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CHRONIQUE : RIM’K – MONSTER TAPE

Rim'k présente un projet hors-album : La Monster tape

Ahhhhh mais c’est que l’enfant du pays nous avait manqué. Rim’k le rappeur du neuf-quatre qu’on ne présente plus, ouvre à nouveau les volets pour une tape « Monstrueuse ». Après 2 disques d’Or, « Famille nombreuse » en 2007 et « Maghreb United »en 2009, le Vitriot pose les poings sur la table en 2012 avec « Chef de Famille ».  En 2014, il avait laissé paraître la couleur d’un éventuel retour sur les devant du game avec une série de freestyle « Hors série » où on avait entrevu un Rim-k reboosté à la nitroglycérine sur des prods qui sentent le neuf. Il se revêt d’ailleurs d’une nouvelle signature puisqu’il débarque chez Millenium Barclay marquant le début d’une nouvelle ère pour le Tonton. Ainsi, et, dans l’ordre des choses, Rim-k débute l’année avec la sortie de ce nouveau projet que je me suis hâtée d’écouter pour le plus grand plaisir de mes oreilles aussi contradictoires soient elles, tiraillées entre nostalgie et modernité.

 

1/Monster : On démarre sur le titre éponyme. Pour ce début d’écoute on est clairement dans l’ambiance full autotune, c’est le morceau typique des projets actuels, lenteur de la prod et du flow. D’ailleurs, les lecteurs de VRF ont élu un morceau full autotune pour le Awards du morceau de l’année (Finis les – Alonzo). C’est significatif. La voix grave de Rim’k s’y prête très bien. Sur cet exercice Rim’k adopte plusieurs cadences, un peu plus rapide au départ, beaucoup plus lent après le 2cond refrain, puis il réaccélère. J’apprécie. Le refrain résume bien le thème, fumette, argent et gamos.

 

2/La chansonnette : Rim’k débarque sur ce titre avec un mot « L’argent, l’argent, l’argent ». Le thème est donné. La prod « noire » et bourrée de basses est également un incontournable de nos rappeurs 2.0. J’aime beaucoup celle ci. Ce refrain « J’ai vu des familles qui dépriment » me rappelle une vieille phrase de Rim’k « Désenchanté quand j’vois une famille fondre en larmes » (l’Âge du meurtre, 113 & Karlito, 2000, qu’on peut aussi entendre sur le refrain de Sensation Brave, Rohff, 2001). Mes oreilles sont peut être un peu abîmées, mais elles reconnaissent ici le message d’une réalité qui n’a pas beaucoup changé. Rim’k nous parle de la rue, comme il le fait depuis plus de 20 ans. Une track que j’écoute en boucle.

 

3/Alien feat. Alonzo : Sur ce morceau on remarque tout de suite l’adoption d’un flow typiquement TRAP sur le premier couplet de Rimk, et une prod qui s’y prête. J’suis pas particulièrement fan de la prod d’ailleurs, un peu trop grasse à mon goût. Alonzo débarque sur la seconde partie du son, je vous assure que ce monsieur a l’air très énervé. Un flow incisif couplé à l’autotune. J’me suis bien marré : « J’vais te fumer, donne-moi la rançon, comme t’as dit Benzema : Petit Vélo ». Un refrain plus lent et mélodique, c’est pas mal.

 

« J’vais te fumer, donne-moi la rançon, comme t’as dit Benzema : Petit Vélo »

 

 

4/Seul : Rimk se penche sur le morceau de manière très singulière, chose que j’avais apprécié sur cet extrait en octobre dernier. La prod lente et saccadée est particulièrement réussie. J’aime beaucoup ce morceau dans son ensemble, notamment ce refrain façon balade autotunée au thème poignant.

 

5/Big Fumée feat. AP : Voici un morceau avec son complice de toujours en featuring. Je pense qu’on devait forcément passer par la. Rim’k toujours très bien entouré ne fait pas ses choix par hasard. Ici le thème est donné dans le titre, on part pour 3 minutes 35 de fumée épaisse aux odeurs d’Hollande, et j’parle pas de Mimolette. Un pré-refrain d’AP dans lequel il nous passe au peigne fin toute une gamme de produits stimulants, au gramme prêt. La prod rappelle complètement l’ambiance de cette tape, de la cover, aux prods, c’est horrifique. Rim’k énergique sur ce titre, nous parle de ce qu’il fume même sous la douche.

 

6/Vida Loca feat Lartiste : Ahhhhhhhh enfin on respire. Un titre léger et festif pour s’ambiancer sur le trajet avant d’aller en boite, ou au mariage de ta tante préférée. « La danse des voyous », encore des sonorités très actuelles ici, effectivement grosse vague de sonorités « tropicales » sur le rap Français ces temps ci. Je l’ai d’ailleurs entendu à la radio hier, c’était sympa dans ma voiture, dommage que l’hiver n’y soit pas adapté ! Pour ma part, j’suis pas particulièrement touchée par ce style, mais je reconnais qu’avec 2 verres dans le nez je me fais pas prier pour danser.

 

7/Mon armée : Une prod très spéciale, elle fait penser à un caroussel qui tourne progressivement au rythmes des basses, ça rappelle une fois de plus la cover de l’album avec des gosses façon « Monster ». Le thème, une vie semée d’embuches, malgré cela, Karim démontre l’importance d’être entourée de « son armée ». Belle leçon. Cependant je suis ne suis pas fan de la forme du morceau, je trouve le rythme adopté bizarre notamment sur les couplets. Ca sonne mal, beaucoup de répétition pour « meubler », j’sais pas, j’suis un peu sceptique, j’imagine que c’est un parti pris. J’préfère le refrain qui arrive sur la fin de progression de la prod.

