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Chronique : Ol’Kainry – Superman noir

Ol'Kainry de retour en super héros

Freddy Kpadé, alias Ol’Kainry est de retour, 3 ans après son album Dyfrey, et 2 ans après la Saison 2 de sa collaboration avec Dany Dan des Sages poètes de la rue, l’artiste présente l’album Superman Noir, sa Couisstape comme il aime si bien l’appeler.  Originaire de la banlieue sud de Paris, plus précisément de Courcouronnes dans le 91, le rappeur nous parle de ce projet depuis longtemps, en espérant que celui-ci soit à la hauteur de nos attentes. Le béninois nous présente 13 morceaux avec plusieurs extraits que l’on connait déjà bien.

 

01/ Clubber Lang : On commence fort. Le morceau était déjà présent sur la compilation Red Devils de DJ Skorp. Une introduction extrait du film « Rocky III », qui met en avant la confrontation entre Rocky Balboa et Clubber Lang, une instrumentale de DJ Skorp à la limite de la perfection. Parfaite pour kicker et des punchlines à la hauteur. Tout est bon pour ce morceau qui ouvre la marche. Une puissance se dégage dans ce morceau, la voix si spéciale de l’artiste fait plaisir à écouter. « Mais que veulent ces gens ? » Ces gens veulent entendre, c’est un MC à la hauteur de l’événement, après deux ans d’absence. « Un boug de Kriss Kross, un boug de Rick Ross. Je suis capable de faire un carnage sur du beatbox », on a hâte de voir ça !

 

02/ G.E.C (Grand écart normalisé) : Place à un morceau plus lent cette fois ci. Ol’Kainry ne trahit pas ses habitudes, le tier-quar est au centre des thèmes abordés. L’artiste se dit « totalement canalisé » dans le refrain, c’est sur qu’après une intro aussi violente, n’importe quel son comportant un flow plus « cool » canalise le rappeur et ses auditeurs. « Ils me prennent pour un taré, le boug Dyf’ est carré, si je vois que j’suis plus au niveau j’arrête », pour l’instant, vu ce que nous montre, tu n’es pas prêt de t’arrêter.

 

03/ La Purge : Retour à la violence lyricale. Une prod’ plus agressive, des paroles semblables au boug que l’on connaît déjà. Le morceau donne beaucoup de punch. Le thèmes principaux sont : la violence et les armes en tout genres. Ol’Kainry imagine le jour où le crime sera légalisé pendant 12h, appellé « La Purge ». Il raconte ce qu’il ferait, et, il ne ferait pas que du bien. Très bon morceau. « Toujours au charbon, actionne le compte à rebours. Ici au pays de Sardou, implorez mon pardon », menacer quelqu’un en mentionnant Michel Sardou, ce n’est pas trop crédible.

 

04/ Bangala : Je ne suis pas fan de la prod’ qui fait énormément penser à « Fresh Prince » de Soprano, « l’oncle Dif » entre dans un délire complètement fou. J’aimerais bien savoir ce qu’il se passe dans sa tête. Surtout quand on voit le clip. Les paroles restent un peu dans le thème de la « folie », typique de l’essonien, mais l’instru est assez lassante. Dommage. « J’ai mon univers space, un paradis de courses. J’suis dans mon propre délire là où rien ne pourrait venir blaser oncle Dif' », c’est sur que tu es dans ton monde sur ce morceau.

 

05/ Gravity : J’adore la prod’ ! Retour au vrai rap qu’on apprécie chez notre boug préféré. Les paroles collent parfaitement avec l’instru. Tout est bon ! Le morceau très fort, comme le MC qui se montre plus séduisant que sur le titre précédent. « Toujours au top de la qualité, j’vais les pétarader d’une force, mais t’as pas idée », on commence à se faire quelques idées, et, pour le moment, elles ne sont pas mauvaises.

 

06/ Hookah : « Je suis dans une pavanance, j’ai mes boug’zer, j’ai couuuissse, j’ai ma chicha ! », Ol’Kainry nous met dans une atmosphère folle d’entrée avec une prod’ très réussie. Un égotrip maîtrisée de A à Z ravira les fans de l’univers décalé du Dyf. J’aime beaucoup cet extrait. « Je vois Amine, y’a même Karim, et mon mojito que je câline », la c’est un peu trop facile, la kekekeh à qui ?

