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Chronique : 13 Block – Violence urbaine émeute

13 Block présente son 1er projet

Le 93 regorge de talents certains. Des artistes se sont déjà affichés au plus haut de la scène Hip-Hop, comme NTM, Tandem, Sefyu, Busta Flex, Kaaris… Kaaris ? Comme vous le savez déjà, ce dernier prône fièrement dans ses textes sa ville : Sevran. Penchons nous sur cette ville bercée par la culture « Rap ». De nombreux artistes figurent en temps que rappeur au sein de la ville : Ixzo, Solo Le Mythe, Walid… Parmi eux, le groupe 13 Block. Amateur de Trap et d’autres genres musicaux issus des Etats-Unis, le groupe peut être aperçu de différentes manières.  Les deux termes généralement employés sont : « gueulard » et/ou « génie ». Le juste milieu est souvent très rare de la part des auditeurs. Leur dernier projet, « Violence Urbaine Emeute » a eu le mérite de faire parler de lui. La curiosité de VRF n’a pas pu se retenir. Avant de commencer quoi que ce soit, et de juger en se disant « Ouais mais la Trap c’est pas du vrai rap !!! », souvenez vous du message d’Oxmo Puccino : 

Passons à la découverte du projet.

 

01/ VUE  : Place au morceau introductif, le ton est donné, on sait dans quoi on s’embarque. « Violence Urbaine Émeute » ne sera pas seulement le titre de la mixtape. Ce sera le thème principal du projet. Les différents  couplets proposés sont entraînants, tout comme le refrain, ce qui facilite une compréhension  des paroles qui s’avèrent plutôt simplistes. Le morceau est correct pour une introduction. Le message passe bien pour l’auditeur. Les membres du groupes se présentent à tour de rôle, présentent leurs flows, et leurs messages. « Le 93 j’le représente comme les 9 mois que ma mère m’avait dans son ventre », « La rre-gue rre-gue c’est tout c’qu’on sait faire, un adversaire c’est tout c’qu’on sait perdre ». Continuons.

 

02/ Crack Spot  : Une prod’ efficace, un débat intéressant pour le refrain. Le contraste des diverses voix des membres du groupe rendent le morceau plutôt bon. Une petite nonchalance donne un léger charme au son. Les thèmes abordés confirment parfaitement les paroles de l’extrait précédent. « Personne peut rien faire, personne peut rien dire, on vit cette putain d’vie demande aux mecs d’la street ». 

 

03/ Insomnie  : Certaines personnes sont touchées d’insomnie maladive, d’autres restent éveillées volontairement afin d’aboutir à un but précis. C’est le cas de 13 Block.  Le morceau est une ôde à la bicrave et à l’argent sale dans toutes ses formes. L’instru est excellente, elle accompagne parfaitement les paroles des rappeurs. « J’me lève tôt, j’me couche tard je n’vis que pour l’oseille ». Le morceau faisait partie des plus exposés du projet, et a eu donc le droit à un clip en 4K réalisé par William Thomas.

« 93 heures de retard de sommeil par semaine »

 

04/ Vrai négro  : Une prod’ plus calme, un débit assez doux des MC. Une prise de risque qui s’avère être payante pour le groupe. Le refrain colle parfaitement avec les diverses sonorités qui l’entourent. Les thèmes abordés restent les mêmes. Le son offre à l’auditeur une ambiance plus calme par rapport aux précédentes d’une manière efficace. Le morceau en lui même est très bon. « J’pense a tout ce qu’on m’a offert. Du pistolet à bille, au 6.3.5 en fer ».

 

05/ Implication feat Gino Marley : Vous vous êtes reposés avec le morceau précédent ? C’est déjà fini ! Maintenant on retourne dans la violence. Le titre est sombre, l’instru est pas mal, les couplets s’enchaînent à tour de rôle. C’est plutôt séduisant quand on apprécie la trap. Le refrain de Gino Marley  est puissant, la touche anglophone offre un parallèle intéressant avec les inspirations américaines bien présentes tout au long du projet. Bon délire ! « 13 Block, Gino Marley, mauvaise affiliation ». Ça c’est clair !

 

06/ Truand  : La prod’ est une tuerie ! Le refrain et les paroles s’adaptent complètement avec l’instru. Cependant les thèmes ne changent pas. « Zerma ça nous voit comme des rappeurs cherche nous on est à la street ». Vous inquiétez pas on vous croit.

 

07/ Guerrier  : Le beatmaker fait encore une nouvelle fois un travail fou. Les lyrics s’accordent bien avec l’ambiance que dégage le morceau. Les différents parallèles créés entre les différents flow des 4 MC rendent le track très intéressant. De  plus, l’atmosphère. « La bicrave, le vol; à l’école du crime j’ai déposé mes premiers CV, mes premiers 100g et les derniers savons ». En parlant de CV, je cherche un employeur pour un BTS Communication en alternance pour l’année prochaine, si vous avez un coup de pouce à me donner je suis preneur.

