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CHRONIQUE : DISIZ – RAP MACHINE

Après sa série " Lucide" Disiz revient avec un nouvel opus

Après une trilogie plus que lucide, Disiz revient avec un nouvel album « Rap Machine ». Voyons si celui qui pétait les plombs à l’époque, est une machine à rapper en 2015.

 « Quand tu danses pose ton verre ? »

 

1/ Basic Instinct : Début d’album assez percutant. Disiz pond un « J’pète les plombs » version 2015. Il a l’air en colère le monsieur. Disiz s’attaque visiblement au rap français dans un égotrip un peu timide. Dans le dernier couplet assez énervé, Disiz en maître de conférence expérimenté nous donne un cours de politique, tout en soulignant que c’est « du rap de gole-mon ». Dernier point, Disiz se vante de ne pas être « trop vulgaire », en tout cas « pas pour des broutilles ». « Vertu » que ne possèdent pas ses concurrents j’imagine ? Hm… On a ici une prod tout de même dans l’air du temps.

 

2/ Comme un rappeur : Une prod très moderne, ambiance soundcloud un peu… « Étudiant, écrivain, rappeur, acteur » ; Disiz nous parle de sa réussite, et veut démontrer qu’on peut partir de rien et réussir. Mouais… flow constant.

 

3/ Oto Moto : Track « concept » comme aux habitudes de Serigne… Disiz nous fait danser sur une musique qui donne un peu mal à la tête, assez électronique encore ici. « J’fais danser ta voiture, j’fais danser ta photo, j’fais danser ton bureau, j’fais danser tes potos » ; ce « concept » me fait penser à son autre track « concept » Auto-Dance (Extra-Lucide), dans le clip on le voit (encore..) faire « danser tout le monde » avec une petite choré.. Non ? Sauf que là j’avoue on est dans une ambiance un peu plus « dark »…

 

4/ Abuzeur : « Quand tu danses pose ton verre ? » Moi je crois que Disiz c’est le genre « d’abuzeuw » qui demande à Jeffrey de remettre des glaçons. Le mec qui a inventé les Tupper-ware c’est lui le génie, pas celui qui fait des boites qui fuient…De plus, niveau texte j’ai l’impression d’écouter ma Time-Line mais version rap, « Les gens qui…. c’est des abuseurs/forceurs »; vous savez le genre de tweets qui font 500RT.

 

5/ En réunion : Une prod qui sonne plus rétro. On repart sur un égo-trip « Concept » tourné autour du terme « En réunion », un peu contestataire, ici Disiz a des choses à revendiquer. « L’état nous viole en réunion, rappelle moi j’suis en réunion, avec des méthodes carrées on fait des ronds »…….. Disiz veut organiser une rébellion (à Matignon) ; en faisant des ronds. Un peu trop répétitif ce « en réunion ».

 

6/ Arrête la voiture / Elle attend : Une prod carrément lente ; Promethaziné, Codeiné ; si vous voyez ce que je veux dire. Disiz est défoncé ? J’avoue ne pas avoir tout compris là. Mais ce genre de trucs s’écoute sans problème sur un album d’Asap Rocky. Dans la deuxième partie de la track, Disiz chante sur une autre prod, et nous raconte une histoire. C’est « smooth », un peu triste. Pour la deuxième partie, c’est pas mal du tout. Je crois que je viens de comprendre le début de cette track. Vraiment pas mal.

 

7/ Un jour j’ai fait un tag : Vous aurez deviné le thème de ce titre : le graffiti. Personnellement c’est un domaine que j’apprécie tout particulièrement. Quand on a vécu certaines choses ça fait sourire. La prod n’est pas exceptionnelle mais le son n’est pas mal.

 

8/ Bitchiz (Feat DJ. Pone ) : Pas grand chose à dire tout est dans le titre, Disiz nous parle de l’époque ou il passait son temps à courir après les jupons… Il ne manque pas de nous préciser qu’aujourd’hui c’est un gentil papa tout sage. Ce son n’a pas de grand intérêt pour ma part.

 

9/ Bonnie sans Clyde (feat Margot) : Une prod intéressante. Disiz nous raconte l’histoire d’une fille de bonne famille fan d’histoires de bandits dont il était fou. Une histoire que j’ai déjà entendu à peu de chose près dans le très bon « Elle n’arrive plus à mentir » de Taipan que je vous conseille vivement. Ce son n’est pas mauvais.