 

8/Fou : On démarre sur une prod « moteur », sombre et pesante. J’aime beaucoup ce style. Rim’k s’introduit sur un flow trap, très énergique. Je dois dire qu’après tout ça, fallait que je parle de la voix de Rim’k. J’ai l’impression qu’il se fait mal aux cordes vocales. Il fait trainer sa voix sur chaque fin de phrase. Niveau texte Rim’k ne mâche pas ses mots, « Elle prend tout dans la gorge, selon le théorème de Puthagore », ça fait très mal et ça nous plait. Pour décorer le tout, ce « Fou » autotunée, à chaque fin de phrase, un effet de style, plutôt sympa.

 

  « Elle prend tout dans la gorge, selon le théorème de Puthagore »

 

9/Maman : Ah ouais… j’suis surprise, qu’est ce que c’est que cela ? Une prod carrément électro. Pour le thème, l’hommage à la Mama est toujours un classique du rap français. Je trouve d’ailleurs que cette prod ne colle pas du tout au thème. Habituellement les rappeurs choisissent des pianos ou violons, qui permettent de diffuser une espèce de mélancolie. J’suis pas contre l’innovation, mais ici je dois dire que j’suis très sceptique.  Dommage.

 

10/Stupéfiant feat. Lacrim : Ah tiens, un deuxième Karim sur cet album, Lacrim c’est le featuring qu’il faut asbolument capturer, un incontournable des nouvelles recettes. La prod typique du moment (ici Wealstarr), on reconnaît facilement cette touche sur de nombreux projets. Sur ce titre Rim’k adopte une fois de plus un flow TRAP, c’est presque scolaire, c’est dire à quel point ce flow se retrouve de manière identique au sein du paysage rap. « Stupéfiant » on ose imaginer le thème de ce morceau. Gros point positif ici, un refrain commun, un coup l’un, un coup l’autre, ça donne un rythme intéressant. La prestation de Lacrim, pas particulièrement vive, mais on doit dire que sa voix se prête vraiment au style.

 

11/Everyday (feat. Rich Homie Quan) : Décidément, Rim’k est bel et bien entré dans le rang. Après un feat avec Lacrim, arrive le fameux featuring US de l’album. La prod similaire à la précédente colle très bien au style du morceau. Rich Homie Quan apporte un peu de non-chalance, avec ce style un peu traînard dont les américains raffolent. Rim’k quant à lui, opte pour un flow plus dynamique, cela donne un contraste au morceau. Cependant je trouve ce refrain trop répétitif, et ça me donne des envies soudaines de passer à la suivante.

 

12/Tristesse : Le morceau « Hommage » aux victimes des attentats du 13 Novembre. L’initiative de Rim’k ne me choque pas, bien au contraire, bien qu’il fasse une mise à jour dans sa musique, l’esprit 113 c’est ça, une bande de bonhommes au grand cœur. En ce qui concerne la forme, ça me paraît logique qu’il choisisse la « Pesanteur » pour un tel thème, malgré cette cohérence j’suis pas fan de ce morceau, un peu redondant à mon goût.

 

13/Paris la nuit feat. Nekfeu : Et bien, les featuring pleuvent. En 2016, Nekfeu c’est aussi le prodige qu’il faut avoir sur son projet. Est-ce que la mayonnaise prend ? Et bien j’ai envie de dire clairement, oh que oui. Je crois que Nekfeu est un vrai caméléon, il s’adapte à tout. Rim’k et Nekfeu c’est une très bonne association, je note ça tout de suite dans mon livre de recette. La prod s’acclimate vraiment aux flow des deux rappeurs, avec une baisse de régime sur les couplets qui met en valeur le texte. Puis, un refrain commun également ici, mais cette fois en même temps. Morceau réussi. Bravo.

 

14/Mi Amor feat. Amine : À ce moment je suis entrain de me demander si je ne suis pas entrain d’écouter Raï’n’b Fever saison 18. Non pas que je n’aime pas le raï, je suis une très grande adepte de Rachid sytem et autre Partir Loin, que je me permet de fredonner malgré mon accent babtou bien prononcé. Pour ce qui est de ce morceau je trouve qu’il perturbe la cohérence du projet. On sort complètement du cadre. Mais cela ne me surprend pas à vrai dire, un projet de Rim’k sans ce retour aux racines c’est un peu comme la raclette sans porc, les Totally Spies sans Jerry du Whoop, ou encore Twitter sans les crime-time.

 

15/Sisi Chacal : Ici Rim’k passe les commandes à AP pour un morceau en solo. Une prod qui réintègre  le cadre du projet, avec des sonorités plus « noires » et des basses, une fois de plus. AP très non-chalant confère à cet égotrip davantage de pesanteur. Un refrain très répétitif cependant, j’suis pas particulièrement fan.

 

16/Cave Départ : Rim’k choisi une fois de plus ce flow, sur une prod très énergique, mais surtout très intéressante, Rim’k fait des changement de rythme, en effet, comme une reprise de souffle avant de tout lâcher il y a des moment de « répit » (01 :17 par exemple), cela donne un élan énorme à son couplet. C’est de la technique pure, et ça me plait énormément. C’est probablement un de mes titres préféré, énergie et technique.

 

C’est ici que se termine cette chronique, je dois dire que le virage à 360 de Rim’k est réussi dans l’ensemble, l’ambiance dans laquelle on veut nous plonger se ressent, c’est parfois très mélodique, j’apprécie fortement. Cela dit certains morceaux ne m’ont pas particulièrement marqués de part leurs similarités avec ce qu’on trouve un peu partout en ce moment. Certains sont incohérents et nous laissent perplexes. Cependant je souligne cette volonté d’éclectisme qui permet au projet de respirer, malgré cela, le rythme du projet reste très redondant.

 

 

NOTE : 13/20

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