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CHRONIQUE : NIRO – SI JE ME SOUVIENS

N.I.R.O présente son nouvel album

On ne présente plus le rappeur, d’abord signé sur le label Street Lourd puis chez Universal. Niro c’est d’abord une voix reconnaissable entre mille, une authenticité dans la manière de raconter la rue, mais aussi et surtout une technique incroyable dans la démonstration de flow. Il débute une trilogie avec son premier et superbe street-album « Paraplégique » en 2012 (qu’il rééditera avec 10 morceaux exclusifs ensuite), suivi par celui des trois qui m’a le moins convaincu « Réeducation » sous la forme d’une mixtape en 2013 pour finir, logiquement, avec « Miraculé » en 2014. Il revient en force ce mois ci, avec un nouveau projet très attendu de son public après quelques extraits dévoilés auparavant et notamment le titre clippé « #Bawémonami » qui à fait l’unanimité auprès de la réception. J’ai écouté Si je me souviens.

 

1/ Sortez couverts : Un titre explosif pour commencer l’immersion dans l’album, c’est judicieux. Le morceau est super efficace, malgré l’instru assez lambda. C’est clair, net et ça rap. Niro est énervé et il use de son flow incisif pour raconter trahison, déception et égotrip. Un de mes sons préférés de l’album.

 

2/ Who’s bad : « J’les fait swinguer comme Michael Jackson who’s bad ? » J’ai lu sur les différents réseaux que le morceau avait beaucoup plus, bizarrement je suis pas fan du flow qu’il adopte sur le titre. Pour le coup un peu trop ordinaire, c’est du déjà vu et Niro est loin d’être au maximum de ses capacités. Un morceau égotrip sur une prod agressive. A la première écoute j’ai peur que l’album tourne trop en rond.

 

3/ Si je me souviens : Le titre éponyme du projet, l’instru est plus douce, un peu de piano et Niro rappe sa haine ; c’est trop beau. Un morceau un peu plus introspectif, même si on retrouve des thèmes assez récurrents dans le rap de Niro tel que la trahison. L’écriture est assez imagée et le flow toujours très captivant.

« J’ai pas dis ce que j’ai fait, j’ai fait ce que j’ai dit le rap de mes couilles moi j’en ai rien à foutre »

 

4/ Qu’est ce que tu racontes : Tout au long du son il est question de la mort et Niro ne cesse d’annoncer sa propre fin comme celle de Diam’s après avoir, comme Mélanie, « tout niquer ». Le morceau se construit autour de la répétition d’une sorte de question rhétorique pour mettre certaines choses au clair, comme les sacrifices qu’il a fait et les galères qu’il a enduré, il se livre a sa manière. L’instru gâche un peu le morceau qui aurait pu être meilleur avec une autre moins électrique et moins assourdissante.

 

5/ #Bawémonami : le titre est sorti en exclu avant la livraison du projet, dès sa sortie il fait l’unanimité. Première écoute je suis en folie « poto crois pas qu’eux et nous c’est la même je maîtrise le truc j’ai tous les paramètres » si je ne devais choisir qu’un titre ça serai celui là. Niro ne cesse de changer de flow et d’exceller tout au long du morceau, mêlé à des punchlines piquantes le résultat est fou.

« Depuis que j’ai sorti VivaStreet les salopes augmentent le prix / Tu veux réussir ? ok psahtek t’as un gros Q mais il te manque le I »

 

6/ Négatif : L’Atmosphère sur ce track est plus pesante et assez sombre, ce qui est sûrement dû à l’instru très imposante (signée Wealstarr). Un bon morceau, dans la cohérence du projet mais il y’a beaucoup mieux sur le reste de l’album. Sur ce titre Niro n’excelle pas comme il sait le faire niveau flow mais ça reste le genre de morceau que je m’attendais à trouver sur cet album.

 

7/ Oméga : La prod du titre se démarque des autres, un peu plus subtile et alliée à sa voix et son flow le rendu est plus minimale. On reconnaît les quelques notes du classique « Petit frère » d’IAM sur ce morceau. Entre anecdotes, souvenirs persos et passages « parlés » on ne s’ennuie toujours pas sur le projet.