 

10/ Souveraine : Dans ce titre Disiz nous parle de l’histoire d’un trimard qui vend de la drogue et arrête tout pour une fille. Il nous fait une sorte de « La belle et le bad boy » version chiant. La prod est lente, c’est redondant presque « gnan-gnan ».

 

11/ La promesse (feat. Soprano & Youssoupha) : Voici le featuring le plus intéressant de l’album. Soprano au premier couplet exprime son éternel « ras-le-bol » de la société qui le fait vivre. Ensuite, Youssoupha entre en scène, je bouge la tête, le flow et la prod font leur effet. Le texte est plus riche, j’ai envie de dire normal… C’est plus parlant, un texte triste tout de même. Enfin ; Disiz sur le dernier couplet, c’est pas mal. Pour ce qui est du refrain « Oh Mama, pleure pas j’vais m’en sortir… », je dois avouer que j’ai entendu ça 650 fois dans le rap, mais pourquoi changer une recette qui fonctionne ?

 

12/ Chaque Week-End : Changement d’ambiance. Je ne sais pas si c’est un interlude mais j’ai l’impression d’écouter le dernier album de Daft Punk qui est plutôt mauvais d’ailleurs. Ah ! Disiz arrive sur le couplet, on repart sur de la joie. La prod est beaucoup plus funky. On se prête au jeu de cette ambiance, mais le refrain me pose encore problème…

 

13/ Les 10 commandements du MC : On aura reconnu l’hommage à Notorious. Disiz nous explique ce qu’est « un bon rappeur ». Une prod bien évidemment plus « rétro ». Ce son me fait beaucoup penser à la construction de « L’inspecteur Disiz », sauf que la il ne constitue pas un gouvernement mais il dicte des lois. C’est vraiment pas ce qu’on appelle un titre réussi, malgré la prod. Trop de concept tue le concept.

 

14/ Bête de bombe 6 : Disiz sort la suite de cette série des « bête de bombe ». Décidément j’ai un problème avec les refrains de cet album. De plus, je trouve cet album bourré d’incohérences. Une prod pas énergique mais pas exceptionnelle pour cette track. Ceci dit un rythme plus soutenu niveau flow.

 

15/ Heureusement : Dernier morceau avant les bonus tracks. Disiz nous plonge dans sa vie et rend un hommage au rap qui l’a sauvé. Pour nous introduire dans son univers Disiz cite un tas de références culturelles, musicales et vestimentaires. Ensuite, il sort un enchaînement basé sur la construction : « Le rap ci, le rap truc, le rap ça, le rap machin » ; je trouve ça tellement facile pour un rappeur qui a passé tant d’années dans le paysage du rap Français.

 

BONUS TRACK

On se comprend pas : Là il se met à chanter sur une musique d’ambiance. Ça n’a pas de sens. On dirait qu’il ne savait plus quoi mettre dans son album. Je suis très tentée de zapper direct à la suivante. Il a raison, je le comprend pas.

 

Year of the Dragon  : On passe à une tout autre ambiance. Disiz s’énerve sur une prod qui ressemble fortement à 7/11 de Beyonce en tout cas au début. Ensuite il plane, je n’accroche pas du tout, ça n’a ni queue, ni tête.

 

Malcolm  : Un hommage à Malcolm X, il ne manquait plus que ça… C’est triste. Après avoir écouté Disiz dire que ses références dans la vie c’est les stan smith, ralph polo, nike cortez et les Bobs Kangol « Tah l’ancienne », voilà que le Che guevara « caché » en lui, se remet à gigoter. En plus le son n’est pas dansant, n’est pas technique, le texte est simple, ce n’est même pas du rap. Très déçue.

Je vous avoue que j’ai eu beaucoup de mal avec cet album ; tant sur le fond, que sur la forme. Je trouve les prods moyennes, les textes mauvais, le message mauvais, trop incohérent et peu crédible. J’ai fais le choix de ne pas parler de son flow parce que pour ma part celui ci est linéaire à quelques exceptions près. Pour son dixième album Disiz a voulu « revenir aux sources » avec une cover « rétro » et des références très 90’S mais je n’ai pas senti cela ici, notamment dans la musicalité. De plus il s’inspire de choses qu’il a déjà faites et refaites. La carrière d’un artiste a toujours besoin de renouveau ce qui n’est à mon sens pas le cas de cet album. Je respecte le travail de l’artiste, mais pour un rappeur de ce niveau, ou plutôt de cet âge, c’est très décevant.

NOTE : 08/20

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Loukoum@vrairapfrancais.fr

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