à cette connexion mais étonnamment c’est plutôt réussi, ces deux amoureux de la Femme nous ont concocté une mélodie très imagée.

 

10/ Maître de cérémonie : C’est mon son préféré de l’album, un son à l’ancienne que Seth Gueko a écrit en rassemblant ses rimes dans ses anciens carnet de rimes. Il me fait énormément penser à son titre Titi Parisien, sur une prod plus actuelle mais dans la même veine dans l’ambiance du morceau.
Dans ce son on arrive à ressentir une certaine amertume du Barlou vis-à-vis du rap français actuel. Il cherche aussi à ce que les nouveaux auditeurs sachent qu’il n’est pas néophyte dans cet art. Mention spéciale pour ce clip tourné à New York

11/ Machine à laver : Je suis pas réellement fan du choix de la prod. Un peu trop forte comparé à la voix m’empêchant de pouvoir apprécier le son à sa juste valeur, c’est dommage. Pourtant il y a pas mal de punchlines qui marchent relativement bien.

« J’suis venu décapiter leurs projets, les fister avec le même avant-bras que le Capitaine Crochet »

 

12/ Versace Guevara feat Gradur : Après Chintawaz, les deux artistes se retrouvent une seconde fois sur un nouveau titre. Avec Gradur au refrain et un unique couplet de Seth Gueko.
J’apprécie l’apport de Gradur avec ce refrain mais je reste sur ma faim à la fin de ce titre, j’aurais apprécié entendre un couplet du Sheguey. La prod est assez simple mais efficace.

 

13/ Vinyl & K7 : Je m’attendais pas à un morceau comme celui-ci, un vrai coup de cœur pour le texte ainsi que la prod’ de HD Hitz. Sur ce titre on a un Seth Gueko avec une voix assez triste, morose faisant preuve de nostalgie de l’époque Vinyl & K7, de la genèse du rap français.

« À mon âge on veut plus de jouets, on veut juste que des gens ressuscitent »

 

14/ Je roule au ralenti feat Jason Voriz : Boarf. Malheureusement je crois que c’est le son avec lequel j’ai le plus de mal. C’est une ambiance qui ne m’attire pas réellement. C’est un morceau que tu peux écouter avec 3 grammes et beaucoup de lean. La connexion est cohérente et forme un tout uni, que je n’ai pas pu apprécier.

 

15/ Mon année : Le dernier son m’a un peu déconnecté de l’album. Je me reconcentre et je lance la dernière track. J’espère ne pas finir sur cette goûte amère.
Parfait, on finit le projet comme il se doit, un titre calme et intéressant dans l’écriture. Seth Gueko lâche un petit coup de gueule sur pas mal de sujets tel le rap français et l’Etat Français et affirme sa place de MC.
Le barlou nous affirme que c’t’année, c’est son année.

 

 

Je finis cette écoute avec un petit regret pour le dernier feat mais en somme c’est un très bon projet. Dans cet album Seth Gueko fascone et concrétise l’évolution de son personnage. Pour moi cet album c’est les leçons de punchlines du Barlou. Seth Gueko nous livre une avalanche de punchlines comme il sait si bien le faire. Les nombreuses références cinématographiques m’ont fait sourire, c’est plaisant.
Quelque chose m’a frappé après avoir écouté ce projet, c’est l’amerturme et la nostalgie qu’éprouve Seth Gueko vis-à-vis du rap français actuel. On ressent qu’il regrette un peu la passion des artistes pour boxer les mots.
Le featuring avec Hamza est une très bonne surprise, je reste frustré par le fait que Gradur n’ait pas posé un couplet. Mais très satisfait dans l’ensemble par cet album Barlou.

15/20

chaves@vrairapfrancais.fr

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