 

08/2, 3 Kils  : L’instrumental donne beaucoup de punch. Le refrain est entraînant. Le morceau est assez efficace pour mettre en avant les thèmes des artistes. Mais quels sont ces thèmes ? Je vous laisse deviner : « J’attend que le terrain paie, je suis dans la cuisine comme Gordon Ramsey ». Et si vous n’avez toujours pas compris ce qu’ils cuisinent (ce qui m’étonnerait fortement), ce n’est pas du Cromesky de foie gras.

 

09/ F.S.R  : Le membres du 13 Block s’auto-proclament être des « futurs singes riches », pour eux, cette dénomination est tellement logique et sans appel que ce sont même les seules paroles d’un refrain assez pauvre pour le coup, ce qui le rend un peu moins entraînant que d’habitude. À noter encore une fois la prod’ qui colle parfaitement avec l’ambiance dégagée et les lyrics proposés.

 

10/ Dans mon étrangère  : Retour à une ambiance un peu plus nonchalante. Ça commence à devenir une habitude, mais la prod’ est encore une fois très lourde. Juste une question Mais qui est cette étrangère ? Les femmes qu’ils côtoient ? La drogue qu’ils consomment et vendent ? Les armes qu’ils utilisent ? « Les armes viennent de l’Est, et le shit de Marrakech et la dope est antillaise », on comprend mieux, les sevranais adorent les voyages culturels.

 

11/ Libérez  : L’instru est assez lente, mais s’accorde une nouvelle fois parfaitement avec le flow et l’atmosphère générale. Les thèmes ? Leurs frères au placard. Devinez pour quelles raisons sont-ils incarcérés ? « Libérez les frères ! Libérez les frères ! Libérez les frères ! Libé-libérez les frères ! ». Si des responsables des forces de l’ordre regarde cette chronique (on sait jamais, pourquoi pas ?), essayez de les libérez s’il vous plaît, ils le demandent énooooormement de fois pendant le refrain.

 

12/ L.K.T.E.B : « Les keufs tournent en boucle, les keufs tournent en boucle » je me suis surpris à chanter ce refrain a certains moments de la journée pas vraiment adapté à ces propos. Comme vous avez dû le comprendre le refrain est très efficace ! La prod’ est également très intéressante (ça devient une habitude maintenant). Le morceau est très bien vu, bizarrement il ressemble beaucoup aux sons précédents, mais arrive à se démarquer dans la musicalité. Très bonne pioche.

« On reconnait les ien-cli juste en guettant leurs looks »

 

13/ Hors la loi  : L’instru nous met dans une ambiance… Tout est noir ! La douceur du refrain et la violence des propos se marient bien entre eux. Bon morceau, mais il fait office de déjà vu. « Pourquoi faire l’Usain Bolt ou même le fusil noir ? Fils de p*** tu ne cours pas plus vite que les balles ! ». Pourquoi auraient-ils besoin de courir ? Si vous suivez depuis le début vous devriez comprendre facilement.

 

14/ Pas de boss  : « Sevran se baigne dans le sang, et dans c’qu’on appelle les dealers. On a rien d’autres que le temps, mais sache que le temps ne donne pas l’heure ». Avec une première phase comme celle-ci on sait de nouveau à quoi s’attendre. Ça commence réellement à devenir lassant. Le(s) créateur(s) de la prod’ est(sont) toujours très fort(s) cependant. Le refrain est encore une fois très entraînant.

 

15/ Olaskurt  : Avant d’écouter le projet, je connaissais déjà ce morceau. Je savais que l’atmosphère dégagée était assez rythmée. Le morceau offre à l’auditeur une ambiance terrible ! Le refrain beaucoup trop simpliste, nous fait quand même bouger la tête. C’est un style de son que le groupe maîtrise à la perfection. C’est peut être le morceau le plus médiatisé de la mixtape, et pourtant, pas le meilleur. Lorsque vous entendrez : « Polyvalent et endurant, je sais jouer tous les postes sur le terrain », ne pensez pas que le MC  se mette en avant afin d’être titulaire pour le match de foot  Sevran – Montfermeil du dimanche après midi.

« Olaskurt olaskurt olaskurt ! »

 

16/ Vers l’enfer  : Pas de nouveau à l’horizon. Toujours les mêmes thèmes, toujours le même type d’instru (toujours aussi efficace au passage), toujours les mêmes paroles… Dommage, cet outro aurait pu être un peu plus originale. Cependant, la maîtrise du son est toujours bien maîtrisée.

 

Le groupe affiche des facettes assez intéressantes sur le plan des débits et des différents flow utilisés. Le genre de rap visé est maîtrisé à la perfection. Le  GROS point négatif est la récurrence des sujets et thèmes abordés. « Drogue » et « argent sale » dans toutes ses formes, s’affichent comme étant le centre d’intérêt du groupe. Cela est mis en valeur dans chacun des morceaux du projet, ce qui provoque une logique répétition. Les paroles s’avèrent parfois être beaucoup trop simplistes. Si le groupe arrive à élargir les divers sujets de leurs paroles, le 13 Block en sortira plus complet. Rendez-vous pour le prochain projet messieurs !

NOTE : 13/20

Petit bonus : 13 Block en live pour Ça Parle Hip-Hop

 

chaves@vrairapfrancais.fr

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