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Chronique : Alonzo – Capo Dei Capi

Alonzo nous présente sa 1ère mixtape

La carrière d’Alonzo est quelque peu éclectique, on l’a tout d’abord connu avec le groupe Psy 4 de la rime, avec lequel il a été 4 fois disque d’Or. Depuis 2010, Alonzo embarque seul sur les rives du rap français, après Les temps modernes et Amour, gloire & cité (2012), le rappeur se fait attendre. Mais avec « Règlement de Compte » sorti le 26 Janvier dernier, Alonzo a fait son grand « Ritorno », ainsi il se revêt d’Or et ne revient pas les poches vides. En effet, pour cette rentrée 2015 le Marseillais nous a concocté une mixtape sur laquelle il travaille depuis longtemps. Rappelons que c’est sa toute première. Avec « Capo Dei Capi » en italien « Chef des chef », Kassim fait un retour prometteur. En effet, dès la première semaine, il se place à la 1ère place des ventes digitales, et 4ème au top albums avec un total de 11 000 exemplaires. Et comme il ne fait pas les choses à moitié, il atteint un score de 50 millions de streams toutes plateformes confondues. Ainsi cette année, le Capo dei tutti Capi montre qu’il n’est pas prêt de lâcher le morceau, et travaille ainsi sans relâche. Chez VRF nous avions largement apprécié RDC, et c’est ici que débute l’analyse de ce nouveau projet…

 

1/ Y’en a assez : On connaît déjà ce titre. Probable référence à la phrase emblématique popularisé par les Marseillais d’une télé-réalité de W9. En effet cela se confirme avec d’autre références à ce langage dans le son, exemple : « Soleil plein ». En ce qui concerne la prod c’est pas mal, c’est assez dark, ça me plait. Alonzo entre sur le son avec le refrain que je trouve bizarre et peu entraînant. En revanche des couplets saccadés, énergiques, et percutants, je bouge la tête. Un avis mitigé sur ce premier titre.

 

2/ Empêche-moi : On se retrouve sur quelque chose de plus lent, j’apprécie beaucoup ce style d’ambiance. « J’claque tous mes lovés dans l’club, pour Rihanna, j’claque tous mes lovés dans des shoes….. ». Alonzo nous explique que sa vie n’a pas de sens et qu’il claque son biff un peu n’importe comment à la manière d’un rappeur américain défoncé qui ne sait plus quoi faire de son argent. J’suis fan de ce genre de thème, « nonchalance time ». Ceci dit j’suis pas tellement emballée par la prestation d’Alonzo sur cet exercice.

 

3/ Cauchemar feat. Benash : Premier featuring de l’opus, Alonzo a choisi Benash, rappeur avec lequel j’ai beaucoup de mal. « Cauchemar » titre sombre, prod sombre, je plonge dedans dès le début. J’aime beaucoup le flow qu’adopte Alonzo sur cet égotrip. Un refrain assez percutant. Alonzo nous dit clairement qu’il ne touchera plus jamais au vinaigre, tu m’étonnes le miel c’est tellement plus doux. Ça me plait. Arrive le couplet de Benash, décidément je ne m’y fais pas, son timbre de voix me dérange, j’dirais carrément que ça sonne faux.

« De reconduire une clio, j’préfère mourir […] J’ai fais un cauchemar : j’travaillais à l’usine »

 

4/ Zouker : Vu le titre je me suis dit « ah non je ne vais pas aimer ». Et puis finalement j’tombe sur un truc qui me séduit. Alonzo change de format, de construction et de voix. C’est lent, autotuné, et ça fait bouger la tête. Par contre j’ai du mal avec le refrain… La prod est très bonne.

 

5/ Squat : Alonzo a pris un virage à 360, c’est le thème que certains néo-trappeurs ont encore du mal à assumer, pas trop difficile de parler de prison, d’armes, d’islam et de famille dans un même album mais ça se complique quand il s’agit d’y ajouter la luxure. Alonzo n’y va pas de main morte et le fait très naturellement. La prod assez électronique colle bien avec le thème, sans voir le clip on peut déjà imaginer une belle paire de fesses « cellulitée ». Malgré tout je trouve ce titre moyen. La prod ne me plait pas vraiment et le refrain est chiant.

 

6/ Homme à terre feat. Elams : Je connais très peu ce rappeur mais j’en ai entendu parler, il commence à se faire un petit nom sur la scène Marseillaise. Dès que le son est lancé je bouge les épaules ! La prod totalement « so Jul », amatrice de cette came, ce n’est pas pour me déplaire. En tout cas, le son est entraînant, on retient vite les paroles à la manière d’un tube. Recette qu’on connaît déjà, je dirais que c’est « cool » malgré le fait que ce soit légèrement « pompé »…

 

7/ Trakeur feat. Kofs : Encore un track avec un pur produit Marseillais. Alonzo fait la une excellente démarche de mise en lumière de ces rappeurs encore peu connus. Ce titre reflète très bien le style dominant du Rap Français actuel, une prod patate, une voix âpre, rude et/ou autotunée. J’suis pas déçue, mais j’suis pas non plus sur le cul. C’est pas mal.

