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CHRONIQUE : GRADUR – L’HOMME AU BOB

1er album de LA révélation rap de cette année

Gradur la révélation Rap Français de cette année vient de sortir son premier album. Un album très attendu. En effet, il nous avait mis l’eau à la bouche avec ses publications instagram au fin fond d’ATL en compagnie de Takeoff, Quavo ou Offset.
Voyons ce que ça donne…

 

1/ Calibré : Grosse instru « patate » très énergique, ça tient ses promesses, c’est ce qu’on a envie d’écouter quand on écoute Grady. « J’écris mes textes aux toilettes c’est mieux pour rapper de la merde » là je viens d’éclater de rire, ça annonce les couleurs de l’album.

 

2/ Terrasser : On connaissait déjà ce titre, égo-trip au plus haut point, au pays des gangsters sans cœur et de la violence verbale. Pas mauvais, c’est du Gradur, on est toujours aussi énervé, ça débouche les oreilles, même si au bout de 2 titres on tourne déjà en rond, thème et prod.

 

3/ J’donne ça Feat. Alonzo : Premier featuring de l’album, refrain qui fonctionne bien dans le genre « ça rentre dans la tête », construction simple, à l’image d’un tube qui passe en boite, sorte d' »Anthem trap », Alonzo est assez bon dans ce registre. Couplet de Gradur toujours aussi énervé. Mis à part le couplet, c’est pas folichon… répétitif…

 

4/ Jamais : Gradur nous laisse respirer avec quelque chose de plus doux. Et on en avait besoin après tant d’énergie. Le clip convient bien, on a envie de se détendre au bord de la plage. Bon on va pas se mentir en terme d’écriture on est loin de Molière mais c’est un titre qui « passe bien », disons que dans un paquet de Dragibus c’est pas le noir, mais c’est pas non plus le jaune tout pourri qui reste au fond du paquet.

 

5/ Militarizé feat. Niro : On retourne dans l’agressivité de la drill dont Gradur aime s’inspirer. « Avant, j’savais pas trop rapper, depuis ça n’a pas changé…. » haha je rigole encore une fois. Gradur ne sait pas ce qu’il fait là, mais une chose est sûre ça lui rapporte de l’argent. Flow technique, cris et basses enivrants. On passe au couplet de Niro, rien à dire, c’est clair, précis, flow et punchlines, on est servi. Niro est dans son élément, il se donne sans compter, le guest ferait presque de l’ombre à l’hôte….? (lol)

 « Militarizé, des nuits tarifées
Moi j’suis un putain de soldat je n’ai pas le vécu à Rozay »

 

6/ Bloody Murder : On est toujours dans le même registre… les armes… la drogue… J’avais bien aimé ce titre lors de la première écoute, je trouve que Gradur crie moins, il est plus clair, « plus tranquille », on prend une pause là aussi. Textuellement c’est léger, refrain à construction simple une fois de plus.

 

7/ RDC : Petit clin d’oeil à ses origines. Je ne sais pas si ça donne vraiment envie de visiter le pays… Dans le textes Gradur semble tuer le peu d’humanité qui lui reste. « J’tarrache le cul, j’tarrache le cœur, ouais j’suis un bâtard… »; égo-trip de haut niveau, il se compare également à Waka Flocka, ça reste léger textuellement, après plusieurs écoute le son est pas si mauvais… La prod pas génialissime non plus. Mais rien de neuf jusqu’ici. Eddy Malou à la fin c’était drôle haha

 

8/ Priez-pour moi : J’aime beaucoup cette prod. On remarque très précisément un flow venu tout droit d’Atlanta… D’ailleurs pas mal de références US dans le texte. Le refrain c’est moyen… un peu léger encore.