 

07/ Rap torse nu : La grosse bombe de cette mixtape. Dévoilé il y a quelques semaines déjà, le morceau a fait l’unanimité chez les auditeurs. Grosse prod’, gros flow, gros texte. Tout y est. Un son sans refrain nous entraine dans un monde 200% Hip-Hop. Ol’Kainry attaque sans jamais baisser sa garde. Excellent extrait. Il a d’ailleurs été sélectionné pour figurer dans notre Top3 du mois de février. « Ready pour la war, j’te laisse croire que tu maîtrises trop. J’t’avais dit qu’t’allais voir un grand noir malaise sans tricot », descendre les Champs-Elysées torse nu, ce n’est pas courant, mais quand on ose, ça paye.

 

08/ Chicken Luv feat Jango Jack & Jamais à l’heure : Le son est déjà extrait du projet Wings Tape, sortie en 2012. C’est le genre de morceau qui aurait pû être un hymne pour l’entreprise KFC. Les images et jeux de mots entre le poulet et les femmes sont assez marrantes. Une touche d’R’N’B donnée par Jango Jack et Jamais à l’Heure pour le refrain. Le son est complètement décalé, un risque qui s’est avéré être payant puisque le morceau fait rire, mais, on peut quand même l’écouter entièrement sans difficulté. Les paroles sont sympathiques, mais pas tellement « rap » au final… Mon avis est assez mitigé pour cet extrait.

 

09/ Rentlé dedans : Le morceau donne énormément de punch, quand on l’écoute, c’est une vraie mise en forme. Un égotrip une nouvelle fois totalement maitrisé sur une prod’ de Kimfu totalement en accord avec l’atmosphère du morceau. A l’écoute ma tête bougeait sans m’en rendre compte. « C’est pas mal c’que tu fais mais j’me préfère. J’suis un niveau pas trop cher cher, y’a pas d’semblant, pas de balles à blanc, j’frappe que avec des vrais flingues ».

 

10/ Tchikibaba feat Jango Jack & Kamnouze : Et là… Grosse surprise ! On retrouve la belle voix Jango Jack au refrain. Si le morceau précédent donnait du punch, celui-là donne le sourire et la bonne humeur. Encore un morceau totalement décalé, qu’on ne s’attend pas à écouter dans un projet de rap français. Le petit couplet de Kamnouze entre totalement dans le thème. C’est mal, j’aime bien. « Qu’est-ce qui va pas ? Je vais tomber dans les vapes, les mots sortent mais je n’parle pas et je bave ». 

 

11/ Bad conscience : Ol’Kainry se calme, et raconte comment les gens le voient et comment il se voit lui même. Il décrit ses diverses perceptions de la vie, ce qu’il pourrait modifier, ce qu’il ne pourrait jamais changer. Tout y passe, j’adore ce morceau. Décidément, quand Dif’ est calme, et nous sort des paroles réfléchies, j’adore. « La patience est une vertu, je suis plongé dans l’amertume. Le cœur est fait pour vibrer, le cœur est fait pour aimer. Pourquoi le mien me torture ? », le petit coeur d’artichaut du Dyf’ se révèle au grand jour.

 

12/ Queen B : Si vous bien suivez Ol’Kainry sur ses réseaux sociaux, vous n’êtes pas sans savoir que l’essonien est un véritable fanatique de l’américaine Beyoncé. Une véritable déclaration d’amour à la super-star outre Atlantique, « Qu’elle vienne me chanter « Crazy in love » dans ma chambre. Je fuis, je laisse tout ici, pour être le beau-père de Blue Ivy ». Le message est clair,  Queen B, si tu nous vois, donne ton num’ au Dyf’. Jay Z gare à toi, le boug est chaud ! Le morceau a déjà été présenté dans une vidéo « Vova Sessions » il y a quelques mois déjà.

 

13/ Projet X : On ne finit pas très bien… Je n’aime pas la prod’, je n’aime pas le thème, je n’aime pas la touche R’n’B beaucoup trop présente. Dommage, on va tenter d’oublier ce morceau, et ne retenir que les morceaux précédents. Il faut tout de même reconnaître qu’Ol’Kainry et le chanteur du refrain (on ne sait pas son nom) maitrise bien ce style musical. Je n’en dirais pas plus sur ce morceau.

 

Le projet est assez bon, l’univers d’Ol’Kainry est très présent. Il ne déroge pas à ses principes.  Bengale, punchlines, poulets dans toutes ses formes et son lexique de base sont au rendez-vous. J’ai apprécié la Couisstape en général, mis à part quelques sons que je vais oublier très vite je pense. Dyf’ ne m’a pas déçu. Mes morceaux préférés sont « Clubber lang », « Rap Torse nu », « Bad conscience », « G.E.C », « La Purge », « Gravity » et « Hookah »… Beaucoup d’extraits au final.

NOTE : 14/20

 

chaves@vrairapfrancais.fr

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