 

8/ Elle t’a tué : Bon, celle-ci je l’écoute en boucle. Je trouve la prod au top. On connaît ce thème… la déception amoureuse d’une crapule, et oui, les hommes aussi ont des chagrins d’amour, et même lorsqu’ils se prennent pour Don Corleone haha . C’est mélodieux, et touchant. J’aime bien. Et oui la chronique est écrite par une meuf…

 

9/ On craint dégun feat. Le Rat Luciano : Ici Alonzo est en featuring avec un de mes rappeurs préférés… J’ai hâte de lancer l’écoute. Une prod assez dark, ça me plait. Alonzo entre sur le premier couplet et c’est efficient, un flow saccadé, rapide, c’est vraiment intéressant, même chose sur le second couplet. Un refrain cohérent, c’est important. Maintenant vient le tour du Rat, au départ j’me suis dit « attends, c’est lui qui chante la ? », j’suis habituée à une voix plus grave, mais le flow s’accorde très bien avec la prod, un peu court ce couplet peut-être ? C’est un titre très réussi, probablement mon préféré jusqu’à présent.

 

10/ Finis-les : Bon ce son je l’ai saigné avant la sortie de la mixtape, donc là je chante comme une folle dans le salon. Haha J’ai rien à dire ce son est trop lourd, l’autotune est utilisé à la perfection. Le refrain, les couplets, la prod, sa voix, tout colle. J’suis complètement convaincue. (Celle-là, elle est pour toi Mehdi)

 

11/ La mama feat Graya : On reconnaît le petit accent et l’intonation typique des rappeurs du sud. Graya lance de grosses phases, c’est énergique et agressif, je suis une fois de plus très convaincue. Un peu moins emballée sur le refrain et la prod.

 

12/ Normal feat. Jul : Et voilà, ça y est je chante… On connaît déjà ce titre, en même temps on l’a écouté tout l’été ! Titre très efficace sur une piste de danse, d’ailleurs on avait reconnu cette reprise d’un tube mythique des années 80 : les démons de minuits d’Emile & Image. Je vous avoue que si on m’avait dit « Un rappeur va reprendre les démons de minuits » je lui aurais répondu « t’as craqué complet toi ! ». Aujourd’hui on peut s’attendre à tout.

 

13/ Putain de Life feat. S.Téban : J’me dis que cette mixtape est quand même peu sombre. Encore un son assez entraînant et dynamique. Un morceau qui pourrait très bien se retrouver à fond dans la voiture sur le chemin de la plage ! Alonzo met en lumière des artistes très différents. C’est hétérogène. Mon avis sur le morceau ? Il est cool.

 

14/ Mauvais : On attaque sur un refrain « vocalisé ». Alonzo entame un couplet sur un flow différent de celui employé habituellement. C’est lent, rythmé, et ça colle à la prod. C’est progressif, sur la fin on sent qu’il prend un ton accéléré avant de repartir sur son refrain et des vocalises autotunées. J’apprécie.

 

15/ 2K – Houssein : Encore un solo sur cette mixtape, le rythme est soutenu, on repart sur un égotrip sanglant avec Houssein. En écoutant on sent que ce rappeur dévore la prod, ça fait plaisir à entendre. On ne respire pas, des grosses phases, une instru trap, c’est sombre. C’est vraiment pas mal.

 

16/ BG feat. Dr Beriz : On change d’ambiance, j’aime beaucoup le rythme de la mixtape. On ne s’ennuie pas. Alonzo attaque sur un flow plus rapide, et nous parle de meuf, c’est mignon, Dr Beriz au refrain, on kiffe. J’aime bien ce style de refrain, c’est simple et léger.

 

17/ Grand Sud : Pour terminer la mixtape on débarque sur une prod beaucoup plus dark, ça me plait. Un grand classique des rappeurs, finir un projet sur un titre criant de vérité, ou bien un égo-trip agressif. Alonzo pond un couplet sur fond de dégoût sociétal et revanche personnelle, je suis absolument convaincue par ce titre.

« À la frontière du respect, j’ai laissé mes aînés avec une seringue, on s’habitue pas au climat actuel, on fait avec. »

 

Alonzo marque cette année 2015 c’est certain. Avec cette mixtape il nous montre qu’il n’est pas près de nous quitter. Les points forts de ce projet sont nombreux, tout d’abord, les nombreuses invitations sur les tracks en solo. Ensuite, l’éclectisme du projet, on a toute sorte de style et ambiance, différents flow, beaucoup de monde. J’avais trouvé son retour sur la scène Rap Français très fort et réussi. Alonzo a bien compris qu’il ne doit pas lâcher ; une place dans le rap game ne se garde pas très longtemps sans le travail. Pour ce qui est des points faibles, j’ai trouvé Alonzo moins incisif, moins tranchant que sur RDC, ce n’est peut être que mon ressenti, mais j’ai préféré l’album. Dans l’ensemble je trouve ce projet réussi.

NOTE : 13/20

Loukoum@vrairapfrancais.fr

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