 

9/ BANG BANG feat. Cheef Kief : J’avais très hâte d’entendre ça. C’est un des points forts de l’album : les guests de celui-ci. Mais que s’est-il passé ? Cheef Kief dort sur le son. Gros contraste entre l’énergie de Gradur et ce que baragouine vaguement Cheef Kief ici. J’espère qu’il a pas pris un trop gros chèque pour cette « performance » …. Dommage.

 

10/ Stringer Bell : La prod me plait. Thème fidèle au registre, armes, weed… Textuellement c’est un peu mieux.. mouais. Cependant force assez spectaculaire pour l’attachement au son, c’est à dire que ça s’écoute, adaptation rapide, un peu comme le coup des dragibus (ci-dessus) j’m’y fait vite.

« Donne pire que la gaule, envie d’en raffoler
Bitch en legging, dénudée pour racoler »

 

11/ Verre de sky : Je trouve ce son raté. Il baragouine… c’est mauvais. La prod c’est moyen aussi. Mes oreilles ne se font décidément pas aux sonorités de ce titre. C’est vrai qu’on est peut être un peu plus dans la conscience et le pessimisme sur celui-ci, ça reste très bateau, c’est bof…

 

12/ La douille feat. Lacrim : La prod est efficace. C’est pour moi le meilleur son de l’album. On bouge la tête, ça passe tout seul. Textuellement c’est bien construit. Le couplet de Lacrim particulièrement bon, expert dans ce registre. Rien à dire.

 

13/ Beef : « On trap comme à Miami, on drill comme à Chicago »
Gradur nous fait voyager, j’ai kiffé dès la première écoute. Ce genre de son très efficace à la salle de sport. Bon c’est vrai qu’il crie beaucoup ici… Mais c’est très énergique. Textuellement rien de nouveau, simpliste, mais je me surprend à bouger les bras au volant de mon gros bolide (lol).

 

14/ Makak : Un peu de douceur ici, l’album s’articule bien, en terme de trame, Gradur nous laisse respirer entre deux sons très énervés. Mouais, j’ai pas vraiment d’avis sur le son, il s’essaye à l’autotune une fois de plus, les mêmes thèmes, pas de gros effort textuel c’est sans grand intérêt…

 

15/ #LHOMMEAUBOB feat Migos : La chanson qui porte le nom de l’album… en featuring avec Migos… c’est significatif ? La prod tient ses promesses. C’est du Migos en Français et en Anglais hein… Sans surprise, mais pas mauvais cependant. Le trio fait le taff sur ce feat.

 

16/ Secteur feat. Kayna Samet : On repart sur une balade autotunée… « J’oublie tous les haineux, tous les haters »…. C’est une fois de plus très simpliste. Kayna Samet aurait pu faire la différence sans l’autotune. J’suis pas fan.

 

17/ Confessions : Dernier son de l’album, un coup classique quand je lis le titre. Rohff est expert de ce genre de pratique. « Je crache du feu tout au long d’un album, mais j’ai la tête sur les épaules dans le dernier son ». Pour ce qui est de ce son, il est pas mauvais du tout, c’est un peu mieux construit, ici c’est bourré d’auto dérision, et j’aime beaucoup ça de la part de Gradur qui en jette un peu partout dans son rap. Pour ce « mea culpa » de Gradur, la prod et les sonorités sont assez entraînantes.

 

Je vous avoue que j’ai eu beaucoup de mal lors de la première écoute de l’album. Puis avec une deuxième et enfin une troisième j’ai réussi à me faire un avis un peu plus clair. En terme d’écriture, il ne faut plus le nier, la trap « en français » on a du mal à trancher sur sa légitimité d’existence. Mais il y en a au moins qui essayent, qui ne s’en sortent pas trop mal. Et ce ne sont que les prémices. De plus je le trouve parfois drôle. La trap c’est du rap de gogole ? Bah et alors ? Ça me va perso. Je pense que Gradur en concert ça doit être vraiment pas mal !

NOTE : 11/20

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Loukoum@vrairapfrancais.fr

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