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CHRONIQUE : ALONZO – REGLEMENTS DE COMPTES

Alonzo vient régler ses comptes avec un nouvel album

Alonzo membre historique de Psy 4 de la rime, est revenu sur la planète rap depuis le 26 Janvier avec un album très (très, très) attendu. On l’avait vu apparaitre dans le clip de Kalash ce qui laissait un petit indice de ce que nous réserve le marseillais. Pour commencer je préfère mettre les choses au clair avec le mot « trap », que je risque d’employer 345 fois dans l’article, et dont je n’approuve pas l’utilisation à profusion comme on peut le voir ici et là sur la toile. N’y faites pas attention, le mot ne veut rien dire. Mais vous comprendrez le sens.

 

1/ Foumbouni : Bon… le titre n’a rien à voir avec le son. J’augmente le son et j’ai l’impression d’entrer dans une boite de nuit au fin fond de la thaïlande avec un bonnet Unküt sur la tête. L’identité de l’album est claire. On écoute de la « trap » music. D’entrée de jeu les sons de la kalash retentissent. Très, très, très décevant, cependant pas surprenant.

 

2/ Même Tarif feat. Booba : Titre qu’on connait déjà et qui a atteint la première place du Top i-Tunes dès la première semaine d’exploitation. On continue sur la même lignée. Alonzo très agressif, sort les canines. La première écoute était difficile mais avec le temps je m’y fais. C’est ce qu’on trouve un peu partout en ce moment, surement pas du génie. Intervention de Booba, sans commentaire.

 

3/ En Boucle : Alors moi j’appelle ça les instru du cimetière (Kaaris en est un grand amateur), ambiance très dark, personnellement j’adore. Blasphèmes et propos immoraux en tout genre. Du grand n’importe quoi. De l’entertainment agressif et magistral.

« Nique ta mère, je suis pas un footeux, tu pigeonnes qui toi ? Tu pigeonnes quoi ? Tu n’auras pas ton hlel t’as un passé douteux, RR 1000 sur béquille latérale, on attire l’œil on attire le dajjal »

 

4/ La Belle vie : Titre que l’on ne présente plus. Malgré une prod que je trouve mauvaise, assez « électronique » et un flow pas particulièrement « technique », c’est un titre que j’ai mis numéro 1 à mon top titre de l’année, pour la simple et bonne raison qu’il signe le retour d’Alonzo, il est emblématique d’une génération. Tout dans l’agressivité, pour moi il a frappé un grand coup. Je recommande ce titre dans la voiture avant d’aller en boite, ou même avant d’aller travailler le matin. (lol)

 

5/ Dans son sac feat. Gims : Featuring très réussi, le genre de son qui tourne en boucle dans nos têtes. « Son chanel boy, son bébé… » vous aussi pas vrai ? Pour le thème, on est encore dans le registre de la michtoneuse et du mec pété de thunes, assez classique. C’est très « grand public » mais c’est quelque chose qui fonctionne.

 

 

6/ Carré VIP : Un de mes préférés, Alonzo est trop « chaud », flow cadencé, une agressivité level mewto. Je suis archi fan. Pour le thème on est dans les grosses fesses et les joueurs de football et beaucoup beaucoup (beaucoup, beaucoup) d’argent (au vu du titre on s’en doutait). J’avais apprécié le fameux Ciroc de Kaaris, on est dans le même registre. La différence est que chez Alonzo ça reste très street, c’est très Marseillais les références au football, ça parait plus sage ou du moins plus accessible. En mode « Nous les petits mecs du quartier on tape un foot au city et après on vient poser notre Belvédère sans se changer ». Ce qui sous entend qu’Alonzo et ses petits potes sont des habitués du carré vip. Surprenant dans un son que la prod ne soit pas ce qui aide le plus le rappeur, ici c’est clairement Alonzo qui booste le titre.

 

7/ Y’a Rien à Faire : On connait déjà ce titre qui a aussi très bien fonctionné. Une prod dark (c’est mon truc ça). Le message est clair, il est pas venu pour chômer, mais pour « brasser », peu importe ce qu’on peut penser. Pour ce qui est du titre, je trouve que c’est moyen, heureusement que la prod est là.

