« Lala &ce impose un style unique« 

L’ancienne membre de La Ligue des ombres et du 667 qu’est Lala &ce va nous susurrer dans les oreilles tout l’été avec sa mixtape Le son d’après, qui fait suite à un EP En Attendant XX sorti sur soundcloud. Entre murmure, flows hypnotiques, ambiances planantes accompagnées de bouffées de drogues de synthèse, Lala &ce impose un style unique dont elle seule a le secret.

Tracklist

1. Early Bird (intro)

Ici ça susurre et murmure sur une prod de Rolla. Cette intro c’est la carte de visite de la tape, où on fait connaissance avec Lala dans un petit égo-trip, « Je suis la seule, je ne suis pas la best ». En effet il n’y que Lala qui fait du Lala !

2. SuperSweet16

Une prod un brin inquiétante de Konnor Killa, ce qui tranche avec l’idée d’un super sweet 16. Ici c’est plutôt sweet 16 un peu plus leané, il faut surtout accepter sur ce morceau de ne pas percuter toutes les lyrics et se laisser porter par la vibe et le flow de Lala.

3. Wet (drippin) :

Dans atmosphère humide et moite, elle nous dessine le portrait d’une meuf qui lui plait, « Elle a comme mauvaise langue, partie sage aussi » sage mais pas trop, sucrée et au teint halé « caramel queen drip », avec des formes « Et j’la trempe dans le lean comme haribo, elle a le boule tout rond comme un cohiba ».

4. Amen

Lala est dans une ambiance moite et sucrée concoctée par Gouap & Ray Michael. Où elle rencontre cette fille qui lui plait et comme à son habitude elle est sans concessions sur ses désirs et elle-même « j’vais chiller sur ta planète, j’suis in love, j’suis pas honnête ».

5. Serena (Botcho)

On pourrait croire que c’est un simple turn up orchestré par Rolla mais il faut savoir écouter entre les lyrics. Au travers de la figure emblématique de Serena Williams (une des plus grande sportive de tous les temps), c’est la femme noire et ses courbes qui sont célébrées ici. Serena représente cette femme noire trop souvent moquée à cause d’un physique assumé. Sous cette allure légère, on est sur titre qui nous exhorte à assumer nos botchos les filles !

6. Cell Off

Une atmosphère sombre, inquiétante et leanée construite par Rolla, c’est dans cette ambiance que Lala se pose en décodeuse de meuf , du moins d’une meuf qu’elle a percé à jour  « Donc j’la décode sans trop d’efforts, bébé, Lala Télécom ». Grace à cette antenne, elle sait comment la séduire et aller plus loin avec elle « J’vais l’avoir sans aucun effort, on s’drogue, on fuck, on s’téléporte »

7. Mémoire

Lala et Pucci Jr ont la mémoire dans la peau, à l’exception des moments où la lean rentre en jeu « Le lean efface la mémoire, donc ton feat j’ai zappé ça ». Cependant comme le rappelle Pucci Jr certains faits de notre histoire tels que l’esclavage ne peuvent être oubliés « 400 years, c’est dans la mémoire ».

8. Touch

Sur une prod plus légère et ensoleillée de Dyan D, Lala nous susurre cette envie de
« touch » sans manquer d’y rajouter une sorte de tendresse sous psychotropes qui n’appartient qu’à elle seule « Et quand ça monte il faut des câlins, mais quand j’arrive faut pas douter de moi ».

9. Coulée

Sûrement un des titres les plus importants de la mixtape, Coulée nous plonge encore un peu plus dans l’univers de Lala &ce avec cette douceur leanée dont elle sait faire preuve. Sans pour autant mettre ses désirs et ses ambitions de côté « J’ai pas changé, j’ai toujours faim comme si j’avais jamais mangé. Yeah, le frigo est plein mais j’veux qu’il soit craqué ».

10. Jamaican n’something else

Dès les premières milli-secondes, le flow hypnotique et envoûtant de Shola Majic pose le cadre et l’ambiance sur une prod légèrement acide de Myth. Comme à son habitude Lala nous gratifie d’un flow, dont elle seule a le secret.

11. Emzolyn

Des vapeurs de drogues de synthèse, le cadre est clairement posé par Yann K pour ce morceau. Lala y rappe en anglais (elle vit à Londres), c’est comme si on partageait avec elle un long trip sous lean ou d’autres drogues de synthèse au choix pour ceux qui en sont amateurs. Ici l’emzolyn, ce sirop à base de codéine ne sert clairement pas à soigner une toux persistante.

12. Tous les jours

On retrouve Lala sur ce dernier titre avec ses compères Jorrdee et Retro X sur une prod de Tommy Kruise. Les trois protagonistes se rejoignent sur ce côté un peu impertinent qu’ils adoptent sur ce morceau à l’image de Lala sur le refrain qui nous susurre « J’suis comme dans l’Eden, Adam sip ma cyprine ». La mixtape se termine comme elle avait commencé sur un petit égo-trip.

« ici on vient chercher une ambiance où laisser voguer nos esprits »

On se retrouve clairement sur un projet qui se démarque de part son identité. Lala &ce n’aborde pas le rap comme tout le monde ne serait-ce que de part son univers. Elle arrive à naviguer entre des ambiances tantôt humides, tantôt ensoleillées, tantôt planantes, tantôt aux vapeurs de drogues de synthèse. Dans le but obtenir des morceaux encore plus marquants, elle s’assure d’utiliser des flows qui plongeront certains auditeurs dans des états hypnotiques, ou les envoûteront.

Certains diront « Je ne comprends pas tout ! Elle n’articule pas ! », très franchement ici on vient chercher une ambiance où laisser voguer nos esprits au rythme des murmures de Lala &ce et si ça ne suffit pas il y a toujours Rap Genius. Au milieu des 82 projets qui sont sortis en juin Le son d’après tire son épingle du jeu, rien ne saurait lui ressembler en terme d’ambiances, de flows et même sur les sujets abordés comme sur Serena (botcho). On a tout simplement envie de voir jusqu’où ira Lala &ce mais surtout l’envie d’entendre son prochain projet tout en ayant bien digéré celui-ci.

16/20