 

8/ #Keskitariv : Je suis pas fan de ce morceau, pendant presque une minute à la fin du track il nous raconte la galère que ça a été de finir ce morceau (sur 4min c’est un peu beaucoup). Je trouve le titre un peu bâclé et c’est l’un des titres que je ne réécoute pas après la découverte de l’album.

 

9/ Wesh à mon zinc feat Koro : Le premier featuring de l’album. On retrouve Koro qui était déjà présent sur Paraplégique dans le titre « Beleck » que j’avais adoré. Sur « Wesh à mon zinc » il n’a pas une présence incroyable mais il s’insère vraiment bien dans le morceau avec un bon couplet et des placements percutants. Sa voix et son flow apportent un souffle frais et léger à l’album. Le featuring fonctionne très bien.

 

10/ Naïf : L’un de mes morceaux préférés de l’album, je l’ai beaucoup écouté. Entre pessimisme, trahison, placements précis et  démonstration technique . C’est un morceau un peu plus mélodique avec une instru un peu plus sophistiquée que les autres. Je suis contente de ré-entendre Niro dans ce registre.

« Je vais noyer la France entière si je déverse ma rage »

 

11/ Le ciel est ma limite : Je trouve que le vocoder est un peu trop présent sur le morceau. Après quelques écoutes j’apprécie beaucoup plus le morceau, il s’insère plutôt bien dans la lignée de l’album mais fait partie des moins bons morceaux du projet selon moi.

 

12/ Y’a pas d’lézard : Niro est très (trop?) énervé sur ce morceau, je trouve le morceau un peu banal. Peut-être est-ce le morceau en trop ? Niveau flow c’est assez moyen comparé à ce qu’il sait faire, la prod c’est du vu et revu, bref je suis un peu déçue j’ai l’impression qu’on commence a tourner en rond.

 

13/ Attends 2 minutes feat Monsieur Nov : Mon incompréhension. Qu’est ce que vient faire un morceau pareil sur cet album si chaud ??? Je n’ai même pas l’impression d’entendre Niro rapper une seule fois sur le titre. Next.

 

14/ Haut les mains : Ouf on revient au propos de l’album. Même si ce titre qui est le 14e de  l’album est bon je commence à me lasser un peu de la couleur du projet. Peut-être aurait-il dû placer ce titre au début et mettre à sa place un titre fort comme #Bawémonami pour ne pas ennuyer l’auditeur. Un bon titre tout de même, cohérent avec la ligne conductrice de l’album.

 

15/ Mauvaises nouvelles : J’aime beaucoup le morceau, j’ai l’impression d’une instru plus discrète, ça accentue l’authenticité de son rap et donne plus de force à ses phases incisives. Son flow et sa voix que j’adore tant sont particulièrement mis en valeur sur ce très bon son. On retrouve Niro dans son rôle de prévention et il ne perd pas en crédibilité « t’iras nul part avec des faux frères ».

 

16/ Pablo : Tendance oblige, le titre et le refrain font référence à Pablo Escobar. Contrairement à d’autres morceaux du rap français qui font davantage dans l’éloge, ici Niro avec du recul explique que ce n’est pas si simple de se « faire tout seul » et que cela nécessite de connaître la vie et ses galères. Dans ce track il s’adresse à ceux qui pensent que la vie ressemble à ce qu’ils peuvent voir dans les films.« Faut se faire seul, tu veux être lui, tu veux être l’autre, finalité tu seras personne ». Rimes et placements précis, c’est un bon choix pour terminer l’album que de finir par ce morceau et son refrain entraînant.

 

 

« Si je me souviens» constitue un album assez homogène et cohérent, j’ai beaucoup attendu le projet et j’en suis très contente malgré quelques petits bémols. Niro mêle une diversité de flows, thèmes, rimes incisives, egotrip et insolence le tout accompagné d’une production très carré. Le plus important pour moi a été de retrouver la rage bouleversante de Niro. Il est toujours assoiffé d’ascension « Niro n’a pas ce qu’il mérite comme Salif, Le Rat, Despo, Socrate, Koro et Kery » mais privilégie l’authenticité de son rap.

NOTE : 16/20

 

nohadsammari@gmail.com

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