« Mon vin vieilli aussi bien que ma revanche, on dit qu’avant je faisais du rap engagé, laisse moi faire ma grasse mat’ on est dimanche »

 

8/ Brinks feat. Gradur : Bizarrement j’aime pas du tout. La prod « pue de la chneck comme le port salut » …..
Le thème très street, faire de l’argent coûte que coûte, légalement ou pas. J’arrive pas vraiment à expliquer, j’arrive pas à me mettre dedans. En plus je trouve que c’est très mal dit « Tu sais pourquoi on veut des sous », je trouve la formulation de la phrase dérangeante, pauvre, simpliste. Gradur fidèle à lui-même.

 

9/ Marseille : Bon… on oublie la trap visiblement ? Pourquoi un tel choix ? Au delà du fait que le son a une construction différente des autres sons de l’album, c’est assez réussi, enfin ça l’était jusqu’à ce que j’entende le refrain… Ce genre de refrain un peu bâteau, passe partout m’horripile parfois. Ici il expose les contradictions de notre génération… Sur ce son on retrouve « le Alonzo » qu’on connait déjà, petit clin d’oeil pour nous montrer qu’il n’a pas tant changé que ça depuis qu’il a divorcé ?

 

10/ En bombe : La non plus pas de « trap », je la trouve plutôt réussie. Pas tout à fait le même esprit que Marseille. Ici il expose sa détermination sur cette année 2015, le titre illustre très bien le thème. C’est sa petite réponse aux haters. Alonzo a changé, Alonzo est motivé pour tout et n’importe quoi, rien ne l’arrête.

 

11/ Bronzé à vie : Titre que j’ai très peu écouté, dès le début j’ai envie de changer. Inintéressant. Ce flow vu, revu, revu, et revu encore revu. Fatiguant. Merci la côte Est…

 

12/ RDC : Si je comprends bien, il faut s’appeler Booba pour assumer un album full « trap »…. ??????
Non vraiment, malgré le vocodeur, ce son est réussi, bon je sais même pas si on peut dire que c’est du rap, mais le message souligne totalement les contradictions de notre génération. Génération perdue. Je trouve que c’est pas mal venu de sa part de placer ce son ici.

 

13/ Tu vas parler : On connait déjà ce titre également. Titre réussi, rien à dire, Prod top. Reflet de l’album, Alonzo règle ses comptes avec tous ces détracteurs, un titre criant de vérités, un message fort et concret. C’est très fort.

 

14/ Merci feat. Lacrim : J’ai l’impression que c’est la partie règlement de compte de l’album, cet album a une vraie trame, c’est très judicieux, il n’y a pas de hasard dans la place des titres. Encore un titre criant de vérité. Ici Alonzo remercie ses ennemis. La prod c’est moyen, le passage de Lacrim je suis pas fan. J’ai un avis mitigé pour celle-ci.

 

15/ Il le Fallait : On fini sur une note assez douce et moraliste. Je trouve ce titre très moyen. Ici Alonzo fait une petite rétrospective de son vécu en bonne fin d’album qui se respecte. Ici grosse référence à son divorce ?
« Tu m’as blessé, mais pas tué, il fallait que j’avance »….Son come-back : Alonzo est clairement un autre homme.

 

Pour ce qui est de mon avis sur la « trap » (c’est la dernière fois que je le dis), j’ai du mal à enlever à Gucci ce qui est à Gucci, pardonnez moi.

Je trouve cet album très réussi, Alonzo a su allier son côté Marseille à son côté Chicago. C’est officiel Alonzo fait du divertissement, et ça fonctionne plutôt bien. Pour ce qui est du choix de ne pas aller au bout de ça avec les titres Marseille, en Bombe ou autres, cela rend finalement l’album hétérogène, un mélange de styles qui peut être discutable pour certains, mais que j’approuve.

Note : 15/20

Loukoum@vrairapfrancais.fr

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